| | Les personnalités politiques ou de la société civile expérimentées, comme le médiateur, sont aujourd’hui à considérer, à juste titre et d’une certaine façon, comme de véritables « grands électeurs ». La situation politique, depuis la conférence nationale des forces vives de février 1990, doit certainement sa stabilité sur le plan politique, grâce à l’intervention balisée ou modératrice de ces personnalités anciennes, mais toujours bien avisées de façon prospective sur toutes les issues politiques du pays. On ne devrait donc pas s’attendre à autre chose de l’opinion publique et de la classe politique elle-même, que de suivre avec intérêt, les attitudes et la démarche des personnalités comme Albert Tévoédjrè, Emile Derlin Zinsou et d’autres, face à cette crise qui menace de rupture le consensus politique national. Pour que la crise politique actuelle, faite de méfiance, de frustration, de réticence et de défiance face à la gouvernance politique du changement par le président de la république et le gouvernement ne perdure, le médiateur se fondant sur l’article 3 du décret qui l’a nommé, a pris son bâton de pèlerin pour frapper à la porte de tous les protagonistes de la crise actuelle. Il a ainsi consulté Idji Kolawolé du Madep, signataire de la déclaration du stade de l’Amitié, Issa Salifou du G13, le président Soglo, maire de Cotonou (un des principaux acteurs de cette déclaration et auteur de l’entretien polémique sur Rfi ). Il s’apprête, dans les heures qui suivent, à rencontrer le représentant de Bruno Amoussou du Psd (signatire de la déclaration) et absent du territoire, en la personne d’Emmanuel Golou, membre de son parti, Adrien Houngbédji du Prd (signataire de la déclaration) . Albert Tévoédjrè qui a de très bonnes relations avec toutes ces personnalités et respecté pour sa vision pédagogique de la politique nationale, ne devrait pas s’arrêter seulement aux protagonistes directs de la crise, il a déjà pris les vues du président Zinsou et d’autres personnalités de poids de la situation, il tentera de rencontrer le cardinal Bernandin Gantin, si possible, et d’autres personnalités morales. Homme des contacts, Albert Tévoédjrè, apprend-on, mettra tout son poids pour écouter les uns et les autres et faire un rapport qui édifierait, de façon claire, le président de la république sur l’ampleur de la crise de confiance actuelle, qui s’est installée entre le pouvoir et les leaders politiques traditionnels. Ce rapport permettrait d’explorer les voies et les moyens pour renouer un dialogue franc, reconstruire la confiance sur des bases saines et sur un modus vivendi accepté de tous. Après sa première grande initiative d’ampleur, pour renouer le dialogue gouvernement-opérateurs, lors de la crise du Gsm, -initiative heureuse, mais mal interprétée par méprise à l’époque- Albert Tévoédjrè tente sa première mission publique de bons offices politiques. Car « les silences de cet homme ne sont pas des absences sur la scène politique. On ne doute pas qu’en fin connaisseur des moeurs politiques au Bénin et de tous les leaders, il réussisse à fournir un rapport objectif et courageux de la situation au chef de l’Etat. Il reste à l’Autorité de juger de l’opportunité de tenir compte de tous les éléments qui seront dans ses mains pour juguler l’impasse politique avant le 20 avril, et recréer la confiance pour un nouveau consensus qui lui permette de mener sa politique de changement, dans un contexte socio-politique valorisant pour ses actions. Les leaders politiques devraient également de leur côté, s’il reçoivent le minimum de signaux d’être écoutés, calmer les esprits, revenir à plus de sérénité et préparer la voie à plus de clarification de leur position sur l’échiquier politique en ce qui concerne leur statut et l’espace d’expression de leurs vues sur la gestion de la chose publique, dans un esprit positif et constructif. | |