Par Arimi CHOUBADE
mercredi 11 février 2009
Mon fringant confrère Takou parlerait de mur de combat pour Yayi Boni. Une muraille qui consacre la faillite des blancs becs en agitation constante depuis l’avènement du Changement. Le rempart en question a dû remettre au goût du jour la vieille classe politique, du moins les plus insignifiants en terme d’impact électoral ; un mur de marginaux, d’anciens inutiles, de fossiles. Des recalés du suffrage universel dirait un autre écrivaillon très inspiré. En réponse parait-il au séminaire d’Abomey-Bohicon. Les férus de comparaison ne manqueront pas de se faire une idée de l’abysse entre les deux camps. Un petit exercice de comparaison donne un aperçu du décor. Un ancien président de la République, trois anciens présidents de l’Assemblée nationale, la majorité du parlement (près de 47 députés en exercice) plusieurs anciens ministres, des anciens députés, des membres d’institutions, des diplomates en novembre 2008. A l’opposé quelques anciens ministres et députés, un seul conseiller du chef de l’Etat (sous éteignoir), et de nombreux bouffons du sérail mettant sur fonts baptismaux, les Forces agissantes pour le Changement (Fac) au Cic de Cotonou le 09 février 2009.
Le mépris des émergents à l’endroit des vieux n’a point faibli. En témoigne cette décision de mettre en valeur les cancres de la vieille classe politique tout en vouant aux gémonies les plus valeureux ; ceux qui tiennent les arcanes du pouvoir politique du pays depuis l’avènement du renouveau démocratique. On sent en filigrane l’espoir de détourner l’attention sur ces vétérans repêchés. Leur disgrâce prévisible pourrait permettre de légitimer l’imposture des adolescents politiques et de faire oublier éventuellement l’impasse de la gouvernance Yayi. Une sorte de pâture au mécontentement ambiant.
Les Béninois connaissent par cœur le cursus personnel de chaque acteur de la kermesse des recalés du suffrage universel. L’ordre des grandeurs obéit à des critères bien particuliers pour ces spéculateurs politiques attitrés à la gloire du docteur-président le 09 février 2009. Le plus emblématique de ce conglomérat reste l’ancien colonel Azonhiho qui avait miraculeusement retrouvé des étoiles de général en pleine retraite assortie d’une nomination à la tête du ministère de la Défense alors qu’il se contentait d’être le gardien en chef du port de Cotonou. Sans compter son passé de révolutionnaire tortionnaire, prédateur des essences végétales anciennes pour cause de lutte contre la sorcellerie. J’avoue ne pas comprendre grand-chose à cette trajectoire abracadabrante ; si on y ajoute l’hostilité farouche de ce ministre de la Défense à l’organisation de la présidentielle 2006 qui a porté Yayi Boni au pouvoir. Une caricature vivante du Kérékouïsme.
Ironie du sort, c’est la partie résiduelle de la vieille classe politique qui trouve que les forces du changement ne sont pas suffisamment en action et qu’il fallait créer le Fac. Le diagnostic à ce niveau sonne très juste et rejoint curieusement les séminaristes d’Abomey-Bohicon qui ne se retiennent d’emboucher la trompette de l’immobilisme du régime. Aucune nouvelle usine implantée, baisse considérable de la production cotonnière, délestage continue sur le réseau de distribution de courant électrique, absence totale de perspective pour l’emploi en 3 ans de pouvoir. Insupportable pour des gens comme Alabi Gbègan qui ont suivi de très près les travaux d’hercule sous Nicéphore Soglo. Le plus intéressant dans cette affaire est le refus de la vieille classe tendance « cauris » de s’aliéner aux adolescents inventeurs de Fcbe. La compétition ainsi ouverte n’a certainement pas encore dévoilé tous ses secrets. Au docteur-président de savoir garder un œil vigilant sur tous ces retourneurs de veste qui avaient pris d’assaut le Cic le 09 février.
Les adolescents ou les fossiles ? Du pareil au même…
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