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  Concertation entre élus de la mouvance et le président Yayi : L’Etat béninois est bien un « Etat Fcbe »

 

 20 février 2009 - LEMATINAL


Le chef de l’Etat a rencontré le dimanche 15 février 2009 les députés et maires Fcbe au Palais des Congrès de Cotonou pour discuter question de développement. Mais à bien des égards, cette initiative porte les germes de la destruction du ciment de la Nation béninoise, même si le président annonce vouloir élargir sa majorité.

Le pouvoir du Changement vient de franchir un pas de plus dans sa gestion partisane de l’Etat. Il donne ainsi raison à ses adversaires politiques qui ont très tôt flairé dans son mode de gouvernement ,des élans clanique et partisan. Les Béninois sont bien gérés par un pouvoir caractérisé par l’absence de saines contradictions et la pensée unique. Le seul cordon qui unit les acteurs de la mouvance est Forces cauris pour un Bénin émergent, à l’exclusion de toutes autres divergences de vue. La rencontre de ce dimanche qui est une tribune sensée responsabiliser et recentrer le rôle des collectivités locales dans le processus de développement du Bénin, a pris des allures de campagne et a révélé au grand jour, la volonté du chef de l’Etat de ne composer qu’avec des Hommes de son parti. A tour de rôle, les « ministres Fcbe » se sont succédés au pupitre pour égrener les réalisations du gouvernement du Changement dans leur département respectif, faisant souvent fi de l’interaction communes-Etat central, sujet à l’ordre du jour. Le développement à la base doit associer les structures décentralisées, émanations directes du suffrage des populations. Beaucoup partagent cette vision avec le chef de l’Etat. Seulement les mêmes ne peuvent que s’interroger quand ils réalisent que sur les maires des 77 communes, seuls ceux qui sont connotés et publiquement identifiés comme étant sympathisants des Fcbe ont été conviés à cette rencontre. Rencontre qui se voulait pourtant de développement. Le progrès social est un enjeu national, qui concerne toutes les communes. Qu’elles soient de Kalalé, de Savè ou de Porto-novo, les populations du Bénin toutes autant qu’elles sont, connaissent au quotidien les affres de la pauvreté. Et l’appartenance politique ne doit nullement être la cause d’exclusion d’une frange. En tant que premier magistrat de ce pays ,le chef de l’Etat est le garant de la bonne entente entre les composantes de la Nation béninoise .Et le 6 avril 2006 devant les forces vives de la Nation, le président Yayi Boni a juré sauvegarder cette cohésion. Mais depuis, la réalité du pouvoir semble avoir éloigné cette obligation des priorités du président Yayi Boni et a laissé place à une politique du « diviser pour régner ». Cette marginalisation systématique risque de mettre à mal cette cohésion d’autant qu’elle engendre des frustrations et braque certaines populations contre d’autres. Avec la gestion actuelle du pouvoir du changement, les tensions se cristallisent et ce, à deux ans des prochaines présidentielles. Les oppositions s’annoncent rudes surtout qu’en face, les adversaires de Yayi ont juré le faire partir à tout prix.

Les prémices d’une campagne houleuse

En rassemblant élus Fcbe et ministres du gouvernement ce dimanche, le président Yayi Boni vient de lancer les hostilités dans l’optique des présidentielles de 2011. Il vient de donner un signal fort à ses adversaires politiques qui jusque-là s’épuisent et se tuent à repousser l’échéance de leur division annoncée. D’ailleurs dans leurs différentes interventions, élus locaux, députés et ministres ont vite fait d’oublier l’objet de la rencontre, se bornant à réaffirmer leur soutien au chef de l’Etat. Le ton est clairement donné à deux ans de l’échéance. Et récemment, le ministre porte parole du gouvernement Victor Topanou le laissait transparaître dans son point de presse. « Après les réformes économiques, place aux réformes », affirmait-il. Cette déclaration est destinée à préparer les populations à une période de précampagne plus longue que d’habitude. C’est dans cette même logique que s’inscrivent les réformes constitutionnelle et territoriale initiées par le gouvernement. Mais vu l’accueil que les populations ont réservé aux rapports des deux commissions, on peut présager d’une fin de mandat agitée pour Yayi Boni. L’autre réforme qui fait couler beaucoup d’encre est l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi) ,sensée garantir la fiabilité des prochains scrutins. Dans tous ces dossiers, le président n’est pas suivi par les ténors de la classe politique qui lui reprochent sa gestion solitaire. Tous ces chantiers de réformes sont de véritables fronts de bataille politique sur lesquels l’opposition attend le chef de l’Etat. Les oppositions s’annoncent âpres surtout que le président n’entend pas abdiquer. Il risque alors de se retrouver seul contre tous dans une guerre sans merci

Calixte Adiyéton (Coll)


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Tag(s) : #Politique Béninoise
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