24 août 2009
Gouvernement béninois: De nouvelles raisons du report du remaniement
Le suspense va durer encore quelques jours pour ne pas dire une ou deux semaines minimum avant l’effectivité du prochain remaniement du gouvernement du président Yayi Boni. Alors qu’on l’a annoncé pour les heures à venir, certaines difficultés sont apparues et obligent le premier Magistrat à repousser et pour des jours encore la constitution de sa nouvelle équipe gouvernementale.
Il y a au moins trois raisons qui empêchent pour l’instant le président Yayi Boni de former sa quatrième équipe gouvernementale. Celle qui doit le conduire visiblement aux échéances présidentielles de 2011. Selon des sources crédibles, c’est surtout cette considération qui serait à la base du retard qu’accuse le président Yayi Boni pour rendre public les noms des ministres qui vont l’accompagner dans cette aventure. Il s’agit en effet d’une équipe de ’’guerre’’, des personnalités reconnues pour leur qualité politique, leur capacité à drainer le monde et assez propre pour faire face aux attaques des adversaires du Changement. Pour trouver ces oiseaux rares, le président Yayi Boni a besoin d’une certaine sérénité, d’un certain doigté, de la patience nécessaire mais et aussi et surtout du grand flair pour s’éviter des pièges. Parce que 2011 ne sera pas facile à gérer avec les multiples difficultés de ces dernières semaines, le dossier Cen-Sad qui continue de susciter encore des réactions et les clivages politiques au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Et au fur et à mesure que les jours avancent, de nouvelles difficultés apparaissent. Avec des complications dans le septentrion où il entend faire ses meilleurs scores. Dans les départements du Borgou et de l’Alibori en premier, les espoirs s’effritent déjà trop malgré les multiples déplacements du chef de l’Etat dans la région et les meetings à n’en plus finir de certains de ses proches. A Parakou qui devrait être son premier fief, trois ou quatre grandes forces politiques sont à pied d’œuvre pour affronter les Fcbe dont le nombre se réduit au fil du temps. C’est d’abord et avant tout certains ténors du G 13 qui commencent par se réconforter après la démission de l’honorable Rachidi Gbadamassi. A côté il y a les partisans du potentiel candidat Abdoulaye Bio Tchané qui gagnent du terrain et agissent déjà à visage découvert. Et dans un élan révolutionnaire, le groupe Force espoir tend toujours à marquer son terrain. A tout ceux-ci vient s’ajouter le Rassemblement des démocrates indépendants (Rdi Anfanni) du député Samou Séïdou Adambi qui est né, dit-on, avec des dents et fera bien mal si rien n’est fait au sommet de l’Etat pour revoir ses relations avec les ténors de cette formation politique de gens déçus du Changement. Ce sont ces groupes politiques hostiles au Changement qui discutent d’ailleurs les deux départements avec les Fcbe. De l’autre côté de la Donga et de l’Atacora, la situation semble plutôt critique pour le chef de l’Etat. C’est en effet des hostilités à Kopargo avec Assan Séïbou, à Kouandé où le roi paraît très fâché du fait du traitement réservé à Mme Clémence Yimbéré Dansou lors de l’élection du président de la Haute cour de justice. A Djougou, Ouaké, Sèmèrè et autres, c’est le phénomène Bio Tchané qui tend à ravir la vedette aux Fcbe. Autant de situation qui oblige de longues réflexions pour le président Yayi Boni avant de prendre une décision. Face à tous ces problèmes d’ailleurs, il a dû renoncer le week-end écoulé à la visite aux siens de Djougou.
La prolongation des congés de ses ministres
Le quatrième remaniement du gouvernement ne sera pas possible de sitôt parce que les ministres doivent prolonger leur congé gouvernemental. Et en profiter pour faire la propagande politique au président Yayi Boni et continuer à préparer l’opinion publique au vote de 2011. De son côté, lui-même devra, dit-on, poursuivre ses concertations avec ses adversaires qu’il tient à enrôler dans cette nouvelle équipe gouvernementale. Malgré le refus catégorique des Houézèhouè’’ de faire parti de cette équipe, on apprend que le chef de l’Etat n’a pas déposé les armes. Parce que une franche amitié avec la Renaissance du Bénin est nécessaire pour lui par ces temps qui courent. Pour l’aider à casser le G 4 qui constitue le premier danger pour lui. Pour le conforter au niveau de l’exécutif et pour lui permettre d’avoir l’Assemblée nationale en main. On apprend aussi que des contacts sont en vue ou auraient même commencer en direction de certains députés de l’opposition informelle. Dans le même but de réduire la puissance de ses adversaires qui ont désormais le vent en poupe. C’est après tous ces prises de contacts qu’il pourra se libérer et former le gouvernement tant attendu. Autant de préoccupations qui nécessitent d’abord du temps et un certain nombre de sorties politiques. Et les députés sont sur le terrain La dernière raisin qui ne permet pas un remaniement de sitôt, c’est les députés ne sont pas disponibles. Selon les textes fondamentaux du pays, il faut forcément l’avis consultatif de l’Assemblée nationale avant la validation d’une nouvelle équipe gouvernementale. C’est le bureau qui a besoin de réunir une majorité d’au moins quatre députés avant que le dossier ne soit constitutionnellement acceptable. Mais depuis quelques jours, les députés sont en tournée dans tout le pays pour se mettre à l’écoute de leurs mandants. Ainsi, l’Assemblée nationale est presque fermée actuellement. Ainsi, même si le président Yayi Boni venait à faire maintenant un remaniement, la liste ne pourra pas avoir l’avis consultatif des députés. Alors, il vaut mieux pour lui de continuer ses concertations. Surtout qu’il n’est pas encore prêt. Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)
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