A deux ans des présidentielles de 2011: La mouvance divisée, l’opposition peine à s’unir
19 mars 2009 - LEMATINAL
Malgré les nombreuses tentatives de rassemblement aussi bien dans la mouvance que dans l’opposition non déclarée, le moins qu’on puisse dire est qu’à deux ans des présidentielles de 2011, la situation politique manque de lisibilité. L’opposition non déclarée n’arrive pas à trouver un candidat consensuel pour profiter des failles qui s’observent au sein des Fcbe.
Le président Yayi Boni depuis son élection, a de plus en plus du mal à mobiliser les Béninois autour de son programme de gouvernement .L’immense espoir que son élection a suscité en mars 2006, laisse progressivement place à un sentiment de déception. Le gouvernement s’enlise dans des théories macro économiques de prospérité inaccessibles. Et la promesse du changement a du mal à se concrétiser dans le quotidien des populations. Les mécontentements gagnent de plus en plus des contrées reculées du pays. Le président Yayi Boni s’est quant à lui, isolé dans une politique centrée sur sa propre personne et son omniprésence dans la gestion de toutes les affaires de l’Etat, laissant une portion congrue à ses alliés de première heure. Résultat, la classe politique s’est désolidarisée de sa gestion et a juré de le faire partir en 2011. A Bohicon et à Abomey, plusieurs formations politiques qui ne se retrouvaient plus dans le mode de gouvernance du « Docteur président » se sont fondues en « G » et « F » pour mieux peser sur l’échiquier politique national . Les Forces cauris pour un Bénin émergent, créées en 2007 seulement par le pouvoir et qui constitue le creuset de concertations des partis soutenant le pouvoir en place, ont déjà subi leur première refondation en 2008. Mais depuis, son coordonnateur national Eugène Azatassou, « imposé » par le chef de l’Etat en personne, cristallise autour de sa personne, une crise de leadership. Il ne développe pas le charisme nécessaire pouvant porter les ambitions de l’alliance et a du mal à faire preuve de force de conviction auprès des populations sur le terrain. A l’Assemblée nationale, la majorité s’est déjà effritée et a basculé dans le camp adverse, rendant plus difficile la mise en œuvre du programme de gouvernement du chef ce l’Etat. Face à ce tableau, l’opposition est dispersée et peine à trouver un candidat de consensus pour 2011.Les « G » et « F » sont encore divisés autour des personnalités de Léhadi Soglo et de Adrien Houngbédji. De plus, la probable candidature du président de la Boad, Abdoulaye Bio Tchané vient en rajouter aux difficultés de consensus autour d’une candidature unique en 2011.Tout cela concourt à dessiner un schéma politique incertain pour les prochaines présidentielles. Cela présente néanmoins l’avantage de garder le jeu politique encore ouvert à toutes les recompositions et à toutes les alliances de dernière heure. Cette perspective peut réserver assez de surprises, car si le principe de changer de chauffeur en 2011 est désormais acquis au sein de l’opposition, encore faudrait-il s’assurer que parmi les passagers du véhicule, il y en a un au moins qui a son permis de conduire.
Calixte Adiyéton(Coll)
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