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lundi 23 mars 2009, par DP Le Grand Journal

 


" Pourquoi doit-on toujours se référer au chef de l’Etat, alors que les ministres pouvaient s’occuper des dossiers qui ont trait à leur secteur ". Au terme de leur audience, c’était la récrimination de la majorité des patrons des centrales syndicales qui étaient en pourparlers avec le président de la République le week end passé. S’ils ont dit leur indignation, c’est parce que la morale évolutive qu’espéraient ces responsables syndicaux avec l’avènement du changement est loin d’être acquise. Si avant, cette impéritie des ministres est à déplorer, elle est à l’ère de Boni Yayi, un goulot d’étranglement. Les syndicats ne sont d’ailleurs pas les premiers à le dire. Bien avant eux, une partie de l’opinion nationale et internationale avait toujours déploré cette façon de faire des membres du gouvernement.

 

En effet devant les exigences expresses et depuis formulées, il faut observer le régime du changement. Ce dernier s’est comporté depuis lors en matière de satisfactions des revendications comme une girouette mue par le grand vent. Ainsi les ministres affichent d’abord leur incapacité. Ensuite, ils font les grands sourds d’oreille avant de dérouler au chef, le tapis rouge. En dernière instance donc, Boni Yayi intervient, arbitre et tranche sur fond de personnalisation du pouvoir. Si on en est arrivé à cette étape, c’est parce que la nature même du pouvoir actuel vient se greffer sur le caractère présidentiel du régime à nous offert par la Constitution du 11 décembre 1990. De ce régime, l’autorité du chef et sa déification constituent la trame de cette morale évolutive. Contrairement à ces prédécesseurs que sont Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou qui laissaient un peu de marge de manœuvre à leurs ministres, la construction d’ordre nouveau chez Boni Yayi passe par l’option de régenter. Ainsi les ministres mis au pas, soumis et résignés font tout à la gloire du chef. Il revient donc aux membres du gouvernement d’organiser de commun accord avec le chef de l’Etat, la ruée à la présidence.

 

C’est dans ces genres de situation que le président de la République parvient à sa tour de grandeur en négociant avec promptitude avec les partenaires sociaux. Ceux-ci, au milieu des géhennes restent impuissants devant le président de la République qui arrive avec émulation à inventer les routes les plus illégitimes. Soit il arrive à briser toute résistance, soit il parvient en échange de la dignité de ses interlocuteurs et de leurs opinions, à leur faire avaler les pilules du changement. Même si les finances demeurent squelettiques par rapport au volume et au poids des besoins de ses interlocuteurs, il emploie des artifices même en abondance en y ajoutant la foi pour les tourner en bourrique.

 

A ce jeu, Boni Yayi a toujours eu le dernier mot car en tant que chef, tout se résume à lui même les négociations avec les syndicats. Mais on est pas surpris n’a t-il pas dit que son pouvoir est d’essence divine ? Jusqu’à quand pourra t-il continuer sur cette lancée d’autant plus que les effets balbutiants sur l’emprise conséquente du Bénin émergent sont là ?



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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