| | En effet, le 6 octobre prochain, MCA-Bénin achève deux ans de mise en oeuvre de ce Programme et se lancera dans la troisième année, dans la phase des grandes réalisations. Malheureusement, et malgré des avancées de la part de la coordination nationale du Programme, ces réalisations pourraient être menacées pour non satisfaction par le Bénin de certaines conditions, exigées par la partie américaine lors de la signature de l’accord. Ces conditions préalables concernent particulièrement les projets ‘’Accès à la Justice’’ et ‘’ Accès aux Marchés’’. Depuis la mise en oeuvre du Programme en octobre 2006, Simon- Pierre Adovèlandé, le coordonnateur national de Mca Bénin et son équipe de compétences béninoises avérées, dans les domaines spécialisés du Programme, oeuvrent inlassablement pour lever les obstacles qui empêchent certains projets d’atteindre les objectifs définis. Une visite au siège montre bien que ce grand navire travaille selon des normes strictes pour mettre en place au Bénin, où on a gardé certaines habitudes peu transparentes dans la gestion des programmes, le dispositif qui assurera le succès des projets mis en route. Jusque-là, la coordination nationale a enregistré des résultats encourageants qui augurent, de bonnes perspectives avec les Projets ‘’Accès aux Services Financiers’’ et ‘’Accès au Foncier’’. Menace de perte de 7 milliards de Fcfa Sept ministres dont les départements sont concernés par la réalisation de ces préalables sans lesquels, la partie américaine considèrera que le Bénin ne respecte pas les critères de son éligibilité au Mca seront face aux responsables de la coordination demain jeudi, et ce en présence de l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique au Bénin. A cette occasion, tous les partenaires, comme la presse et l’opinion publique, voudraient avoir des garanties quant à la détermination du gouvernement à prendre le taureau par les cornes. En quoi faisant ? En déblayant, dans chaque domaine, les embûches qui empêcheraient la réalisation des projets qui connaissent des blocages de leur mise en route et qui pourraient coûter au peuple béninois la perte de dizaines de milliards de Fcfa de réalisations. Ainsi le Bénin qui a déjà bénéficié d’interventions non négligeables du programme au travers du projet « Accès à la justice », dans la réalisation du siège du Centre d’Arbitrage et de médiation, la réhabilitation du centre des formalités des entreprises, la commission d’experts pour étudier les projets de codes pénal, de procédure pénale, de procédure civile commerciale et sociale. Mais le pays risque de perdre 7 milliards de fcfa. Soit environ la moitié des fonds alloués à ce projet. Cette somme devrait servir à la construction de 8 tribunaux de première instance, d’une Cour d’appel à Abomey et d’un centre de documentation juridique moderne à Cotonou. Le vote par le parlement de ces codes, au plus tard le 30 septembre prochain, est une conditionnalité de décaissement de ce fonds. Le bailleur de fonds américain estimant, à juste titre, que la modernisation du cadre judiciare pour tous, des textes adaptés à l’évolution et au contexte béninois, la célérité dans le traitement des dossiers judiciaires, l’amélioration et la modernisation du système judiciaire sont des gages pour une justice de qualité, équitable et sécurisante pour les investisseurs, incitative pour l’épanouissement social et le climat du développement. 90 milliards de fcfa sous menace au Port autonome de Cotonou Sur les 170 milliards de fcfa que coûtera les réalisations du Mca- Bénin, la réhabilitation de la fonction économique performante du port de Cotonou, en termes d’investissements sur le site, prend le gros lot. Soit environ 90 milliards de fcfa. Composante du projet « Accès au marché», le Port autonome de Cotonou devrait en bénéficier pour sa compétitivité grâce à la modernisation de ses infrastructures, de ses systèmes de gestion ainsi qu’au renforcement des réformes institutionnelles à y opérer. On se souvient que le port de Cotonou a été sauvé de justesse d’un déclassement ! Mca-Bénin a déblayé le terrain pour ses interventions en recrutant un auditeur financier et un conseiller portuaire en 2007, en formant du personnel navigant : graisseurs de remorqueurs, mécaniciens de vedettes et officiers mécaniciens de remorqueurs, des maîtres de port, pilotes et amarreurs etc. Il s’agit de moderniser les compétences techniques. Hélas, comme toujours, tout ce qui touche aux intérêts et aux habitudes acquis sont difficiles à réaliser au Bénin ! Pourtant, les réformes institutionnelles sur le Port sont du ressort du gouvernement, même si les acteurs ont des raisons confuses de résister au changement. Il en est ainsi des concessions octroyées à certains opérateurs sur le site du port, et qui en usent comme un bien privé alors que la norme voudrait que seul le Port autonome de Cotonou soit l’unique propriétaire de ces concessions et baux en termes de son utilisation et des énormes revenus qu’il peut directement en tirer. Globalement, à la coordination de Mca-Bénin on se désole qu’on traîne les pas pour réformer et prendre des mesures énergiques, alors que sans l’application des mesures d’assainissement prescrites par Mca-Bénin, le gouvernement ne pourra compter sur le décaissement de ce gros pactole d’environ 90 milliards. Ce serait une catastrophe de rater cette aubaine ! Le Bénin ne se plaint-il pas depuis des décennies de la mauvaise performance de son port qui n’arrive toujours pas à relever le défi de la concurrence des autres ports modernes de la côte ? Le gouvernement, à travers les ministres concernés, sont confrontés ainsi à une lourde responsabilité et à un défi majeur. | |