Défense des libertés démocratiques au Bénin
En militarisant la Bourse du travail, dans la journée du 12 octobre 2010, le régime du changement vient de jeter les masques. Et pour sauvegarder les libertés chèrement acquises et ainsi mises à mal, les Centrales syndicales, la Société civile et les forces politiques coalisées se sont constituées hier en un front. A cet effet, la marche avortée sera rééditée en temps utile. Néanmoins, chaque entité est allée à sa façon pour caractériser la situation sociopolitique qui prévaut actuellement au Bénin.
La coupe des dérives du régime du changement est pleine. Tout change, mais de mal en pis. Ainsi donc, pour sauvegarder la démocratie béninoise en danger, les Centrales syndicales, la société civile et les formations politiques de l’Union fait la nation, du G13, de la coalition Abt, le Parti communiste du Bénin (Pcb) et le Nep Mixalodo s’organisent en un front. Pour ces différentes forces vives de la nation, la militarisation de la Bourse du travail, lieu de travail des Centrales syndicales constitue la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Pour Bello Taofick de la coalition Abt, ce qui est arrivé est catastrophique. Le pays est dans le gouffre et les vieux démons ont ressurgi. L’heure pour lui n’a jamais été aussi grave. Les scandales du régime en place se suivent à un rythme vertigineux au point où le gouvernement semble imposer une Lépi taillée sur mesure. La coalition Abt demande au chef de l’Etat de se rendre lui-même aux juridictions compétentes et exige de son gouvernement de retrouver Pierre Dangnivo vivant. Pour avoir trop vu, le parti du Nep Mixalodo ne demande qu’une seule chose au chef de l’Etat : démissionner.
La barbarie du régime décriée
Boni Yayi, selon Sacca Fikara n’a d’expérience politique que celle vue au Togo. C’est pourquoi poursuit-il, l’arme utilisée par son gouvernement n’est autre chose que de l’intimidation. Il en veut pour preuve le service public de l’information (la télévision et la radio) qui est devenu un outil de propagande pour le pouvoir en place. Sacca Fikara a réitéré l’intention des députés de traduire le chef de l’Etat devant la Haute cour de justice pendant ou après la fin de son mandat. " A bas le pouvoir tyrannique" scande Fidèle Quenum du Pcb. Il condamne la barbarie du régime en place et appelle non seulement à une mobilisation plus accrue mais aussi à résister par tous les moyens à ce régime jusqu’à la fin de son mandat. " Ceux qui ont pensé qu’ils pourraient tromper tout le peuple tout le temps se sont trompés " déclare le coordonnateur de l’Un, Idji Kolawolé. Pire, ces derniers pensent selon lui transformer le Bénin en maison d’arrêt pour près de 8 millions d’habitants. A cet effet, une Lépi qui n’enregistre que 30% de la population ne passera pas. Bref, il estime qu’aucun démocrate n’acceptera une Lépi à marche forcée. Il appelle alors à bouter dehors de façon démocratique le premier magistrat du pays. A l’issue des échanges avec les professionnels des médias, les différentes couches sociales présentes à la rencontre ont fait une déclaration. Lire ci-dessous les propos de Idji Kolawolé et la déclaration du Front.
Idji kolawole, coordonateur de l’un
" Le régime actuel sera bouté dehors et de façon démocratique "
" Vous êtes l’épine dorsale de ce pays, c’est vous qui constituez la richesse de ce pays. Et on ne peut rien faire sans vous. Un peuple uni ne peut pas être vaincu. Ce que nous voyons ici ce soir, ces militants des formations politiques, des organisations de la société civile et des centrales syndicales ou de simples patriotes, nous fait penser que ceux qui ont pensé tromper le peuple tout le temps se sont trompés. Ils ne réussiront pas et ne pouvaient pas réussir. Je vous remercie militants de la démocratie, de la sécurité. Ce front qui est en train de se constituer pour que le Bénin reste debout comme nous l’avons rêvé à la conférence nationale et en 2006. Mais il est prouvé que maintenant, nous nous sommes trompés. Nous, à l’Union fait la nation, nous l’avons dit depuis longtemps. Il faut désormais que nous changions de chauffeur. Et nous allons le faire malgré toutes les menaces. Lorsque vous sortez aujourd’hui de votre bureau, on vous dit attention vous allez être enlevés parce qu’il y a des assassins professionnels qui ont été formés et qui vont enlever, tuer, assassiner. Mais cela ne nous réduira pas au silence. Certains rêvent de transformer le pays en une maison d’arrêt de 8 millions d’habitants, ils ne réussiront pas. Je ne voudrais pas rappeler les scandales que les orateurs précédents ont déjà évoqués. Les libertés, j’espère que la pétition du journaliste de l’Ortb, vous la publierez demain à la 1ere page en gros caractères. Nous ne nous sommes pas battus pour arriver à ce que nous avons aujourd’hui. L’Ortb que nous finançons avec notre argent est transformé en organe de propagande pour un certain camp politique. Nous disons non à cela. Et puis, ce pouvoir qui a peur de partir est en train de prendre les mesures dangereuses. Si vous avez sillonné un peu les contrées de l’Ouémé-Plateau, vous allez voir de quelle manière ils sont en train de fabriquer une Lépi pour que le pouvoir actuel se perpétue. Dans aucune commune, on n’a atteint 50% d’enregistrement. Et malgré cela, Mr Bako nous dit que la Lépi va être prête, je la rendrai le 31 décembre 2010. Nous savons tous que si cette Lépi passe, nous deviendrons tous les prisonniers du changement pendant dix ans encore. Cette Lépi ne passera pas. Je le dis pour que la communauté internationale le sache. Nous voulons de la transparence avec un outil fiable. Cette Lépi aux ordres, à marche forcée, nous ne l’acceptons pas. Ça ne passera pas dans l’Ouémé -Plateau. Ce sera prochainement le tour du Littoral et de l’Atlantique, et du Mono et Couffo. Aucun démocrate n’acceptera de cette Lépi. Que la communauté internationale se le tienne pour dit. On nous dit qu’on est prêt à formater un coup d’Etat amical pour que le régime actuel puisse se perpétuer. Et que toutes les dispositions sont prises pour cela. Des armes nouvelles ont été achetées. Mais je sais que les forces armées du Benin sont patriotiques et elles diront non. Elles désobéiront à ces ordres. Le régime actuel sera bouté dehors, mais de façon démocratique. Puisque vous êtes fatigués de cela. J’aurai beaucoup à dire, mais j’ai dit l’essentiel. Vous êtes l’épine dorsale de ce pays ".
14-10-2010, Charles YANSUNNU
Fraternité
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