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Bénin: Les révélations inquiétantes des centrales syndicales

mercredi 29 juillet 2009, par DP Le Grand Journal

 

Le 17 juillet 2009, le chef de l’Etat a reçu les centrales syndicales dans l’objectif de les convaincre à annuler leur marche du 21 juillet 2009. Devant la persistance des travailleurs à marcher, le préfet de l’Atlantique-Littoral a pris un arrêté pour interdire cette marche. Face à la militarisation du circuit prévu, les syndicats ont tenu un meeting géant à la bourse du travail pour prendre de nouvelles dispositions face à cette privation des libertés démocratiques. Au cours de ce meeting, beaucoup de révélations ont été faites par les secrétaires généraux suite à leur rencontre avec le chef de l’Etat. A l’analyse des révélations du premier responsable de la Fesyntra-Finances, on peut comprendre les raisons de l’intolérance du régime du changement.

 

Lire la révélation du secrétaire général de la Fesyntra-Finance le 21 juillet 2009 à la Bourse du travail et faites votre opinion.

 

 


" Je savais que nous devons être très nombreux à la marche de ce matin parce que cette marche avait été programmée depuis le 10 juillet 2009 au Codiam lorsque les centrales syndicales et la Fesyntra-Finances étaient en concertation.

Ce matin, nous avons été contraints dans nos retranchements. Je dois vous dire que la première leçon que je tire est que nous sommes en face d’un pouvoir en désarroi.

Le gouvernement est en désarroi. Et lorsqu’on est en désarroi, on ne mesure plus la portée des actes que l’on pose.

Une marche pacifique annoncée alors que dans tous les départements, les ministres en campagne prématurée font des marches, donnent leur point de vue, on l’ interdit à ceux à qui on avait dit : " Hier où étiez-vous quand le pays était pillé " ? Ceux là veulent parler pour qu’un quidam demain ne vienne pas nous dire ; " Où étiez vous quand le pays était pillé et on leur interdit de parler " ? Les voleurs veulent nous interdire de crier, d’appeler leur nom. C’est pour cela que je dis que nous sommes en face d’un pouvoir en désarroi.

 

Je vous fais un petit point de la rencontre que nous avons eue avec le président de la République le vendredi 17 juillet 2009 de 13heures à 17 heures. Il a parlé longuement d’intoxication et a estimé que nous sommes entrain d’intoxiquer les travailleurs, d’intoxiquer le pays à travers le dossier de la Cen-Sad et que si à cette allure nous faisons la jonction avec les partis politiques de l’opposition, la démocratie serait en danger.

 

Que nous intoxiquons dans le dossier Cen-Sad , que lui-même n’en est pour rien, qu’on l’accuse de tout mais nous qui le disons, nous sommes des pécheurs. Que après tout, il est le chef de l’Etat, que devant lui pourquoi porterions-nous de chapeau ? Et que d’ailleurs qui a délivré cette conférence de presse.

On lui a répondu que c’est Monsieur Laurent Mètognon. Et de dire : " Enlever votre chapeau ". Ce que j’ai fait. Mais il se fait que quand j’ai enlèvé le chapeau, il a trouvé comme un prêtre, une petite tonsure sur ma tête. Puis il a dit : "Vous avez quand même une belle chevelure. Qu’est-ce qu’il y a là " ? Et de lui répondre que " Ce qu’il y a là, c’est ce qui a permis qu’on parle dans ce pays. J’étais à PLM Alédjo dans un trou enfouilli debout, c’est cela ce qu’il y a là ". Et de rétorquer : " C’est moi qui vais payer tout ça " ? Je lui répondu par la négative. Puis de poursuivre : " Je ne suis pas arrivé pour vous demander de rembourser dans la mesure où il y a un dossier des détenus à votre niveau depuis que vous n’avez pas satisfait".

 

Il a dit : " Mais d’ailleurs, moi je suis fatigué de votre pays. Je suis fatigué, je ne serai pas candidat en 2011 mais avant de partir, je vais mettre la barre très haut et mon prédécesseur, il lui sera très difficile à gérer ". (Murmure des travailleurs) Ce que je vous révèle est très sérieux pour que vous gardiez le silence. Ce que je dis est très sérieux pour que camarades travailleurs vous preniez la mesure.

 

Il dit qu’il ne sera pas candidat en 2011, mais avant de partir, qu’il va mettre la barre très haut et que son prédécesseur aura toutes les difficultés pour gérer. Lors des échanges, il a martelé que nous allons voir les opposants pour prendre de l’argent. Et qu’il est certain qu’après cette rencontre, les points abordés seront dans les journaux.

 

Nous avons constaté que après notre rencontre, il a été créé de toute pièce une association " ni mouvanciers ni opposants" qui estime que si les travailleurs du ministère des Finances étaient dans la rue aujourd’hui, eux aussi s’y mettraient pour contrer cette marche.

 

Là le visage est clair. C’est pour soutenir Yayi donc que " ni mouvanciers ni opposants" est née. Nous les avons situés. C’est les mouchards d’hier. Nous les situons donc comme danger public de la Nation aujourd’hui parce que des fonctionnaires qui disent qu’ils veulent marcher contre des fonctionnaires sous prétexte que les travailleurs du ministère de l’Economie et des finances seraient mêlés au scandale et qu’il ne nous revenait pas de dire qu’ils n’en sont pour rien.

 

Lors de la conférence de presse que j’ai délivrée en collaboration avec les secrétaires généraux, nous n’avions jamais dit que si les travailleurs étaient impliqués, qu’il ne fallait pas les sanctionner. Nous avons seulement démontrer que dans la procédure actuelle de passation des marchés public, l’on ne pouvait pas accuser ceux qui sont allés à un dépouillement d’avoir sélectionné ou présélectionné les entreprises qu’on devrait savoir au niveau de ceux que nous appelons dans le jargon " maîtres d’ouvrage ", les autorités contractantes et par rapport au dossier qu’on ne pouvait pas les accuser. Mieux, nous avions dit que s’il y avait une collusion c’est-à-dire si des travailleurs étaient en contact avec les entreprises, il fallait alors chercher parmi les trois maîtres d’ouvrage qui ont donné la liste de ces entreprises.

 

Donc je vais dire seulement à ces fonctionnaires puisque eux aussi ils cherchent nos noms, ils connaissent le nom des secrétaires généraux qui sont à cette tribune, Cyriaque Agboton, nous aurions bien voulu qu’il soit là pour faire sa contre marche parce qu’il faut que nous aussi nous le connaissions.

 

Et j’avoue et je dis que cela ne sera pas comme avant dans les taudis, on ne poursuivra pas. On ne va pas nous contraindre à l’exile. PLM Alédjo, moi je sais que je n’irai plus, Ségbana je n’irai plus et je compte sur vous les travailleurs. Nous comptons sur les secrétaires généraux. A partir d’aujourd’hui partout où vous êtes, vous êtes des messagers. Nous avons aussi la possibilité d’investir nos quartiers, nos villages pour porter notre part de vérité.

 

Lorsque le président dit que le dossier de la Cen-Sad est confié à une commission et que nous devons attendre que la commission termine avant de parler de la Cen-Sad, que cherche Lambert Koty sur les chaînes, tirs croisés pour donner son point de vue et se justifier ? Pourquoi lui il en parle, nos chaînes parlent de la Cen-Sad et qu’on refuse aux travailleurs d’en parler aussi ?

 

Nous nous connaissons, nous devons les dénoncer, nous ne devons pas avoir peur. Je sais que ce matin, la peur a gagné certains travailleurs quand ils étaient à l’étoile rouge. C’est vrai, ils n’étaient pas préparés que le pays allait être investi ce matin comme cela. Ils ne savaient pas qu’on allait trouver ceux là à qui l’Etat achète des tenues dont ils ne connaissent pas le prix.

 

Nous sommes en mesure, nous au ministère des Finances de donner la réalité au point de vue des dépenses dans notre pays. Le chef de l’Etat était surpris lorsqu’on lui a dit que les gants coûteraient 90.000F la paire. Il dit qu’on lui a dit que son directeur de cabinet militaire était lui-même au courant et qu’il l’a appelé mais qu’ils ont parlé et il a oublié de lui poser la question.

 

Et quand il est parti, il s’est dit ce Monsieur se reproche quelque chose alors il l’a rappelé : " Il semble que vous avez achetez des paires de gant à 90.000 et des imperméables à 400.000F " ? Et au directeur de cabinet militaire de lui répondre que : " c’est stratégique. Et que ce sont des dépenses de sécurité qu’on ne peut pas mettre sur le marché ". Et au président de la République d’insister : " Mais vous aussi, comment vous pouvez acheter une paire de gant à 90.000F " ? Et au chef de l’Etat de conclure que : " vous voyez que moi-même je ne suis pas au courant ". Il n’est jamais au courant de rien. Cependant, il a ajouté qu’il assume donc, qu’il assume jusqu’au bout. "



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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