26 octobre 2009
26 Octobre 1972 : Il y a 37ans que le « Kaméléon » entrait dans l’histoire
Il y a de cela 37 ans , qu’un groupe d’officiers de l’armée a porté au pouvoir , à la suite d’un coup de force , le Gouvernement militaire révolutionnaire (Gmr) avec à sa tête , le chef de bataillon Mathieu Kérékou. Ainsi par le 10ème coup d’Etat enregistré depuis 1960, l’armée décida de mettre un terme au triumvirat Maga-Ahomadégbé-Apithy pour diriger le pays du Conseil présidentiel baptisé « le monstre à trois tête ».
Le coup d’Etat du 26 octobre 1972 était dirigé de mains de maître par de jeunes officiers de l’armée qui avaient pour nom Janvier Assogba, et Feus Michel Aikpé et Michel Alladayè. Ils ont a bouté hors de la scène politique les trois anciens leaders dont le président Ahomadégbé qui n’aura dirigé le pays que pendant six mois, alors qu’il a succédé à Maga, pour un mandat de 3 ans. Aussitôt installés, les membres du gouvernement militaire révolutionnaire proclament un mois plus tard, le 30 novembre 1972, un discours programme qui tenait lieu projet de société. Occasion pour le commandant Kérékou de prendre de nouvelles couleurs en déclarant « la branche ne se cassera pas dans les bras du caméléon » Deux ans plus tard, intervint le coup d’accélérateur qui balisa le terrain pour un régime dirigiste sans partage. Il s’agit de la proclamation du marxisme- léninisme comme idéologie.
Le 30 novembre 1975 le changement de dénomination du pays en République populaire du Bénin avec changement de drapeau et la création du Parti de la révolutionnaire populaire du Bénin (Prpb). Le système Kérékou résistera aux multiples coups d’Etat fomentés « par l’impérialisme international » dont l’agression du 16 janvier 1977 jusqu’en décembre 1989, où des combats menés tant à l’extérieur et à l’intérieur du territoire national ont contraint le régime Kérékou à courber l’échine en renonçant au Marxisme léninisme comme idéologie en vigueur sur fond de crise économique généralisée à travers le pays. Convaincues du fait que, seule la lutte paye, les forces opposées au régime vont déployer le rouleau compresseur sur le gouvernement et son parti Etat a décidé de la convocation d’une conférence des forces vives de la Nation qui aboutira à l’instauration d’une démocratie pluraliste. Fini donc le mirage de la « société où il ferait bon vivre pour chacun et pour tous ». Ainsi, après 17 années passées au pouvoir, le Kaméléon était contraint de changer de couleurs et de descendre de sa branche. En avril 1991, Mathieu Kérékou a été contraint de laisser le pouvoir à Nicéphore Soglo à qui il succédera cinq années plus tard à l’issue d’une élection en 1996. L’énigmatique général rempilera en 2001 avant de prendre sa retraite politique à partir de 2006.
Ibrahim Y Djibril
Source: LEMATINAL
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