Le document dans les mains de l’opposition est rédigé sous la direction d’un ancien militant RB, l'ancien Ministre Abraham ZINZINDOHOUE, que le Chef de l’Etat a promu dans une institution sous régionale. C’est un document intitulé : “Contribution à l’analyse de la situation politique nationale“ et qui s’articule autour de cinq points que sont : les constats, les risques, les enjeux, quelques pistes de travail, les tâches immédiates. Pour l’auteur du document, « …la nature des forces politiques qui ont su capter sa lourde volonté politique du changement : les partis politiques, les associations et mouvements qui ont appelé dès les premières heures au changement sont éparses, très peu enracinées, sans orientation idéologique spécifique, sans lien ombilical solide et avéré avec les forces sociales organisées. Ces associations, mouvements et partis politiques ne disposent pas ou peu de structures organisationnelles et de maillage adéquat susceptibles de maintenir des liens et des canaux à même d’entraîner les populations vers des objectifs politiques prédéfinis ( dans ce cas particulier, un travail permanent d’agitation et de propagande de grande ampleur) ». De ce constat amère sur la coalition qui soutient le Chef de l’Etat, l’auteur se pose quelques questions : « le Chef de l’orchestre donne la bonne mesure, il est le véritable métronome. Qu’en est-il de l’orchestre et des spectateurs ? La régularité des temps est-elle assurée ? La vitesse d’exécution des temps est-elle contrôlée ? Que font les spectateurs, passifs ou actifs ? En dehors du pouvoir d’Etat, quels sont les leviers dont dispose le Chef d’orchestre pour impliquer et nourrir l’adhésion des spectateurs ? Les conditions dans lesquelles se déroule la gestion du pouvoir au Bénin mettent-elles l’espoir incarné par l’homme du Changement à l’abri d’un brutal retournement de situation ? Le gouvernement dispose-t-il de moyens politiques éprouvés pour faire face à une contre-offensive des forces de l’opposition ? » Pour l’auteur « toutes ces interrogations renvoient à la problématique générale de la conduite du Changement ». Ainsi en arrive-t-il à dégager quatre pistes de travail. La première est relative à une réflexion pour la poursuite et la consolidation des gains de l’arène électorale en vue du contrôle des institutions : Bureau de l’Assemblée nationale, bureau de la prochaine Cena, la Cour Constitutionnelle, la Haac et la Liste électorale permanente informatisée. La seconde concerne l’étude exhaustive et minutieuse du positionnement des acteurs de l’économie nationale, produit par produit, branche par branche, importation, exportation, production, investissement. La troisième est la création d’une coalition structurante et motivante, instrument pour véhiculer l’idéologie du Changement, pour conduire le processus, et en devenir le centre névralgique : une idéologie du Changement et un instrument politique pour la faire vivre. La quatrième enfin est une réflexion sur la place du rôle et les responsabilités de l’armée, des religieux, de la Société civile dans la gestion politique du Changement.
Outre ces pistes de réflexion, l’auteur propose des tâches immédiates que sont la nécessité d’une campagne de résistance à l’offensive des "G" et Force Clé, de l’unité opérationnelle d’un journal Fcbe. En somme, il s’agit d’une véritable stratégie politique conçue dans la perspective de l’élection présidentielle de 2011. De l’analyse du document, il apparait que c’est sa mise en œuvre qui a conduit certainement ou par coïncidence à la création de l’Umpp il ya quelques semaines. Une analyse approfondie des pistes de réflexion de l’auteur permet de relever des pratiques politiques s’inspirant du bolchévisme ( piste 1 et piste 2) qui consiste à ” violer ’’ les populations par la propagande électorale, à contrôler toutes les institutions de la République, et à faire recours à des pratiques de triste mémoire.
Des interrogations
L’analyse minutieuse du document, justifie le bien-fondé de la lutte des forces politiques de l’opposition pour la sauvegarde des acquis de la Conférence nationale des forces vives de la nation. Les propositions propagandistes qui y sont contenues renvoi à la période révolutionnaire. Est- ce qui explique la présence massive des anciens barons de l’ex Parti pour la révolution populaire du Bénin (Prpb) au sein de l’Umpp ? Les jours à venir seront riches en événement car interrogé sur le document, un leader du G4 a affirmé prendre toutes les mesures légales afin que le Bénin du Changement ne soit pas le Bénin des ex-révolutionnaires qui ont conduit notre pays à la banqueroute en 1989.
Judicaël ZOHOUN
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)