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  Municipales 2008:La « vieille classe politique » n’a pas disparu

 

21 mai 2008 - LE MATINAL


Les dinosaures rodent toujours et ne sont pas prêts à dire leur dernier mot. Ils sont encore pétillants de forme et prêts pour de nouvelles batailles politiques. Nicéphore Soglo, Amoussou Bruno, Adrien Houngbédji, et dans une certaine mesure Issa Salifou, Antoine Dayori, Lazare Sèhouéto, viennent de montrer du muscle au sortir des élections communales.

Alors qu’on la croyait à bout de souffle, cette « vieille classe politique » s’est fait une bonne santé à l’issue des élections municipales, communales et locales que le Bénin vient d’organiser. Excepté Parakou passée sous la coupe du parti au pouvoir, les différentes formations politiques la plupart nées au lendemain de la conférence nationale ou sous le régime du général président sont parvenues à contrôler les grandes villes du pays. Un véritable revers pour le chef de l’Etat Yayi Boni. Cotonou la grande métropole du Bénin, Porto Novo la capitale administrative, Natitingou, ville accueillante et pleine d’avenir, Malanville, symbole du brassage socioculturel entre le Bénin et le Niger, Abomey Calavi, cité universitaire et grand dortoir, l’une des villes les peuplées, pour ne citer que celles-là ont échappé au contrôles du pouvoir qui pourtant n’a cessé de consentir des efforts pour leur développement. Dans tout pays, lorsque le contrôle des grandes villes échappent au pouvoir, c’est qu’il y quelque chose de mauvais. Les résultats des élections, certes ne sont pas catastrophiques pour les Fcbe, mais ils ont permis de se faire une idée sur la classe politique dite vieille. C’est que contrairement à ce que laissent croire les chantres du gouvernement, le discours des « vieux démons » résonne. Il touche encore la conscience des populations et bénéficie d’une large écoute. Ce qui veut dire qu’il serait impossible d’écarter ceux-là de la scène politique. Et mieux, le chef de l’Etat Yayi Boni, à la lecture des résultats issus des élections doit chercher à composer à tout prix avec eux. Rien en politique n’interdit de donner la main à des gens qu’on classe par ignorance politique dans l’opposition parce qu’ils ont osé critiqué le régime. A partir de ce moment on doit se poser la question, à savoir : que va-t-il se passer dans les années à venir ? Continuera t-on d’assister à ce clivage ou constitution de blocs ? Ce n’est surtout pas en refusant de s’ouvrir aux autres qu’on participe à la consolidation de la démocratie. Il est urgent que le président de la République regarde la vérité en face en donnant à chacun la place qui lui revient. Le fait qu’il réalise que les Béninois ont dû se faire une autre idée de la configuration de la classe politique doit l’amener à mesurer les enjeux de 2011, qui ne seront pas faciles comme ceux de 2006 et de 2007. Entre deux élections, c’est-à-dire les législatives de mars 2007 et les communales de 2008, les donnes ont changé et le pouvoir en place doit se rendre compte de cette évidence. Après son raz de marré d’y a un an, on a pu observer qu’il est en recul au regard des résultats issus des dernières consultations. Ce recul est d’autant tangible que l’opinion publique ne s’en doute pas. Elle, qui a surtout permis à cette vieille garde de reprendre du poil de la bête, alors que le pouvoir avait déjà préparé sa mort et son enterrement. Le faire part bordé de noir était tout confectionné, la tombe creusée, il ne restait qu’à la pousser dedans. Les adolescents politiques du chef de l’Etat ont tous mordu la poussière et ne devraient même pas exhiber leur muscle comme les dinosaures viennent de le faire.

 

F.H.



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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