10 juillet 2009 par La Presse du Jour
Le Président du Prd, Me Adrien Houngbédji a donné une conférence de presse hier à l’hôtel le Chevalier de Cotonou. Selon lui, face à la pression politique et civile, et devant l’imminence d’une banqueroute, le gouvernement a fini par montrer que sa gestion est une calamité. Et pour cette raison, Me Adrien Houngbédji estime que les nouveaux pilleurs ne passeront pas en 2011 et il faut qu’ils rendent gorge.
L’objet principal de la rencontre d’hier, selon Me Adrien Houngbédji, était de faire constater que sous la pression conjuguée des forces vives de l’opposition, des syndicats, de la Société civile et de la presse, et devant l’imminence d’une banqueroute, le gouvernement du changement a fini par jeter le masque. Par un communiqué du Conseil des Ministres, a-t-il poursuivi, le gouvernement a montré que la gestion de la Cen-sad fut une calamité. Ce même gouvernement avait ignoré et rejeté les appels à la transparence des députés, les mises en garde de la société civile sur la gestion financière de la Cen-Sad. Pas moins de dix ministres étaient montés au créneau pour dire que les députés de l’opposition avaient tort de dire qu’il y avait mauvaise gestion. C’est ce même gouvernement qui vient déclarer plus tard que des milliards se sont volatilisés, a fait constater le Président du Parti du renouveau démocratique. Des malversations sur 6 milliards, cela est énorme pour un Bénin où beaucoup de travailleurs ont un salaire d’à peine 50.000f CFA. Et ce que le gouvernement n’a pas voulu dire et qu’il a dissimulé dans les différentes rubriques est l’écart de détournement. Car, le rapport révèle que ces marchés de la Cen-sad contiennent de graves irrégularités. Mais le dossier du Centre international de conférence et du palais des congrès n’est que la face visible des irrégularités commises. Il reste beaucoup de dossiers sur les ordres de paiement, les marchés gré à gré et autres malversations. « Le peuple veut alors des chiffres, des noms et des sanctions » a déclaré Me Houngbédji. Avec tout ceci, le leader du Prd a simplement conclu que le roi est nu, car pour lui, le poisson pourrit toujours par la tête. Et à cette allure, le gouvernement est en train de précipiter le Bénin dans le gouffre. Dans ce dossier, on ne saurait prendre les Béninois pour des moutons et faire croire que c’est un seul Ministre qui est impliqué, selon Me Houngbédji. Si jusque-là le Ministre en charge de l’urbanisme n’est pas poursuivi, alors que l’Ige a parlé d’irrégularités pour les villas, l’assainissement et les pavages, c’est que le Président est au courant du dossier. Mieux, on a cité des gens au sein de son Ministère, et l’on ne peut pas donner des milliards à gérer sans l’aval du Président. « Qu’il s’agisse de Fagnon, de Lawani, de Noudégbessi, il ne doit pas y avoir une politique de deux poids deux mesures, tous doivent répondre du dossier » a dit Me Houngbédji.
Il a aussi fustigé la campagne précoce engagée par les hommes au pouvoir pour détruire l’édifice de paix sur fond de propos régionalistes, ce qui n’existe plus au Bénin depuis des années. La corruption est aussi généralisée et a même fait irruption dans des institutions de la République, a –t-il précisé. Les hommes de la mouvance ont instauré la violence depuis les dernières élections réveillant ainsi les vieux démons. Face à cette mauvaise gouvernance politique et économique, le leader du Prd rassure qu’ils sont déterminés à se battre pour que le Chef de l’Etat et ses acolytes s’en aillent. Et ils y mettront tous les moyens légaux à savoir les marches, les interpellations, les enquêtes parlementaires. En conclusion, il a déclaré que « les nouveaux pilleurs ne passeront pas. Nous leur ferons rendre gorge ». Précisons qu’à cette conférence de presse, le leader du Prd était assisté du Vice Président du Madep, M. Antoine Kolawolé Idji, du Président de l’Upr et du G13 M. Issa Salifou , du Président de Force Clé, M. Lazare Séhouéto, du Sg du Psd M. Emmanuel Golou, du député G13 Sacca Fikara, de l’ancien Ministre Gaston Zossou, et de Mme Rosine Vieyra Soglo qui serait arrivée à la fin de la conférence.
Guy Constant Ehoumi
Le sens de la présence de Rosine Soglo
L’une des facettes de la rencontre d’hier est l’arrivée de la présidente de la Renaissance du Bénin. Rosine Soglo a tenu en personne à vivre l’événement. Malheureusement pour elle, les travaux au parlement ne lui ont pas permis d’être à temps sur les lieux. N’empêche, elle a été fortement ovationnée par des conducteurs de taxi motos qui ont fait également le déplacement. Cela suscite deux interprétations. La première est que les militants Rb de Cotonou continuent de se retrouver à travers leur présidente. Les ovations constituent un message fort pour la présidente de la Rb. La seconde interprétation interpelle directement les responsables de la Rb. Ils doivent comprendre le désir de leurs militants aujourd’hui, à savoir que la Rb ne veut plus de Boni Yayi. Naviguer à contre courant de cette réalité, c’est conduire le parti vers le chaos. Cela est d’autant plus important que, de plus en plus, des militants Rb à la base se demandent où veulent les conduire leurs dirigeants. Une interrogation qui se passe de commentaire. L’absence de Léhady Soglo à la rencontre d’hier ne fait que donner du poids à cette interrogation. En effet, la situation à la Rb aujourd’hui est telle qu’on a l’impression qu’il y a plusieurs pôles de décisions ; plus précisément trois. Le premier est naturellement celui de Rosine Soglo, présidente du parti. Il y en a qui se disent qu’ils lui doivent tout.Par conséquent, ils lui vouent fidélité. Le second pôle est celui du leader charismatique du parti Nicéphore Soglo. Ce pôle s’est totalement effrité avec le temps au point où il n’est pas superflu de penser que le maire de Cotonou ne maîtrise plus véritablement le parti. Enfin, il y a le pôle Lehady Soglo qui fait figure de successeur légitime. Tous ceux qui ont quitté le père se sont retrouvés avec lui et c’est à ce niveau que se situe aujourd’hui le problème du G4. Le premier adjoint au maire n’a jamais caché à ses proches que la page Nicéphore Soglo est tournée une fois pour de bon. Il le clame d’ailleurs. Tout en acceptant qu’on reconnaisse à son père certains mérites, il s’offusque de ce qu’on continue tout le temps de crier Nicephore Soglo chaque fois qu’il est question de la Rb. D’ailleurs, l’homme à en croire plusieurs confrères, aurait affirmé sa détermination à se présenter au rendez-vous de 2011. Dans sa tête, il se dit que lui seul peut régler l’équation Boni Yayi. Son absence à la rencontre d’hier peut s’expliquer par ces réalités. Lehady Soglo se voit déjà Président du Bénin en 2011 et il sera difficile à ses alliés du G4 de lui démontrer le contraire. C’est à ce niveau qu’il faut situer toute la difficulté de l’alliance G4-Force-clé à dégager un seul candidat à moins de deux ans du rendez-vous de 2011. C’est dire clairement que c’est Lehady Soglo qui constitue aujourd’hui un problème pour le groupe. Mais avec le décor de la sortie d’hier, on peut se permettre de dire que les choses se clarifient à petit coup.
Grégoire Amangbégnon
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