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Bénin: Les trois secteurs qui tirent les change-menteurs vers le bas

 

 

L’émergence prônée par le candidat Boni Yayi en 2006 ne saurait se réaliser sans la maîtrise de trois secteurs primordiaux : la sécurité, l’énergie (électrique…) et la santé. A deux ans de la fin de son quinquennat, le chef de l’Etat a du mal à convaincre ses concitoyens sur la bonne gestion de ces secteurs.

 

La plus simple définition qu’on puisse donner du vocable changement est « le fait de changer, de passer d’un état à un autre ». Ce qui ne signifie pas forcément qu’il s’agit du passage d’un état inférieur à un état supérieur, d’une situation malheureuse à une heureuse. Mais dans le contexte du changement promis par Boni Yayi, il est bien question d’une amélioration et d’un mieux-être du quotidien de ses compatriotes. S’il est vrai que dans certains secteurs de la vie nationale, des efforts sont faits par le gouvernement, dans les secteurs de la sécurité, de l’énergie électrique et de la santé, le pouvoir en place a de la peine à prendre ses marques. Et déjà, la campagne pour la présidentielle de 2011 bat son plein.

 

Contre-performances au plan sécuritaire

 

Point n’est besoin de faire ici un point exhaustif de la lugubre arithmétique des cas de vols à mains armées enregistrés depuis avril 2006. Toutefois, il est une certitude qu’ils sont numériquement plus importants que sous les régimes précédents. Mais là où s’installe l’inquiétude, c’est l’incapacité affichée par tous les ministres de l’intérieur de l’ère du changement à endiguer le mal, à défaut de l’éradiquer définitivement. En effet, à l’analyse, on se rend compte que malgré l’annonce de prise de mesures draconiennes pour réduire les capacités de nuisance des spécialistes du crime organisé, ceux-ci avaient à maintes reprises faire douter sur les capacités des autorités béninoises à leur barrer la voie. Ceci s’est souvent traduit par la récurrence de leurs actions et la superpuissance de leurs armes. Selon certaines indiscrétions, le fait qu’on n’ait pas toujours laissé la police, l’institution la plus apte pour ce genre d’activité, jouer pleinement son rôle en serait la cause fondamentale. Il semblerait qu’une rivalité volontairement entretenue par certains hauts gradés de la Grande muette participerait à dessaisir la police de ses prérogatives. A cette défaillance structurelle, il faut en ajouter d’autres qui sont d’ordre infrastructurel et qui sont la cause du manque criard de moyens financiers mis à la disposition des opérations préventives de police. Au point où aujourd’hui, certains détracteurs du changement, affirment sans coups férir que « le pays a enregistré en trois ans, plus de braquages et de blessés par balles par la même occasion que pendant les dix ans de gestion du pouvoir par le Général Mathieu Kérékou ». Bien au contraire, côté pouvoir, on explique la recrudescence des cas de vols à mains armées par l’amélioration de la création de richesses depuis avril 2006. Dans l’un ou l’autre cas, la quiétude des populations est mise à rudes épreuves et il urge que de nouvelles stratégies soient inventées pour garantir leur sécurité.

 

Défaillances en matière d’énergie

 

Les déficiences en matière d’énergie électrique ne sont pas le fait du gouvernement du changement. Bien au contraire, le pouvoir de Boni Yayi a hérité d’un réseau électrique en proie à des difficultés de toutes sortes et qui ont nom : redevance de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) vis-à-vis de la Communauté électrique du Bénin (Ceb) ; magouilles dans l’acquisition des groupes électrogènes ; mauvaise gestion de la Sbee, et la liste est longue. De fait, le délestage que continuent de vivre les Béninois a des origines bien lointaines. Toutefois, dans l’entendement du commun des Béninois, le changement promis par le chef de l’Etat devrait déjà avoir des effets positifs sur cet état de chose, si bien qu’après trois années de son quinquennat, Boni Yayi devrait pouvoir garantir une meilleure couverture du pays en matière d’énergie électrique. Or, que constate-t-on aujourd’hui ? Des coupures intempestives de l’énergie électrique. Ce qui occasionne de graves perturbations au niveau des ménages, de l’administration publique, des opérateurs économiques et des artisans. Peut-on parler de l’émergence d’un pays qui n’a pas la maîtrise de l’énergie (électrique, solaire ou autre) ? Assurément pas ! Et cela, les gouvernants le savent mieux que quiconque. Ils doivent donc mettre les bouchées doubles pour y apporter des solutions idoines. C’est en cela que les effets des actions engagées et annoncées à grand renfort publicitaire et médiatique par le ministre Sacca Lafia sont vivement attendus par les consommateurs. Que sont devenues toutes les promesses fermes s’agissant de la turbine à gaz et de la centrale électrique à construire à Maria alègléta et autres ? Sont-ce aussi des éléphants blancs ?

 

La santé, un secteur en lambeaux

 

« La santé avant tout », dit-on. Malheureusement, la gestion de ce secteur au cours des trois dernières années laisse à désirer. Car, de mémoire de Béninois, le secteur de la santé n’avait jamais été par le passé l’objet de grèves perlées. En effet, en dehors du Centre national hospitalier universitaire-Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm), le plus grand hôpital de référence du pays, qui était souvent agité par les mouvements sociaux, c’est sur toute l’étendue du territoire national que la grève est devenue l’arme la plus utilisée par les travailleurs pour revendiquer une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Quelle explication peut-on donner à une telle situation qui met en danger la vie de plusieurs citoyens, si ce n’est que le gouvernement n’a pas opté pour la meilleure approche de négociation avec les praticiens hospitaliers ? Combien sont-ils, les Béninois qui sont passés de vie à trépas parce que les praticiens hospitaliers ont été contraints de rompre le serment d’Hippocrate ? Nul ne saurait répondre à cette interrogation. Déjà, ces questions préoccupent moins les gouvernants que la mise en place de stratégies politiques pour une élection présidentielle qui aura lieu dans deux ans ; stratégies qui passent par la recherche de terres propices pour le développement de l’agriculture. C’est évidemment une première que le secteur de la santé parvienne à ravir la vedette au secteur de l’éducation dont la réputation est établie depuis des lustres quant à sa propension à débrayer. C’est un record, certes, mais un triste record pour le gouvernement que les annales de l’histoire retiendront malheureusement au passif du Dr Boni Yayi.

 

Pour autant que Boni Yayi manifeste légitimement la volonté de rempiler en 2011, les électeurs, toutes tendances confondues, devraient exiger de lui, la reprise en main des trois secteurs primordiaux sur lesquels ses gouvernements successifs étalent des insuffisances notoires.

Faustin B. ADJAGBA


Le 04/06/2009





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Tag(s) : #Politique Béninoise
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