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Afrique: L' Epidémie du K.O

 

20 avril 2011 par richard 

  

 

Goodluck Jonathan restera aux commandes du Nigéria. Selon plusieurs correspondants  de presse étrangère, les organisateurs annoncent que le Président sortant disposerait d’une avance de 22 millions de voix.  » La commission électorale attribuerait environ 12 millions  de suffrages à Muhammadou Buhari « . Comme le petit poussin à sa porte, le  Nigeria offre au monde entier, le K.O présidentiel. La victoire dès le premier tour est désormais la mode. Gagner à tout prix, c’est une manière de concevoir la démocratie tropicale. Le cas du Nigeria n’est pas assez surprenant. La discipline étant déjà un problème pour les pouvoirs publics, la question est de savoir si la démocratie est faisable dans ce pays. La fraude a été pendant longtemps, la règle dans cet Etat fédéral. Il convient de remarquer que le Nigeria a fait un pas sur le chemin périlleux de la démocratie. Par exemple, on a pu noter l’existence d’un fichier électronique. On estime que la liste électorale a été apurée. Si elle n’est pas parfaite, elle ressemble bien à une liste électorale. Le scrutin  selon des observateurs est libre et transparent. Ce n’est pas nouveau. Le langage est connu.
Le vote au Nigéria n’a rien d’extraordinaire. Il ressemble au vote africain. Le repli identitaire  est un facteur dominant. Ainsi, Goodluck Jonathan a régné en maître dans son fief du Sud chrétien. A titre d’illustration, l’Etat d’Akwa lui a accordé 95% des suffrages et celui de Bayelsa, son Etat natal, le score hallucinant de 99,66%. Il en est souvent le cas lors des élections présidentielles en Afrique. En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a mis le paquet dans le nord, en pays baoulé, Bédié a cartonné tandis qu’à l’ouest, Gbagbo a fait le plein, évidemment dès le premier tour de la présidentielle onusienne. C’est un vote qui montre que la notion de Nation est en veilleuse. Les Etats africains ne sont pas encore des Nations mais des juxtapositions de micro-nationalités. Le vote démocratique  permet de décrypter l’état d’une Nation. D’où la nécessité de penser à nouveau la forme de gouvernement qu’il faudra imaginer pour l’Afrique. Cette complexité des Etats d’Afrique justifie l’idée récurrente de formation  de gouvernement d’union nationale  à la fin de processus électoral. Il s’ensuit qu’objectivement, un raz-de- marrée est quasi impossible dès le premier tour.
Le K.O est désormais la règle pour les régimes. Il reste à savoir si le KO n’ouvre pas la voie à la perpétuation au pouvoir. Si les présidents vainqueurs dès le premier tour peuvent respecter les mandats constitutionnels, on peut avancer qu’en fait de K.O, il s’agit d’une régulation pour perdre d’apprécier l’action d’un régime dans le temps. Voilà pourquoi, il m’a semblé nécessaire d’imaginer la possibilité d’un mandat de huit ans non renouvelables jusqu’au moment où tout le peuple africain saura ce qu’est un vote. Et cela passe par l’instruction, l’érection  de structure capable d’accompagner le processus d’instruction des peuples. La France n’a pas construit sa démocratie en 10 ans.  Si l’Afrique veut se démocratiser, il lui faut d’abord une conscience nationale qui passe par l’éducation. De mémoire d’historien, on n’a jamais vu un pays qui s’est développé dans la culture d’autrui. On ne développe pas un pays, un pays se développe. On peut donc comprendre les balbutiements d’une démocratie tropicalisée où la fraude est une vertu et le vol de suffrages appartenant à autrui, un sport. Dès lors, il est juste de replacer Jacques Chirac dans l’histoire : l’Afrique n’est pas mure pour la démocratie. Et pour cause, la conscience nationale est quasi inexistante. Il n’y a pas un élan nationaliste. Les dirigeants africains se comportent comme des Chefs de tribu, vendent les richesses du pays pour des pacotilles (source diplomatique ayant requis l’anonymat). La situation est catastrophique dans l’espace francophone. En fait de chefs, nous avons des gouverneurs délégués d’outre-mer, que la métropole installe soit par K.O institutionnel, soit par les armes sous le couvert de résolution des Nations Unies. L’Afrique n’est pas seulement mal partie, elle condamnée à être esclave à cause des  » aveugles  » qui lui indiquent le chemin de la perdition, par voie  » démocratique « .

Herbert Houngnibo



 
 
 
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Tag(s) : #Politique Africaine
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