Après plus de deux ans de militantisme dans la mouvance sans intérêt: Les hommes de Tévoèdjrè aux trousses de Yayi Boni
10 février 2009 - LEMATINAL
Les membres du bureau politique national du Parti national ensemble (Pne) se retrouvent le samedi 21 février 2009 à Avrankou pour repenser leur militantisme dans la majorité présidentielle. Ainsi, après avoir passé plus de deux ans à avaler les couleuvres dans cette mouvance où les intérêts n’ont pas été souvent les mêmes, les hommes du Renard de Djrèrègbé semblent sur le point de réfléchir autrement.
« Quelle place pour le Parti national ensemble (Pne) au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ? » C’est sur la base de ce thème que les membres du bureau politique national du Pne veulent réfléchir dans quelques jours, chez l’un des leurs dans l’arrondissement central d’Avrankou. Après avoir chanté plus de deux ans durant et sans rien du tout, les louanges du Changement derrière le président Yayi Boni. A part le président émérite et fondateur du parti, le professeur Albert Tévoèdjrè qui a été promu Médiateur à la présidence de la République avec ses complications actuelles, le président intérimaire du parti, l’inspecteur des douanes Julien Kpoviessi a été le seul à être nommé à un poste au Port Autonome de Cotonou après avoir aidé le chef de l’Etat contre ses collègues grévistes. C’est lui qui a été l’alfa et l’oméga du fameux groupe des douaniers patriotes qui a permis au pouvoir d’avoir raison de ses collègues grévistes. Pour la politique, il a dû sacrifier la confraternité et toute la corporation qui étaient contre la nomination du retraité James Sagbo à la tête de leur direction. Entre temps, le parti avait évité d’aller aux dernières élections municipales et communales contre les intérêts du chef de l’Etat. Mais, malgré tous ces sacrifices, le Parti national ensemble n’a pas réussi à se faire une bonne position sur la liste Fcbe dans Porto-Novo encore moins dans tout le département de l’Ouémé. Le secrétaire général du parti, M Jérôme Aklamavo presque humilié, a dû se contenter de la huitième position sur la liste à Porto-Novo. Mieux, le parti n’a jamais réussi à vraiment positionner un ministre dans le gouvernement. Selon des sources proches de certains ténors du parti d’Albert Tévoèdjrè, le diplomate Albert Agossou dont le séjour a été très bref dans le gouvernement du président Yayi Boni a mérité son poste grâce, dit-on, à ses relations personnelles. Ce sont les mêmes relations qui lui auraient permis d’aller remplacer l’ancien ambassadeur, Yves Edgar Monou à la représentation diplomatique béninoise en France.. Inutile de rappeler que c’est sous le Général Mathieu Kérékou que le magistrat Joseph Gnonlonfoun a mérité son mandat de conseiller à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Pour ce qui concerne l’ancien président du parti, le professeur Jean-Pierre Ezin, on affirme que ce sont les relations personnelles du Renard de Djrèrègbé qui aurai également permis à l’homme de tirer son épingle du jeu. Comme son président Jean Ping qui est d’ailleurs descendu à Cotonou pour remercier Albert Tévoèdjrè pour la diplomatie mise en œuvre pour leur garantir les deux postes à l’échelle continentale. Et depuis là, plus rien. Malgré l’acharnement des membres du parti contre les intérêts de l’opposition non déclarée au profit de Yayi Boni à Porto-Novo. Pire, au niveau des Fcbe même de la ville, les militants de Tévoèdjrè n’ont pas souvent la chance de jouer les premiers rôles. Ce sont encore les nouveaux politiciens ou les démissionnaires des formations politiques adverses qui leur indiquent en plus la ligne à suivre. C’est dans ce contexte suffisamment frustrant et où les militants commencent par grogner que les députés viennent de refuser la loi sur la médiation au professeur Albert Tévoèdjrè. Noircissant en plus le tableau déjà sombre de cette vie politique à laquelle les hommes de Tévoèdjrè ont été jusque là contraints. Ainsi, tout calcul fait, le Parti national ensemble aura œuvré inutilement pour l’avènement du changement. Pendant plus de deux ans déjà au service d’un pouvoir qui a d’autres préférences. Alors que rien de meilleur ne se profile à l’horizon. De plus, l’étau se resserre déjà trop autour du chef de l’Etat qui a tendance à tendre la main à d’autres partenaires pour former son quatrième gouvernement. C’est à cause de toutes ces préoccupations que les membres du bureau national du part d’Albert Tévoèdjrè, ont, sous la pression de la base, initié la rencontre qui aura lieu le samedi 21 prochain.
Cette rencontre des hommes de Tévoèdjrè ne sera pas sans conséquences pour l’avenir de la mouvance. Surtout à la sortie de cette réunion où certains, à tort ou à raison, pensent déjà que le groupe va finir par se désolidariser du chef de l’Etat. Avec ou sans Albert Tévoèdjrè qu’on accuse d’avoir déjà trouvé son compte. Si le Pne parvenait à quitter la mouvance présidentielle, il aurait ainsi ouvert la vanne aux autres milliers de mécontents qui cherchaient l’occasion pour mettre un terme à leur militantisme au sein des Fcbe. Le plus grave viendrait quand les chantres du Changement tenteront d’étouffer l’initiative dans l’œuf comme c’est souvent le cas chaque fois que le chef de l’Etat panique à la moindre épreuve. Car, en tentant de diviser le groupe par des nominations stratégiques, d’autres mécontents vont commencer par s’agiter dans le grand groupe Fcbe pour se garantir une place. De là, on peut déjà affirmer que le cas Pne n’a pas pour le moment de solution. En tout cas, pas pour le président Yayi Boni, qui a déjà cumulé trop d’erreurs politiques durant les deux ans et demi de son mandat. Il lui a manqué une bonne gestion des hommes. Mieux, sa tendance à se passer des partis traditionnels et la part faite à certains apprentis politiciens auront beaucoup fragilisé ses chances de rempiler en toute tranquillité. Lui qui a été porté à la Marina avec 75% des suffrages nationaux. Autant, il a perdu du terrain, autant le contrôle de l’Assemblée nationale lui a échappé. En ce moment où il a besoin du vote d’un certain nombre de lois pour tirer son épingle du jeu. C’est dans ces conditions où chaque acteur politique commence à faire des projections pour 2011 que le Pne veut aussi prendre ses responsabilités. Sans oublier l’équation Abdoulaye Bio Tchané qui est déjà bien difficile à gérer au point où le premier magistrat s’est plongé dans d’autres erreurs de stratégie en envoyant des émissaires chez ce dernier pour contre-attaquer. Et on dit que l’harmonie est déjà retrouvée au sein de l’opposition non déclarée pour de nouvelles offensives. Alors qu’il pourrait être tenté aussi de vouloir répondre aux hommes de Tévoèdjrè. Ainsi, pour s’être donné l’occasion d’être sur plusieurs fronts au même moment. Surtout quand on sait le moment où intervient cette crise avec le Pne. C’est, à juste titre un peu plus de deux ans et demi de l’échéance fatidique de 2011. Plusieurs candidats potentiels sont déjà sur le terrain et chaque camp politique cherche à prendre position. A cause des enjeux et surtout le fait que les présidentielles qui seront couplées avec les élections législatives. C’est simplement de nouveaux soucis pour le président Yayi Boni. Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)