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Agé de 37 ans, le conservateur devient le plus jeune ministre de l'économie de l'histoire de la République fédérale. "Il est jeune, il est même très jeune, mais c'est ce que je veux pour ce renouvellement", a expliqué le président de la CSU, Horst Seehofer. Le partage des pouvoirs au sein de la grande coalition gouvernementale composée des Unions CDU-CSU et du parti social-démocrate (SPD), prévoit que le portefeuille de l'économie revienne aux conservateurs bavarois.
ASCENSION POLITIQUE RAPIDE
Etoile montante de la CSU, M. zu Guttenberg a connu une ascension politique rapide ces derniers mois. Elu député au Bundestag depuis 2002, ce jeune aristocrate – dont le nom complet est Karl-Theodor Maria Nikolaus Johann Jacob Philipp Wilhelm Franz Josph Sylvester, baron de Guttenberg – est un spécialiste des questions internationales et de défense. Membre de la commission des affaires étrangères au Parlement, partisan de liens resserrés avec les Etats-Unis, il a su conquérir le respect de Mme Merkel sur ces questions. Après la débâcle de la CSU aux élections régionales de Bavière, à l'automne, il a été appelé au poste de secrétaire général.
Avec ce jeune député, à l'époque comme aujourd'hui, la nouvelle direction du parti cherche à promouvoir une génération plus moderne et dynamique, dans la perspective des élections législatives de septembre 2009. S'il a fait preuve de compétence sur les dossiers dont il s'est occupé jusque-là, M. zu Guttenberg n'a toutefois pas réellement d'expérience en économie. Son seul atout dans ce domaine est d'avoir siégé un temps au conseil d'administration de l'entreprise familiale, Guttenberg GmbH, spécialisée dans le commerce de gros.
Un bagage insuffisant pour certains commentateurs et membres de l'opposition qui s'interrogent sur sa capacité à prendre les rênes d'un ministère crucial, à l'heure où l'Allemagne est plongée dans la récession. Le chômage a commencé à remonter depuis le mois de décembre outre-Rhin, et pour 2009, les experts n'excluent pas une contraction du produit intérieur brut jusqu'à - 3 %.
Pour le vice-président du parti libéral (FDP), Rainer Brüderle, la nomination du jeune secrétaire général est une "solution d'urgence". "Visiblement, il suffit de savoir lire et écrire pour pouvoir devenir ministre de l'économie au sein de l'Union", a raillé le député, lui-même spécialiste des questions économiques.
Le nouveau ministre aura, en outre, à batailler ferme pour s'imposer face au ministre social-démocrate des finances, Peer Steinbrück, en première ligne ces derniers mois pour la gestion de la crise économique et financière. Depuis l'automne, le grand argentier avait totalement éclipsé Michael Glos, qui, las, a présenté sa démission en invoquant son âge (64 ans).
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