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décembre 11, 2008 - LA PRESSE DU JOUR

 

La lutte contre la corruption a encore de beaux jours devant elle au Bénin. Ce fléau qui tue l’économie d’une nation et freine son développement a en effet pris une proportion inquiétante depuis des années. A l’ère du changement, l’espoir suscité par la marche verte organisée par le président Boni Yayi n’a duré que le temps d’un feu de paille. Au niveau des  structures engagées dans la lutte contre la corruption, c’est tout simplement la grosse déception. Le constat est clair. Boni Yayi n’est pas prêt pour lutter contre la corruption. Dans son entourage, et corrompus et corrupteurs se côtoient sans vergogne.

  
6.000.000 de F Cfa par mois, c’est le prix du bâtiment loué pour abriter la Direction Nationale des Marchés Publics (Dnmp) par ces temps de récession économique où fonctionnaires et consommateurs de tous ordres sont appelés à faire des sacrifices. Le bâtiment qui a été intégré précipitamment dans la semaine du 27 octobre 2008 par la Direction Nationale des Marchés Publics (Dnmp) serait la propriété d’un Libanais. Il est situé à côté de la société Total en face du Ministère de l’Economie et des Finances. Malheureusement, sa location n’a pas respecté les recommandations faites par le répertoire des prix fixés pour les locations des bâtiments administratifs. Des exemples de mauvaise gestion du  genre, on peut en citer pêle-mêle à l’ère du changement. Et pourtant, lorsque le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi succédait au Général Mathieu Kérékou, il s’est engagé à lutter contre la corruption. La marche verte qu’il a organisée au cours de l’année 2007 avait même redonné espoir à tous ceux qui se sont engagés dans la lutte contre la corruption. Mais hélas ! Cette action d’éclat n’était qu’un trompe l’œil. 

 

 Aujourd’hui, la corruption a atteint des proportions inquiétantes. Les fonds des contribuables sont dilapidés sans que le Chef de l’Etat qui est pourtant conscient de la chose, ne lève son petit doigt pour punir les auteurs de ces dilapidations. C’est à l’ère du changement qu’on relève quelqu’un de son poste pour malversation en conseil des ministres et que la personne continue de travailler à ce même poste et se permet même d’organiser des marches de soutien au Chef de l’Etat, pour son engagement contre la corruption. C’est aussi à l’ère du changement qu’on retrouve à des postes ministériels des gens qui ont encore des démêlées avec la justice pour actes de mauvaise gestion des fonds publics. C’est encore à l’ère du changement qu’on voit des collaborateurs du Chef de l’Etat créer des organes de presse pour pomper à leur compte personnel les budgets de certains ministères. C’est à l’ère du changement qu’on attribue des marchés publics de plusieurs milliards de F Cfa à des entreprises sans avis d’appel d’offres. Ce qui paraît curieux, ce sont ces collaborateurs du Chef de l’Etat et ces gens qui ont bénéficié de largesses qui viennent à la télévision pour parler de lutte contre la corruption et livrer à la vindicte du peuple le régime Kérékou.


S’il est vrai qu’on ne peut pas éradiquer définitivement la corruption, il n’est pas moins vrai qu’il urge de freiner son développement. Et c’est justement à ce niveau que le Chef de l’Etat qui a donné le signal avec sa marche verte doit se reprocher beaucoup de choses. On ne peut pas dire qu’on est prêt pour lutter contre la corruption et continuer par garder dans son entourage des gens qui sont mêlés à plusieurs scandales financiers. Le Chef de l’Etat doit donc avoir le courage de les vider et de les faire rendre tout ce qu’ils acquis de façon illicite. C’est en tout cas à ce seul prix qu’il pourra redonner confiance aux organisations de lutte contre la corruption et, plus généralement, aux Béninois qui attendaient mieux de lui.

A.A.

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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