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Marche de l’opposition pour la libération du maire Gnonlonfoun: Ça a tonné à Dangbo hier
 
 

Déclarations de Fikara, de la population et du président du PRD

 

jeudi 8 octobre 2009, par DP Le Grand Journal

 

Les ténors de l’intergroupe G et F étaient dans les rues de Dangbo hier en synergie d’action avec les partisans du détenu politique Clément Gnonlonfoun maintenu abusivement dans les liens de détention par le pouvoir du Changement.


 

 

 

 

Les manifestants ont pris départ devant le petit marché sis à l’entrée de la ville non loin de la rue qui passe devant la collectivité Hounkonnou. Ils étaient environ 6000 personnes à avoir pris d’assaut les artères principales avec pour mode d’action des slogans hostiles au pouvoir en place et relayés en cœur par des citoyens attachés aux principes de paix, du respect des libertés, individuelles, publiques et aux acquis démocratiques.

Au devant de la marche, on pouvait identifier le président Adrien Houngbédji entouré de Fikara, Idji, Kifouly, Sèhouéto, Ahouanvoébla, Gangnito, Badarou, Sossouhounto et autres personnalités. Tous ont pris la direction de la mairie de Dangbo où attendait le premier adjoint du maire incarcéré. Après environ un kilomètre de marche, les branchages en main, ils ont exigé la libération du maire sans oublier de rappeler les abus du pouvoir et les vices de procédure qui entourent le dossier devenu par la force des choses l’évènement politique de l’année et qui illustre à plus d’un titre les harcèlements politiques du pouvoir en place contre les maires de l’opposition.

A destination, c’est-à-dire le point de chute de la marche de protestation, l’honorable Fikara est la première personnalité à avoir pris la parole pour présenter ses félicitations aux manifestants dont il salue la détermination qui selon lui n’est rien d’autre que la compréhension de l’enjeu de la lutte. Il a insisté sur la qualité du maire qui n’autorise pas que le traitement que lui a infligé de force le pouvoir en place. Il a expliqué à ses militants et à ceux des forces politiques qui sont venues le soutenir que le statut du maire exige une procédure spéciale qui le met à l’abri de toute humiliation.

Ensuite, le porte parole des manifestants en personne de Guillaume Hounkonnou a lu la déclaration dont la teneur a porté sur les abus du pouvoir Yayi. La déclaration a listé les cas de harcèlements politiques contre les maires de l’opposition. L’exemple de la commune de Lalo a été cité sans oublier les foyers de tension créés de toutes pièces par les acteurs du Changement en vue d’opposer les fils d’une même localité. Il s’agit de la situation de Ouidah, Savalou, Sèmè-Podji et Avrankou pour ne citer que ces cas.

Le chef de file des leaders des G et F, le président Houngbédji Adrien quant à féliciter à la suite de son allié politique les manifestants. Il a fait savoir que le soleil Yayi ne doit point contraindre les autres citoyens à vivre une vie d’enfer s’ils sont en phase avec les textes qui organisent la Nation. C’est la raison pour laquelle, il fait remarquer que Yayi et ses complices du pouvoir doivent savoir raison garder et comprendre que le soleil une fois levé vers 6 heures se couche à 19 heures. Une manière de dire que chaque chose à son temps et que leur départ s’annonce.

Dans tous les cas, l’affaire Dangbo est à son comble en ce qui concerne les stratégies à mettre en œuvre afin de sortir des liens de détention le maire de la commune de Dangbo relaxé suite à une décision du juge du tribunal de première instance de Porto-Novo mais toujours prisonnier en violation de ladite décision. Les autres jours seront riches en rebondissement si le pouvoir refuse de se conformer à la norme.

Ecrit par Nicase Azomahou

Photo : Population de Dangbo dans les rue

Réaction de Saka Fikara :

" Nous sommes venus ici pour défendre la démocratie et les libertés. Ce qui nous réunit ici, loin de faire entorse à la justice est une manifestation pour la défense des libertés et de la démocratie. Le maire Gnonlonfoun est officier de police judiciaire, les textes de notre pays sont claires là dessus. Et il ne peut être mis en prison comme il l’a été.

La procédure lorsqu’il est en faute est une procédure spéciale. Il ne peut même être jugé par le tribunal de Porto-Novo selon les textes. En faisant comme ils l’ont fait en toute connaissance de cause, ils ont violé les textes de la République. Ils connaissent mieux ces textes qui régissent notre République. S’ils l’ont fait comme ils l’ont, c’est parce qu’ils veulent emprisonner politiquement le maire Clément Gnonlonfoun. C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui pour protester contre et pour exiger la libération du détenu politique Clément Gnonlonfoun. "

Déclaration de la population de la commune de Dangbo

Dans leur volonté forcenée de conserver le pouvoir entre leurs seules mains, Boni Yayi et ses sbires ont décidé d’utiliser la politique du diviser pour régner. Ils ont réussi à opposer nos populations les unes contre les autres. Jamais nous n’avons atteint, en cette ère de renouveau démocratique, une telle cassure. Maintenant, ils s’acharnent, par tous les moyens, à dresser les populations des communes les unes contre les autres.

Il y a quelques mois, ils sont parvenus à voler la clé de Ouidah, en l’absence du maire de la ville, et la remettre, sous caméra, à leur commanditaire. Dans cette manigance cynique, ils ont amené les filles et fils de Ouidah à se battre au couteau, avec mort d’hommes, ce faisant ils ont semé une haine coriace entre les familles de Ouidah. Il y a quelques jours, nous avons entendu avec horreur, le concept de Savalou-Est. Dans quel gouffre veut-on nous conduire ? Pourquoi Yayi Boni et ses complices sèment les graines de la division ? A quand le concept de Tchaourou-Est par exemple ?

Aujourd’hui, c’est Dangbo leur cible, mais Dangbo sera aussi le point de départ d’une résistance farouche aux visées antirépublicaines de Yayi Boni et de ses complices. Ce qui nous réunit en ce jour, c’est un complot ourdi et commandé par les hommes à la solde du pouvoir. Ils ont demandé, par écrit, au ministre chargé de la décentralisation de séparer Houédomey de la commune de Dangbo, de bloquer tous les projets de développement et d’aménagement de Dangbo. Ils ont promis au même ministre de monter des dossiers contre le maire de Dangbo et nous y voici déjà : le maire est retenu dans la prison politique de Yayi Boni et de ses sbires.

Le tribunal de première instance de Porto-Novo se déclare incompétent pour connaître du dossier. Il conclut à la libération du maire. Le procureur de la République reçoit des instructions de Victor Tokpanou, ministre de la justice de maintenir l’innocent en prison ainsi l’atteste la lettre de compte rendu du Procureur général près la cour d’appel de Cotonou à l’adresse du ministre Tokpanou. Nous protestons aujourd’hui parce que les lois de la République sont violées.

1-Clément Gnonlonfoun est un officier de police judiciaire. La procédure qui a abouti à son incarcération par le procureur de la République, près le tribunal de Porto-Novo viole la loi.

2-Son maintien en prison, malgré l’ordre de libération par le juge qui s’est déclaré incompétent est un acte politique du gouvernement de Yayi Boni. On a connu dans l’histoire des exemples de dictature qui ont eu, tout de même de bonnes performances économiques. Dans le cas qui est le nôtre, nous perdons sur tous les tableaux. La gouvernance économique et le rapport au bien public sont un vrai désastre, ainsi le prouve le récent rapport du fonds monétaire international sur la gestion financière des banquiers qui nous dirigent.

Maintenant nos idées sont claires. Nous avons en face de nous un pouvoir politique dangereux, dont il faudra dénoncer les dérives et qu’il faudra combattre de toute énergie. Ce besoin d’accaparement des institutions de contre-pouvoir, de main mise sur la presse et sur la société civile en général est porteur de dangers.

Nous de l’opposition politique sommes engagés dans le combat pour la restauration de la République ; de l’unité nationale et de l’égalité des chances pour tous. Nous mettons le gouvernement et ses agents en garde contre toutes les tentatives d’étouffer notre volonté de bâtir un pays fort et uni.

Nous lançons un appel cordial à tous les dirigeants politiques, à la société civile, aux citoyens de notre pays, hommes et femmes, jeunes et anciens à se joindre à nous pour que dans les jours à venir nous portions le combat à Porto- Novo, puis à Cotonou, si Monsieur Clément Gnonlonfoun n’était pas libéré de la prison politique de Boni Yayi et de ses complices. Chers compatriotes, nous n’avons pas le droit de laisser en héritage à nos enfants un pays frappé par le mal de la division et exposé au risque de confrontation ? Nous devons tous ensemble, du nord au sud, de l’Est à l’Ouest sanctionner le politicien qui déclare en une partie du pays : " Voter le sang " et à propos de l’autre partie du même pays : " Je m’occuperai de leur ventre ". Vive le Bénin !

Déclaration de Me Adrien Houngbédji

" Mes chers sœurs et frères de Dangbo, si j’ai fait le déplacement, c’est pour vous dire que je suis à vos côtés, que je compatis à votre souffrance. Clément Gnonlonfoun est le maire de Dangbo. Il n’est pas le maire du PRD, ni du G13, ni du Madep. Il est le maire de Dangbo et de tous les enfants de Dangbo. Que l’on soit dans son parti politique ou non, il est notre maire. Mais lorsqu’on vient l’arrêter comme un bandit, c’est chacune et chacun de vous qui est injurié. Et cela veut dire qu’on peut prendre à n’importe moment chacun de vous et l’enfermer.

C’est pourquoi nous sommes là aujourd’hui pour protester. Mais je voudrais dire très simplement que le soleil de Boni Yayi est en train de briller aujourd’hui ; et certains de nos frères ont décidé de sécher le linge avec lui. Mais il ne faut pas que parce qu’ils ont de linge à sécher, nous autres sœurs et frères soient dans la chaleur, dans la souffrance, dans les frustrations. Ce que nous voulons ici à Dangbo, c’est que ce soleil qui brille, brille pour tout le monde.

Tout le monde le sait, le soleil se lève le matin à 6 heures et se couche le soir à 19heures. Nous ne voudrions pas que ceux qui profitent de la présence de Yayi pour faire souffrir leur frère, deviennent demain lorsque le soleil va se coucher des prisonniers. Nous ne voulons pas cela. C’est pourquoi nous voulons qu’on reste ensemble. Que se soit le PRD, le Madep, le G13, le MDS, le PSD pour sortir notre frère de la prison. Voilà mon message. C’est une première manifestation. Nous allons continuer la lutte. S’il le faut, nous ferons une marche terrible à Porto-Novo et à Cotonou. Car nous voulons que notre pays soit un pays de liberté, un pays où on respecte les droits de l’homme. Voilà pourquoi je suis venu ici. Je vous remercie. "



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Tag(s) : #EDITORIAL
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