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France: Sarkozy fait cohabiter Rama Yade avec Roselyne Bachelot

 

03/07/2009

 


La France folle de Rama Yade qui a osé dire non à son président de Sarkozy connaît désormais la réponse du berger à la bergère : une cohabitation imposée avec Roselyne Bachelot qui a passé son temps à critiquer l'ancienne ministre des droits de l'homme. L'Hexagone se cherche depuis longtemps des modèles loin des fastes du château. Alors, bonne pour une diversité qui tend vers le bas, au point de voler au ras des pâquerettes ?

Les Follies Bergères du Gouvernement Fillon !

Par Pathé MBODJE,
Journaliste, sociologue

La France folle de Rama Yade qui a osé dire non à son président de Sarkozy connaît désormais la réponse du berger à la bergère : une cohabitation imposée avec Roselyne Bachelot qui a passé son temps à critiquer l'ancienne ministre des droits de l'homme. L'Hexagone se cherche depuis longtemps des modèles loin des fastes du château. Alors, bonne pour une diversité qui tend vers le bas, au point de voler au ras des pâquerettes ?

Les Follies Bergères du Gouvernement Fillon !

Par Pathé MBODJE,
Journaliste, sociologue


Il n'y a pas que Nicolas Sarkozy à s'irriter du succès de Rama Yade quand lui-même patauge en pleine choucroute, malgré un succès relatif à la suite du sommet du G20. Roselyne-la-Gaffe non plus ne porte pas notre compatriote française dans son cœur : Roselyne Bachelot la ministre de la Santé et des Sports s'en prend également à celle qui était venue chez elle au Sénégal, en février, donnant des urticaires à Wade et à son gouvernement par son franc-parler : «Rama a un portefeuille sur lequel il n'y a pas d'aspérité avec les Français. Le jour où elle exprimera ses vraies capacités, elle chutera dans les sondages". Eh bien Roselyne-la-Gaffe est servie : elle cohabite désormais avec son ennemie intime devenue Secrétaire d’Etat aux Sports, ultime pied de nez d ’un Sarkozy désireux pour relever l’affront subi avec Mame Ramatoulaye Yade. Mame Ramatou la Féé parisienne reçoit ainsi la monnaie de sa pièce : entêtée et arrogante, elle a joué au Petit Poucet, semant sur son chemin des écueils qu'il faut toujours franchir en politique : elle avait sévèrement critiqué la visite du Colonel Khadafi de Libye en France avec l'épisode du paillasson sur lequel on s'essuie les pieds ; elle avait également dit non à son patron en refusant de conduire la liste des candidats de la majorité présidentielle aux élections européennes. Alors mardi dernier, 22 juin, elle s'est retrouvée auprès de son amie Bachelot, aux Sports, ce qui n'est pas sans saveur, puisqu'il y en aura entre les deux ministres les « pank" du gouvernement français.

Roselyne, ministre de la Santé et des Sports, portefeuille qu'elle conserve dans le gouvernement Fillon II, avait déjà perdu sa place pour avoir parlé sans réfléchir, comme à son habitude : c'est par elle que le scandale de la surdité relative de Jacques Chirac était connu lorsqu'elle a affirmé que Jacques Chirac «était à moitié sourd et portait un appareil auditif» ; c'est encore elle qui a été au hit-parade des phrases assassines en souhaitant que Martine Aubry «se casse la gueule». Donc les ministres casse-gueule, la France connaît, qui se passent de la sage recommandation du "Ché", le Lion de Belfort, Jean-Pierre Chevènement, qui leur avait recommandé de "fermer la g...!" ou de partir.

Rama Yade n'en a cure et c'est justement parce qu'elle revendique ses droits de ministre, et rien que ses droits, qu'elle a cette réputation sulfureuse qui colle à la peau de la jeune secrétaire d'État qui dit non aussi bien à son président que, à fortiori, à son ministre de tutelle :elle a refusé, en décembre 2008, de conduire la liste UMP aux européennes en Ile-de-France, malgré l'invitation pressante du président de la République français, précipitant ainsi la nomination de Bruno Lemaire aux affaires européennes.

Le dépit de Sarkozy fut du pain béni pour la franco-sénégalaise : elle grimpait au hit-parade des personnalités les plus célèbres en France, ajoutant à la rancoeur de ses détracteurs, dont son actuelle ministre de tutelle : le 05 avril, Roselyne Bachelot avançait cette phrase assassine à souhait : « Rama a un portefeuille sur lequel il n'y a pas d'aspérité avec les Français. Le jour où Rama Yade exprimera ses vraies capacités, elle chutera dans les sondages". Comme dans l’hymne national français, ce jour de gloire est arrivé : la cohabitation forcée entre Rama Yade et Roselyne Bachelot paraît de toute évidence la réponse du berger Sarkozy à la bergère d’origine sénégalaise ; faute de pouvoir la remercier à cause de sa très grande popularité auprès des Français, le président Sarkozy la jette dans la fosse aux lions entre les crocs de son ministre de la Santé et des Sports.
Rama Yade partageait le privilège de la popularité avec...Jacques Chirac qui, en avril, devenait seul en tête des personnalités politiques françaises dans un contexte de chute générale des leaders de l'exécutif ou de l'opposition, selon le tableau de bord Paris Match-Ifop.


La dernière affiche de campagne de Ségolène Royal, en 2007, la présente en noir et blanc, le visage angoissé tourné vers la...gauche, rappelant étrangement la pucelle d'Orléans en devoir de bouter les étrangers hors de France. Depuis, elle poursuit sa croisade contre son ennemi intime, de l'intérieur, qu'elle continue de harceler, même de l'extérieur, comme récemment encore à Dakar, dans la première semaine d'avril.


C'est que la France n'en finit toujours pas avec sa campagne électorale d'avril 2007. En d'autres termes, elle cherche toujours une alternative à l'énergumène de l'Elysée sachant se démultiplier en quatre pour mieux fonctionner, au point de s'enfoncer dans l'estime et l'appréciation de ses compatriotes par son comportement original qualifié depuis de "bling bling". Oui : la douce Métropole royale patauge dans les eaux boueuses de la banlieue renforcées par une crise qui revient sur la réification de l'ordre antérieur ; elle, elle se cherche une nouvelle idole, moins dans les lustres et lambris du palais que dans la périphérie.


Effet Obama ? Non, le phénomène est plus ancien en France et glisse de la piété vers la solidarité.

Elle avait déjà eu son Abbé Pierre, ravissant de douleur, de souffrance et d'ouverture vers le plus pauvre, le plus exposé, le plus faible, de quelque origine qu'il soit. Puis ce fut Yannick Noah, tennisman français d'origine ultramarine, bien loin du pourtour méditerranée, refuge de la nouvelle Europe. Puis, enfin, Rama Yade, inénarrable, sémillante, prétexte d'une France d'en bas qu'on voulait retrouver en haut, reprenant les thèmes chers à l'ancien Premier Ministre Raffarin.
Quelles étapes ont mené à Mame Ramatoulaye Yade, Sénégalaise venue en vacances et qui s'est retrouvée française parmi les Français ? Le ramollissement hexagonal se vérifie depuis 10 ans maintenant (1) et spécifie que les électeurs sont incapables de se choisir un chef...qu'ils rejettent dès que les populations ont fini de voter ; on l'a vu avec Jacques Chirac, sans doute le plus impopulaire des occupants de l'Elysée qui a déteint sur tous premiers ministres, au "Mythe errant" avec lequel la France s'était plongée dans la torpeur d'une longue crise de langueur. Et la sécurité publique s'en est vivement ressentie avec l'exclusion de franges entières des sociétés françaises, surtout celles des banlieues.
Cette violence de classes sociales se retrouve contre un système qui a brimé, opprimé et moralement détruit des pans entiers de populations certes françaises, mais que la classe politique traditionnelle maintient dans une certaine dépendance qui exclue une vision nationale française. La fin 2005 posait déjà au fond la question nationale à la classe politique française dont la réponse semble en déphasage avec la réalité nouvelle créée par une mauvaise politique d'occupation de l'espace social national.

Ce questionnement nouveau a pris diverses formes, de la lutte religieuse à la lutte pour la survie, évoluant certes en fonction des réalités locales, mais aussi sous forme de solidarité proche orientale avec ceux qui souffrent depuis la "Catastrophe nationale" de 1948, la triste "Naqda", avec la surimplantation d'un Etat israélien sur un autre en gestation, palestinien. La France a vécu une dure période des années 80 avec les conséquences intérieures du malaise général autour de la Méditerranée.


La sensibilité du dossier juif, qui brave le temps et l'espace hexagonal (on l'a encore vu récemment, durant la semaine sainte, plus de 20 ans après l'attentat du Rer Saint-Michel), a démontré au cours de ces dernières années combien la société française était écartelée sur le plan religieux. Au niveau social, comme pendant les sondages avant 1995, aucun institut n'a su tirer l'alerte sur les entropies sociales qui marquent la vie publique française, de la crise des banlieues de 2005 à celles violences de 2008 contre la faim et la hausse du prix des denrées de première nécessité qui se sont achevées, au niveau interne, par le mouvement d'humeur noté dans les îles qui ont secoué le cocotier de la République (Guadeloupe, Martinique, principalement).

Comment expliquer cette soudaine recherche de soi-même par l'ouverture à l'autre, dans un élan de solidarité prolétarienne ?

Le journal " La Croix " a battu tous les records de croissance de la presse quotidienne française en 2008 avec un taux inégalé de +16%, sur une moyenne nationale de près de 8%.
Jacques Séguéla propose une explication...mystique dans ce pays où la raison est hellène : dans le doute systémique qui caractérise les temps de crise, dit-il (1 :"Direct Soir" n° 517 du 19 mars 2009, page 2), "plus que jamais, il nous faut croire en Dieu ou en nous ». Nous qui, dans une société politique et sociale ouverte jusqu’à l’écartèlement…moral ?

Orientations bibliographiques

(1) Cf. "Le nouveau désordre électoral : 21 avril 2002-28 mars 2004" par A. Meyer (sous la direction de), Presses de Sciences Po, France, et

Nicolas Tenzer : "Le Tombeau de Machiavel", Flammarion, France, 1997.


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Tag(s) : #POLITIQUE FRANCAISE
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