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  72 heures après le hold up à Dantokpa:Le Général Félix HESSOU doit démissionner !

 

 3 avril 2008


Les agences Ecobank et Diamond bank du marché Dantokpa ont été attaquées le mardi 1er avril dernier et les gangsters ont réussi à s’en fuir laissant derrière eux deux morts et des blessés graves. Nous revenons 72 heures après le drame sur ce dossier pour tirer quelques leçons.

L’insécurité prend désormais d’autres proportions au Bénin. Et la qualité des armes utilisée lors des braquages, la fréquence des attaques et le courage des malfrats à opérer même en plein marché constituent autant de situations qui doivent bien faire réfléchir. Un confrère n’a pas hésité à comparer le cas d’hier à celui de Beyrouth. Dans ma tête, j’ai du mal à faire une distinction entre les comportements criminogènes de certaines villes Nigérianes et celles du Bénin de nos jours. Surtout vue la facilité avec laquelle le commando a eu pour faire rapidement le tour des deux banques avant de jeter son dévolu sur les cambistes et les autres usagers du marché. La situation paraît trop importante qu’il est temps de commencer par se poser des questions sur la qualité même et sur le niveau du dispositif sécuritaire national actuel face à ces attaques répétitives des paisibles citoyens dans le pays. Il y a moins de deux ans, c’étaient les horreurs du braquage de la boutique Azar Jean au cours duquel des citoyens ont péri sous le coup des armes de guerre. Un peu plus tard, ce sera l’interception de la voiture de la société Sagam par des éléments armés à quelques mètres seulement du Palais de la présidence de la République où on a vraiment tort de n’avoir rien prévu pour prévenir une telle dérive. Avec ce que cela comporte comme dégâts et de pertes en vies humaines. Sans compter les multiples autres cas à l’intérieur du pays, les vols à répétition de véhicules haute de gamme et mêmes des attaques personnelles contre les populations. Mais au-delà de ces situations qui resteront vivaces dans les mémoires, le cas de Dantokpa le mardi dernier mérite qu’on s’y attarde. C’est en effet parce que la nécessité s’est fait sentir qu’on a dû implanter un commissariat spécial dans ce marché devenu très important à cause du flux des affaires et la masse d’argent qui en sort quotidiennement. C’est également parce qu’on veut éviter des dommages aux opérateurs économiques en activité dans le marché que des banques y ont installé des agences avec des possibilités d’ouverture les dimanches pour que l’argent frais des ventes ou d’autres transactions ne sorte pas dans des mains libres. Dans ces conditions qu’est-ce qui a empêché d’y installer des systèmes de contrôle fiables pour palier à d’autres éventualités ?  

La légèreté sur toute la ligne

  Ce sont les premiers cas de braquages qui devraient d’ailleurs obliger à changer de méthode de sécurité dans ce marché dans lequel on brasse assez de millions par jour. Mais rien n’a pu être fait jusqu’au mardi dernier où les malfrats ont encore frappé fort. A cause de la légèreté dans laquelle on gère la sécurité des citoyens. Et le moment est venu de se demander ce que valent les milliers d’hommes en uniforme recrutés chaque année. On leur reproche d’être plus préoccupés par les rançonnements que par le travail pour lequel ils ont été admis dans le corps. Ensuite, la mauvaise gestion de la horde de généraux dans le pays. Il y a même plusieurs catégories de généraux. Pour l’instant, le Bénin n’est pas en guerre, ne le sera certainement pas de sitôt et le bon sens veut que ces gens qui semblent être seulement faits pour les bureaux, se mettent vraiment au service du pays. Sous d’autres cieux, ce sont les cadres de l’armée qui parviennent à développer des stratégies pour réussir des exploits, qui jouissent du grade de général. Et les intéressés qui une fois promus, ne cherchent pas à doter le pays de moyens adéquats pour sécuriser les populations. Le plus dur, sera le cas du premier responsable en charge du secteur au ministère de l’intérieur. A sa nomination, on croyait que le mal serait vaincu et que le général Félix Hessou allait rapidement se faire une plate forme de sécurité avec ses autres collègues. Hélas ! C’est aux discours, interpellations de journalistes et les conférences de presse qu’on a eu droit. Au moment où la maison est en feu.  

Et une faute grave aussi

  Où étaient les éléments des forces de l’ordre, le directeur général de la police nationale et leur général Félix Hessou au moment où les malfrats du mardi dernier se sont donnés au moins 25 minutes pour agir en toute quiétude ? Il y a un commissariat à côté et bien d’autres dans les quartiers environnants. Le ministère même est à moins de cinq kilomètres tout comme les autres structures de la défense nationale dont on a eu recours au dernier moment. Le directeur de la Sogema a même déclaré avoir appelé la présidence et des autorités policières cinq minutes seulement après les premiers coups de feu. Et rien n’a pu être fait jusqu’au-delà de 20 minutes. Qu’est-ce qui s’est passé au point où il n’y ait pas eu une prompte réaction ? C’est simplement un scandale et le chef de l’Etat qui semble avoir opté pour gérer le pays avec des gens d’une certaine crédibilité, devra prendre ses responsabilités. Dans le retard accusé, on n’est pas venu pour tout au moins constaté la direction prise par ces hors la loi. C’est quand tout est déjà cuit et les morts gisaient dans le sang qu’on se précipite pour démarrer des enquêtes de routine. Et puis, sans aucune pudeur, le ministre réunit la presse et annonce ses intentions de doter le marché d’une télé surveillance. La honte ! Ailleurs, un tel responsable serait limogé non pas seulement à cause de la lenteur pour être sur le terrain, mais à cause de cette déclaration qui aurait pu être gardée en secret.

 

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé-Plateau)

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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