| LE BENINOIS LIBERE - - 14 mars 2008 Sage décision de Yayi face à la déclaration des 04 barrons de l’Univers politique national Une rencontre vérité et réconciliation annoncée (En somme une autre conférence des forces vives de la nation) |
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Informé que ses ‘’ennemis’’ ont programmé de brûler la maison via une déclaration qui dénonce point par point sa gestion du pays, le docteur Boni Yayi depuis Dakar mercredi dernier n’a quitté Cotonou que d’une oreille. C’est à peine qu’il n’a pas exigé qu’on lui fasse vivre en live toute la cérémonie. Boni Yayi était donc presque toutes les cinq minutes au téléphone pour s’enquérir des nouvelles du pays. Pour avoir une idée nette de l’intention que véhicule chaque mot sorti de la bouche de Soglo, Amoussou, Idji, Houngbédji. A l’issue de cet exercice, le chef de l’Etat loin du pays et loin de ses faucons de collaborateurs, a retrouvé toute sa lucidité d’homme d’Etat pour réfléchir autrement. L’état de grâce terminé, Boni Yayi a vu dans la déclaration de ses quatre monuments de la politique béninoise, une véritable menace qui fera non seulement tanguer son pouvoir mais le projettera dans les tréfonds d’un abîme qui pourrait précipiter son départ du pouvoir. De son lieu de séjour, Boni Yayi a aussi eu le temps de limer sa cervelle contre celle de ses aînés qui, eux, tout en étant ses devanciers en matière de gestion n’ont cependant pas la malchance d’avoir à gérer des cylindrés par des moindres comme Bruno Amoussou, l’autre adepte Tévoédjrè, Adrien Houngbédji charismatique aussi bien au Bénin qu’à l’extérieur et Nicéphore Soglo qui reste et demeure une icône sur le plan international. Face à de requins aussi décidés à lui régler ses comptes au nom de la démocratie, Boni Yayi en homme intelligent n’avait qu’à se mirer dans la glace. Rechercher ce qui ne va pas et procéder à une autre façon d’apprécier les choses. Et puisque pour une première fois, il avait à prendre une décision loin de ses religieux et évangélistes de faucons. La décision a été tout trouvée. Selon des sources bien informées et chargés d’organiser la nouvelle trouvaille du leader du Changement, le Bénin sera bientôt convoqué à se réconcilier avec lui-même à travers un forum national ou chacun pourra dire en face de Boni Yayi ce qu’il lui reproche et lui de s’expliquer pour une paix gage de l’émergence tant prônée par le Changement. Cette vision pour le moins divine qui vient de s’emparer de Boni Yayi est le fruit d’une réflexion que le Chef de l’Etat béninois a mené de concert avec des amis à lui vivant à Dakar et ayant l’avantage d’exercer le pouvoir depuis un bon moment. Le discours tenu par les seniors, Nicéphore Soglo, Bruno Amoussou, Antoine Idji Kolawolé et Adrien Houngbédji révèle le sentiment profond de chacun d’eux à en finir avec le système Boni Yayi. Et l’argument a été vite trouvé : ils veulent sauver la démocratie béninoise. Face à un discours pareil, il n’y a pas mieux que de réunir ces hommes autour d’une table de négociations. C’est la seule façon pour Boni Yayi d’éviter le pire, d’éviter au Bénin de plonger dans les tristes évènements qui avaient obligé Mathieu Kérékou à reconnaître l’opportunité de la Conférence des forces vives de la Nation de Février 1990. Car les dinosaures politiques à travers la cérémonie de mercredi dernier ont fini par convaincre aussi l’opinion nationale que celle qui nous observe de l’extérieur que : ‘’On peut tromper tout le peuple une partie du temps, une partie du peuple tout le temps, mais on ne peut tromper tout le peuple tout le temps’’. Au lieu donc de chercher à en vouloir à Abraham Lincoln ou aux politiciens qui le citent, Boni Yayi, malgré ses convictions incomprises, doit chercher les causes profondes de cette démarche de la classe politique nationale. Ne dit-on pas chez nous que « Quand vous trébuchez et renversez ce que vous portez sur la tête, c’est plus le lieu où vous avez trébuché que vous regardez au lieu de l’endroit où vous avez tout renversé. Quand on a affaire à des professionnels et des vieux de la chose politique comme les initiateurs de la sortie du mercredi dernier, il vaut mieux avaler son orgueil, écouter sa sagesse pour sauver ce qui peut l’être encore. Même s’il faut reconnaître que Boni Yayi avait toutes les chances d’éviter de se retrouver dans ce pétrin. La grogne de la nouvelle génération regroupée au sein du G13 était symptomatique d’un climat qui allait en se viciant. Le G13, dans sa déclaration à lui avait dit ce que ces aînés viennent de révéler et mis en des termes plus courtois et plus absorbables par l’orgueil présidentiel mais puisque lesdits religieux Evangélistes devant l’Eternel avaient le privilège de boucher les oreilles du chef de l’Etat à leur intérêt, pauvre Boni Yayi n’avait pas de la chance de capter au premier son la véracité de la plainte de Issa Salifou, Rachidi Gbadamassi, Antoine Dayori et consorts. Et toute analyse faite, il faut dire que c’est le G13 qui a ouvert le portail à ces aînés du désormais grand G4 pour enfoncer le clou. La preuve que l’entourage du chef de l’Etat manque de maturité, de lucidité, de clairvoyance et d’expérience politique et qu’au lieu d’observer une cause pour mieux apprécier la situation en vue de la solution à apporter, il se lançait dans une réplique de nains voire même « gnomique » en s’attaquant tout bêtement aux initiateurs de la déclaration. Aboubakar TAKOU |
Sage décision de Yayi face à la déclaration des 04 barrons de l’Univers politique national
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