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2 mars 2011


1er tour de la présidentielle: Vers le report du scrutin du 06 mars 2011 au Bénin


 

Alors qu’on se trouve à quatre jours de la fin de la campagne électorale, beaucoup de Béninois s’interrogent sur la tenue effective du scrutin le 06 mars. Dans les heures qui suivent, on en saura un peu plus. Mais, selon nos informations, le gouvernement se dirige vers la prise d’un décret portant sur un nouveau report, pas sans l’avis de la Cour constitutionnelle. Reste à savoir si toutes les difficultés qui ont conduit à ce nouveau glissement du calendrier électoral seront maîtrisées avant la nouvelle date, probablement fixée au 13 mars.

  

Le Bénin glisse de plus en plus sur son processus électoral. De report en report, on en est à une troisième date. Selon des sources dignes de foi, le 1er tour sera repoussé au 13 mars au lieu du 06. Une semaine de plus pour permettre aux structures impliquées dans la préparation du scrutin de surmonter les difficultés majeures auxquelles elles sont confrontées. Mais en attendant, il convient de constater qu’on va d’une date à une autre et on est obligé de tomber dans une flagrante violation de la constitution en ce sens qu’avec ce nouveau report, le Bénin sautera le verrou de l’article 47 de la loi fondamentale qui stipule que : « le 1er tour du scrutin de l’élection du président de la République a lieu trente jours au moins et quarante jours au plus avant la date d’expiration des pouvoirs du président en exercice ». Matériellement, on se retrouvera à trois semaines de la fin du mandat du président de la République. En effet, d’une saison à une autre, le pays sans trop le vouloir prenait le risque de défoncer les garde-fous constitutionnels. Au mois de janvier de cette année, précisément le 07, le corps électoral avait été convoqué aux urnes le 27 février pour le 1er tour de la présidentielle et le 17 avril pour l’élection des membres de l’Assemblée nationale. Et, dès le 10 février, la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) devant être déposée le 15 suivant à la Commission électorale nationale autonome (Cena) n’étant pas prête, le gouvernement a renvoyé l’épreuve électorale au 06 mars. C’était sans compter avec d’autres difficultés. Alors que la Lépi a été réceptionnée le 20 février dernier, la Cena n’est pas parvenue à accéder aux données devant lui permettre d’avoir la liste des électeurs et des bureaux de vote. Conséquence : à moins de cinq jours du 1er tour aucune liste n’a été affichée aux endroits prévus à l’article 32 de la loi 2009-10 portant organisation du Recensement électoral national approfondi (Rena) et établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi). De même, c’est toujours un mystère autour de la répartition des bureaux de vote accompagnée des électeurs qui y voteront. De plus, le non démarrage de la distribution des cartes d’électeurs à plusieurs endroits du pays, parce que soit l’impression se poursuit à l’imprimerie, soit le matériel est en cours d’acheminement, les ratés relevés dans d’autres localités où l’opération a effectivement démarré, apparaissent comme des difficultés majeures qui empêcheront la tenue du scrutin dans de nombreuses zones le 06 mars.

 

La grande incertitude

 

La situation évoque un climat d’incertitude qui porte le respect de cette date. Dans des conditions particulières de difficultés qui reflètent l’image d’un pays qui n’est pas prêt à aller aux élections le dimanche prochain, des indices sont réunis pour qu’on glisse à nouveau sur le calendrier électoral. A vrai dire, un nouveau report est à l’ordre du jour et le gouvernement sera contraint d’aller dans cette direction. Selon nos informations, le 1er tour sera décalé au 13 mars. Entre le 06 mars retenu après le premier report et la nouvelle date, il y aura une semaine supplémentaire de préparation. Le nouveau report aidera certes à régler quelques détails, mais pas pour résoudre les problèmes de fond. Il accordera un peu plus de temps aux citoyens pour qu’ils aillent chercher leurs cartes d’électeur. Si l’on se situe dans la logique du report au 13 mars, ils auront jusqu’au 11 pour aller retirer leur pièce sans laquelle, ils ne voteront pas. Malgré ce temps supplémentaire, le délai imparti à l’opération ne pourra pas être respecté. Car, selon les dispositions de l’article 34 de la loi 2009-10, les cartes d’électeur sont remises à leurs titulaires dans les centres de collecte qui restent ouverts durant 15 jours. A la suite de cette première distribution, les cartes non retirées sont remises au Sap/Cena, qui les transmet à la Cena dès l’installation de celle-ci, qui se chargera de faire une deuxième distribution durant 08 jours. En tout, il faut 23 jours pour partager les cartes aux électeurs. Or, si le 1er tour doit avoir lieu le 13 mars, le temps imparti à l’opération ne pourra pas être respecté. L‘autre dérèglement, c’est que dans l’immense majorité des cas, des régions n’ont pas encore vu la couleur de leur carte et l’opération a révélé un cafouillage monstre, des errements graves dans la répartition et des lacunes au sommet des organes de prise de décisions. Tout est sens dessus sens dessous. Sur de nombreuses cartes, les prénoms des électeurs sont pris pour le nom de filiation, les sexes sont confondus, la date de naissance modifiée, des cartes sont sans photo. Les contestations se multiplient depuis le démarrage de l’opération. La situation est préoccupante et il importe qu’on s’occupe de cela, sinon des frustrations vont accroître et l’explosion interviendra au grand jour.

 

D’autres exclus

 

Le report est inévitable pour éviter le chaos qui guette le pays si le 1er tour doit avoir lieu ce dimanche 06 mars 2011. Entre les personnes laissées en rade par la Lépi et celles prises en compte, mais n’arrivant pas à retrouver leur carte, il y a le fait qu’ils sont tous victimes d’exclusion du vote. Le nombre d’exclus grimpera et risque de jeter un discrédit sur le scrutin, du point de vue du taux de participation. La situation est jugée trop compliquée et ses conséquences pèseront lourdement sur la démocratie béninoise. En attendant de voter une loi dérogatoire à l’Assemblée nationale pour intégrer les laissés-pour-compte à la Lépi, il faut au moins assurer le vote à ceux qui se sont fait enrôler en leur permettant de retirer leur carte convenablement, sur le respect des dispositions de la loi 2009-10. Si cela n’est pas respecté, le Bénin du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, paiera au prix fort, la négligence d’une situation explosive. C’est pourquoi, au-delà du report d’une semaine, il faut voir loin en réglant toutes les questions de fond. Il faut commencer par envisager une issue politique par l’entremise d’un consensus qui a valeur de constitution.

Fn

Lematinal



 
 
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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