Mardi 17 novembre 2009
Alors que ça gronde un peu partout, Yayi continue de se défouler à travers le pays
Yorou N’GOBI
Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas voir. Aujourd’hui il n’y a pas ce secteur de l’administration béninoise qui ne soit pas touché par les mouvements de débrayage. Les grèves perlées se multiplient et les approches de solutions ne semblent pas être au rendez-vous sinon comment comprendre que l’on en soit encore là, à voir que les grévistes plus que jamais déterminés à faire plier le gouvernement. Au lieu que le chef de l’Etat prenne à bras le corps ce problème, il semble avoir trouvé un autre topo pour se distraire et échapper à ces mouvements de grève qui ont conquis tout le pays. Depuis peu, il ne se passe de semaine sans que le gouvernement Yayi ne trouve une occasion pour s’échapper, pour aller prendre des bains de foule ne serait-ce que pour oublier un tant soit peu ces mouvements contestataires. Les départements du Nord par-ci, le Mono et le Couffo par-là, Yayi sillonne, avec son bâton de pèlerin, tous ces coins pour relooker son image en mal à cause des attaques émanant des G et F. Cette raison semble plus plausible que ce qu’on essaie de faire croire au peuple comme quoi le président est allé au contact des populations afin de s’imprégner de leurs difficultés. Quoi qu’on dise le peuple lui se fait sa petite idée des descentes du chef de l’Etat et elle est différente des raisons avancées par les proches de Yayi. D’aucuns les appelleraient fuite de responsabilités car il y a plus urgent. Les gens sont mécontents de leur conditions de vie et travail qui ne cessent d’aller de mal en pire. Et tant que ce mécontentement va continuer ou tant que les revendications des fonctionnaires resteront sans suite favorable, les actions entreprises par Yayi n’auront pas le même écho partout. C’est à juste titre que l’on évoque l’adage suivant : « ventre affamé n’a point d’oreilles ». Vu les mouvements de grève qui touchent presque tous les ministères, les tournées de Yayi sont mal venues. D’ailleurs, ce que le président Boni Yayi oublie, c’est qu’il a beau voyager, il atterrira un beau jour. Et là, il constatera que ce qu’il a fuit, continue de l’attendre. C’est bizarre que le gouvernement laisse perdurer un tel état de choses car il fait semblant d’ignorer que les mouvements de grèves sont une bombe à retardement. Quand ça va péter, il comprendra que c’est une erreur de reléguer au second plan ces situations de grève ou bien le règlement des revendications des travailleurs. Ce bras de fer qui ne dit pas son nom ne sera dommageable que pour le gouvernement de Bon Yayi qui rêve d’un second mandat. Du côté des centrales et confédérations syndicales, l’heure n’est pas à la détente mais plutôt au durcissement du mouvement. Affaire à suivre !!!
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)