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Lutte contre la vie chère : Boni Yayi jette l'éponge et abandonne les populations à leur misère

 

 

La lutte contre la vie chère engagée par le gouvernement du Dr Boni Yayi et qui a déjà coûté des milliards de F Cfa aux contribuables béninois n'était qu'illusoire. Les déclarations faites par les invités de l'émission organisée le vendredi dernier par la cellule de communication de la présidence de la République montrent à bien des égards que le gouvernement ne pouvait pas aller plus loin. La réalité des prix est là. Il faut la faire connaître au peuple plutôt que de continuer par faire du saupoudrage. C'est la leçon à retenir.


Le Chef de l'Etat, le Dr Boni Yayi qui pensait bien faire en subventionnant les prix des produits de grande consommation dont la courbe est sans cesse ascendante a fini par jeter l'éponge. Désormais, les populations devront donc faire face à la réalité des prix. L'électricité, les produits pétroliers, le ciment, le lait, le riz, le sucre et bien d'autres denrées devront être achetés à leur juste prix. D'ailleurs, des voix autorisées proches du Chef de l'Etat ont été très formelles sur le sujet.  « Le gouvernement ne peut plus continuer éternellement à subventionner les prix des produits comme le ciment, les produits pétroliers, l'électricité et autres denrées qui connaîtront bientôt une augmentation sensible. Le faire risque d'augmenter la saignée des finances publiques, ce qui serait préjudiciable pour notre économie déjà mise à rude épreuve. Cette opération enclenchée depuis 2007 et qui a coûté plusieurs milliards de F Cfa au budget national ne peut pas s'éterniser face à la hausse quotidienne du prix du baril de pétrole qui frôle aujourd'hui les 150 dollars US  ». Ces propos qui sont ceux de M. Soumanou Moudjaïdou, Conseiller technique au commerce du président de la République  lors d'une émission télévisée organisée par la Cellule de communication du Palais de la présidence sont assez évocateurs et donnent déjà une idée sur ce que sera le train de vie des Béninois les jours à venir. Plusieurs Directeurs généraux de sociétés stratégiques comme la Sbee, Cim-Bénin, Sonacop qui étaient sur le plateau de la télévision nationale ce vendredi 27 juin 2008 se sont réjouis de cette position adoptée par le gouvernement. Mais ce qui étonne, c'est la période choisie par le gouvernement pour se convaincre de ce qu'il ne peut plus continuer par subventionner les prix des produits de grande consommation. D'un point de vue purement politique, certains analystes interprètent le comportement du gouvernement comme une fuite en avant. C'est d'ailleurs sans porter de gants qu'ils affirment que ces mesures contre la vie chère qui avaient été prises depuis 2007 et qui ont été renouvelées au cours de l'année 2008 sont à but électoraliste. « Maintenant que les élections sont terminées, il n'est plus question pour le gouvernement de continuer à garder la population (les électeurs) au biberon ». C'est en effet le sens que plusieurs personnes donnent à la sortie médiatique effectuée par le Conseiller technique au commerce du Chef de l'Etat le vendredi 27 juin 2007 au sujet de la vie chère. Il y a quelques mois, le gouvernement n'aurait pas tenu ce langage puisqu'il avait besoin des suffrages du peuple pour réaliser le rêve de régner sans partage sur le Bénin. Mais comme ce rêve s'est brisé contre le réalisme des électeurs, il faut abandonner toutes opérations de charme. L'effet boomerang est malheureusement à craindre. Les populations accepteraient-elles aussi facilement les nouveaux prix à pratiquer sans que le salaire des travailleurs ne connaisse une amélioration sensible, sans que les conditions d'une vie décente ne se réalisent ? C'est la grande question.

 

Des milliards engloutis dans une lutte sans impact

 

Plusieurs milliards de F Cfa ont été engloutis  par le gouvernement du Dr Boni Yayi pour lutter contre la vie chère. Tout a commencé par les tournées gouvernementales conduites dans toutes les communes du Bénin par des ministres et autres collaborateurs directs du Chef de l'Etat. Selon certaines indiscrétions, le coût de ces tournées est estimé à plusieurs dizaines de millions de F Cfa. En dehors de ces tournées,  le Chef de l'Etat, le Dr Boni Yayi a décidé de subventionner certains produits de grande consommation. Des taxes ont été aussi supprimées sur certains de ces produits. Lors du conseil des ministres du 2 mai 2008, le gouvernement a décidé de suspendre, pour compter du 1er mai 2008 et pour une période de trois mois, l'application de la Taxe sur Valeur Ajoutée (TVA) sur le  fer à béton, le  riz blanchi ordinaire (25 % de brisure), la farine de blé, les pâtes alimentaires de 250 g et 500 g, le lait et les concentrés de tomates. Bien avant cette mesure complémentaire, d'autres mesures qui ont coûté des milliards de F Cfa au budget national avaient été prises. Elles concernent par exemple le secteur des produits pétroliers. Le maintien à leur niveau antérieur des prix des produits pétroliers qui s'inscrit dans le cadre de la lutte contre la hausse des prix des produits de première nécessité menée par le Gouvernement a induit pour le budget national au titre du mois d'avril 2008, une incidence financière de 3.939.793.940 F résultant d'un nouvel ajustement des valeurs consensuelles et de la subvention consenties par l'Etat en faveur des produits pétroliers. Déjà en décembre 2007, pour permettre au peuple béninois de supporter la crise pétrolière qui secoue le monde entier, et à laquelle l'environnement international est constamment confronté, le Gouvernement avait consenti un effort financier de l'ordre de 14 Milliards au cours des douze derniers mois. Toujours au cours de ce mois de décembre 2007, le Conseil des Ministres a examiné et approuvé le Programme d'urgence d'appui à la sécurité alimentaire présenté par le Ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche, programme qui concerne la mise en activité de 1800 professionnels de l'agriculture en vue de juguler le spectre de la crise alimentaire qui s'est annoncée par la flambée des prix des denrées de première nécessité. Ce Programme d'un coût global de 6.250.500.000 FCFA et subventionné par le Budget national à hauteur de 2.923.500.000 FCFA, concerne les aménagements, les conseils et formations en agriculture, les semences, l'acquisition d'équipements de production et de transformation, la mise en place d'un fonds de roulement, la provision pour achat par l'Office National pour la Sécurité Alimentaire (Onasa) de stocks tampon de produits de grande consommation à mettre sur le marché en période de soudure en vue d'atténuer la tension sur les prix. L'objectif de ce Programme d'urgence d'appui à la sécurité alimentaire est de réduire les effets pervers de la crise alimentaire  par la mise sur le marché de consommation de denrées alimentaires issues des exploitations agricoles de spéculations à cycle court.


Les stratégies d'intervention consistent, entre autres, à viabiliser les zones en terme d'aménagements sommaires pour les petits promoteurs agricoles, promouvoir dans les zones concernées, l'offre des services de mécanisation par la mise en place d'équipements de production et de transformation. Au total, plusieurs milliards de F Cfa ont été engloutis pour lutter contre la vie chère. Malheureusement, l'inversion de la tendance tant souhaitée ne s'annonce pas. A preuve, les prix des produits de première nécessité continuent de grimper dans les marchés. D'ailleurs, face à la réalité des prix, l'Etat est aujourd'hui obligé de céder à la pression des sociétés productrices de ciments, de produits pétroliers, d'électricité…



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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