A L’OCCASION DE SON 6ÈME CONSEIL NATIONAL
L’Undp donne sa position sur les enjeux politiques et économiques
23 février 2009 - FRATERNITE
par Angelo DOSSOUMOU
L’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) a tenu samedi dernier à Bohicon, précisément à l’hôtel Dako, son 6ème conseil national. Objectif, réfléchir et donner leur position sur les enjeux politiques et économiques actuels du Bénin.
Le 6ème conseil national de l’Undp ne pouvait mieux tomber. Dans le contexte actuel de crise politique et économique marqué par la guéguerre sur la réalisation de la Lépi avant les élections présidentielles de 2011, le découpage territorial..., il faut que les partis politiques se prononcent. L’Undp, consciente que seules des assises du genre peuvent permettre à tous les militants de donner leur avis sur les questions d’intérêt national a mis à profit son 6ème conseil national pour donner sa position sur un certain nombre de questions à travers son communiqué final. Mais avant d’en arriver aux grandes résolutions du 6ème conseil national de l’Undp, la cérémonie d’ouverture des travaux a permis aux uns et aux autres d’apprécier les remarques du président de l’Undp, de son président d’honneur et des messages de soutien des partis amis. Pour Jean Claude Codjia, président de l’Undp, le conseil national ne doit pas être une ritournelle. Mais il doit permettre à son parti non seulement de consolider sa place dans le microcosme politique béninois, mais aussi de donner la position de l’Undp sur des questions d’intérêt national. Le président Emile Derlin Zinsou est également du même avis et à invité les militants de l’Undp à travailler dans le sens d’une large union avec leurs partenaires du G13. ``Il faut aller plus loin. Soyons unis car l’union fait la force et la division, la faiblesse’’ a déclaré le président Zinsou. Il s’en est suivi des messages de soutien des partis amis. Le ministre Roger Dovonou, Martial Hounon du Psd, Célestine Zanou, les honorables Issa Salifou, Janvier Yahouédéou, Arifari Bako se sont succédé au podium pour affirmer que les thèmes à l’ordre du jour du 6ème conseil national de l’Undp sont pertinents et participeront sans aucun doute à l’enracinement de la démocratie au Bénin.
Déclaration du Président d’honneur de l’Undp, Emile Derlin Zinsou
« Nous ne sommes les partisans inconditionnels de personne, pas plus que nous ne sommes des ennemis irréductibles de personne »
« Je voudrais d’abord m’expliquer sur ma présence ici aujourd’hui. J’avais décidé de ne pas venir. Je vais vous dire pourquoi. Parce que je pense qu’il est temps qu’il n’y ait plus de confusion, que vous entretenez dans vos esprits sur l’hiérarchie à l’Undp. Le président, le voici (il désigne Jean-Claude Codjia). Je ne suis qu’un président d’honneur. C’est-à-dire, le militant de base qui doit donner l’exemple. Les patrons de l’Undp, le voici (il désigne le présidium). Je suis un membre comme vous, je le resterai jusqu’à la fin de mes jours. Et puisque à chaque réunion, les feux de la rampe sont braqués sur moi et qu’on confond le président d’honneur avec le président exécutif, je me suis dit, « il faut que de temps en temps, tu sois absent pour qu’on voit ceux qui sont les vrais ». C’est pourquoi, à partir d’aujourd’hui, sachez que la responsabilité à l’Undp appartient à son bureau. Le président d’honneur est un militant comme vous, rien de plus. Je souhaite vous donner l’exemple du militantisme. L’Undp est majeure. Ceci dit, je voudrais quand même parler un peu de notre parti. Que les amis des autres partis me pardonnent. Ce n’est pas ma faute si la vérité est ainsi. Nous sommes le seul parti de ce pays, le plus ancien d’ailleurs, qui périodiquement tient ses assises, les congrès, les conseils nationaux dont le sixième aujourd’hui. Aucun parti ne fait ça. Bravo à l’Undp. Et pourquoi nous le faisons ? Parce que nous estimons que la vie d’un parti doit être une vie collective qui est nourrie par des débats d’idée, par des propositions, par des analyses et par les comptes rendu de ceux qui sont responsables et des élus. Comment voulez-vous que cela se fasse s’il n’y a pas de réunions périodiques. C’est pourquoi nous avons fait plus de congrès que tout le monde et plus de conseils nationaux que tout le monde, nous continuerons. L’Undp n’est pas une forteresse fermée là tout seule dans son isoloir. Nous sommes un parti dans un pays que nous aimons, où il y a d’autres partis que nous respectons, que nous saluons, avec qui nous sommes prêts à collaborer dans la mesure où nous partageons les mêmes idéaux et dans la mesure où nous poursuivons les mêmes objectifs. Nous l’avons prouvé et je considère que l’une des choses que l’histoire retiendra de ma longue vie politique, c’est peut être tout le mal que je me suis donné depuis tant d’années pour essayer de regrouper le plus possible les partis du Bénin. J’ai échoué mais je reste convaincu que j’avais raison. C’est pourquoi l’Undp reste un parti ouvert à toutes les convictions qui confortent les nôtres, à tous les patriotismes qui sont conformes aux nôtres, à toutes les ambitions nationales, à toute la fraternité nationale dont nous avons tant besoin. C’est le moment, je crois, de dire que les gens pensent que nos attitudes ne sont pas claires. Mais je crois que le président a tout clarifié et maintenant tout le monde sait qui nous sommes et où nous voulons aller.
Je veux vous parler du G13 parce qu’il faut en dire un mot. Le G13 est un groupe politique de parlementaires nés à l’Assemblée nationale et qui a un programme donné qui a été exprimé par leur mémorandum en soutenant un certain nombre d’action. Ce sont des partis autonomes, indépendants dont les députés se sont mis ensemble. C’est un groupe parlementaire. Cependant, nous avons nos deux députés au sein du G13. Il arrive qu’on dise où êtes-vous ? que faites-vous alors que nous sommes très clairs ?. C’est moi le premier, un jour que j’étais aller voir le président Yayi Boni pour discuter et où je pensais qu’il me poserait la question de savoir le G13, c’est quoi, vos députés sont dedans ? Il ne l’a pas fait. J’ai dit président, je crois que vous avez à la bouche, une question que vous ne sortez pas. Moi, je la sors, le G13. Je dis, mes amis y sont, ils m’ont montré le mémorandum. Je suis d’accord avec ce que dit le mémorandum et si on veut, il faut suivre ce mémorandum et rectifier ce qui est à rectifier. Le G13 n’a pas d’autres buts. Mais sur cette base là, sur des choses qu’énonce le mémorandum, ils méritaient d’être entendus. Nous ne sommes les fléaux de personne. Dans le G13, nous sommes amis et libres. Il y a des problèmes sur lesquels tout le monde est d’accord et ceux-là qui nous engagent. Aucune décision individuelle d’un parti qui n’est pas conforme à la nôtre et aux normes ne serait acceptée pas nous. Nous avons toujours été indépendants d’action. Nous le restons. Mais nous sommes aussi fidèles à nos engagements. Nous ne trahirons personne tant que les idées seront conformes et les actions conformes. Il faut que nos bases soient interrogées et si possible sur un programme commun, nous cessons d’être des regroupements mais une force unie. Je souhaite que ce grand parti que nous pouvons faire ensemble si nous sommes d’accord sur les idéaux naisse bientôt. Car, l’union fera toujours la force et la division, la faiblesse.
On agit beaucoup ces temps-ci comme si les élections étaient pour demain. Ce n’est pas l’objet de ce conseil et ce n’est pas le moment. Cependant, je voudrais dire et j’espère que ce sera l’opinion de l’Undp, dans ce débat là, nous n’avons pas changé. Nous avons un programme. Des idéaux elliptiques, les élections nous en parlerons quand le moment sera venu et nous choisirons en toute clarté et en toute responsabilité. Nous ne sommes les partisans inconditionnels de personne, pas plus que nous ne sommes des ennemis irréductibles de personne. Nous sommes l’Undp et d’ailleurs, il ne faut que personne ne s’imagine aujourd’hui ni demain que nous ferions une carrière de supplétif, c’est-à-dire des gens qui apportent leur voix et qui se contentent d’être seulement des appendices. Nous sommes comme tous les partis politiques destinés à atteindre et à assumer le pouvoir d’Etat et le moment viendra, je ne sais pas quand, où nous aurons nos candidats à toutes les élections y compris pour la présidence de la République. Cela ne nous empêche pas tant que nous n’en sommes pas encore là, de nous associer à d’autres et de faire élire un candidat qui ne sera pas forcement de l’Undp. Nous l’avons fait jusqu’ici. Mais je veux que les militants de l’Undp sachent qu’ils ont le devoir de faire de ce parti un grand parti, qui soit un parti qui attire, qu’on admire qui séduit et qui soit conduit à la tête de l’Etat parce que nous avons des choses à faire. Etre Undp, ce n’est pas facile. Parce que, nous ne cultivons pas le mensonge, la tricherie. La politique pour nous n’est pas le champ clos des batailles inutiles, des invectives, des mensonges, le premier ou dernier moyen de faire fortune. La politique pour nous est un service, un devoir d’Etat. Nous l’avons fait jusqu’ici. Tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde. Parfois, dix hommes suffisent pour défendre mieux que cent.
Mais, si nous sommes exemplaires, si nous sommes fidèles avec nos idéaux, si nous privilégions l’intérêt national, si tous ceux qui nous regardent en sont convaincus, nous aurons de plus en plus d’adhésion, de partisans. Je n’ai pas de doute que privilégiant la vérité, nous n’arrivons quand même pas à gagner plus que cela n’est aujourd’hui, le cœur des Béninois. Car, la politique, mes chers amis, c’est le service de l’Etat, le dévouement national, la solidarité, la probité et l’honneur. Quand on est Undp, on n’accepte pas de vivre sans honneur, de ne pas être un patriote et on sacrifie son temps, sa personne lorsque la Nation le demande. Quand on est Undp, on ne gagne pas des voix à la faveur des mensonges... »
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