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En toute sincérité

BENIN: 75% du roi Boni 1er en péril !


Le successeur du Général Mathieu Kérékou propulsé sur le toit du Bénin avec un score éblouissant de 75% achève son mandat en fleuve trop tumultueux. Le plébiscite de 2006 semble s’effriter sous le poids écrasant du temps et se réduit en poussière d’incertitudes à quelques mois d’un nouveau rendez-vous dans les urnes. Du seul pour tous, on tombe dans le seul contre tous. L’exploit évanoui a désormais le souffle de la dégringolade. On s’interroge sur cette descente à la va vite de la marche des escaliers de la gloire pour la remontée de la pente exécrable de l’isolement.

 

Porté au pouvoir en messie, Yayi subit la faillite du capital confiance hérité de sa sublime victoire. Le héros du changement avait génétiquement tout pour se balader dans les sondages et rempiler sans souci, mais en quatre ans il a politiquement déjoué les pronostics élémentaires pour finalement s’exposer à une offensive anti cauri à haut risque. De l’exploit de 2006, Yayi passe à un autre exploit, celui de réunir les ennemis d’hier baptisés Vieille Garde aux chapelles du changement. " Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise". La devise du bloc anti Yayi résume à elle seule le phénomène du seul contre tous. Un destin se joue dans les filets de l’union sacrée.

 

La chance de conserver les fruits du plébiscite et du vaste soutien politique et populaire a été vite gaspillée après une entame flatteuse de mandat et la présence quoique atrophiée de recrues d’alliés du second tour au gouvernement. La Rb eut de rogatons avec l’unique portefeuille de la justice. Le Psd récolte un accessit avec deux postes, l’énergie et les mines pour Jocelyn Dégbey et la jeunesse et les sports aux mains de Théophile Montcho. Le Madep obtient un résidu avec le seul Jean Pierre Babatoundé consolé à l’environnement. Colette Houéto piochée par débauchage laissait abusivement penser à une présence Prd, signe d’ouverture. Son passage fugitif s’est révélé plutôt anecdotique. L’anti yayisme se développe.

 

Les législatives offrent à Yayi l’opportunité d’un nouveau partenariat sur fond de procurations qui propulse dans l’obscurité Mathurin Nago au perchoir. Le G13 constatera le désastre et la perfidie des couloirs. L’affaire de procuration n’aura été qu’un marché de dupe. Floué, ce G13 prend son linceul et garde les séquelles de la félonie du clan cauri. En crise de confiance avec G et F, le pouvoir du changement se coltine des transfuges comme Kindjanhoundé et son Udd Wologuèdè petitement monté par le député Rb menacé de passer à la correctionnelle pour faute à la Rb. Yayi ramasse, dans la foulée des nuées politiques, Isidore Gnonlonfoun et le joyeux maire de Sèmè, Mathias Gbèdan. Le recours à la pratique du débauchage haut de gamme dans la guérilla anti Yayi a permis les essais de sauvetage Abiola , Aguiar cherchés dans la basse cour du Madep ou Bernard Lani Davo un lieutenant de la dissidence au Psd recruté pour la propagande.

La rupture avec les leaders incontestés de la classe politique met au soleil la volonté du chef de l’Etat de supprimer tout intermédiaire entre les populations et le pouvoir du changement. L’expérimentation de ce style de gouvernance, au laboratoire de l’exclusion politique, de la marginalisation de ce qui est qualifié de Vieille classe politique, vire au cauchemar avec une menace réelle d’évaporation des 75% élogieux de mars 2006. On se hâte de faire du populisme, un baromètre de popularité en misant sur un contact à impact électoral. Mais prévient l’artiste comique et acteur français, Michel Coluche " la popularité, c’est comme le parfum. Un peu c’est agréable. Faut pas tomber dans le bocal, sinon ça devient une odeur. On la trimbale partout".

 

Et Boni Yayi dans le style politique du changement est méthodiquement et logiquement parvenu à perdre la majorité à l’Assemblée nationale et court vainement pour retrouver ce bien politique dilapidé. Les 75% sont en péril sous le cyclone dévastateur de l’anti yayisme viscéral. Seul avec Fcbe et autres comiques opportunistes, le leader du changement tentera de sauver les meubles en 2011. Il ne reste que quelque cinq mois, pour tenir à nouveau l’affiche. Seul contre ses anciens alliés du second tour de mars 2006 et les syndicats. Seul contre tous. Les paris sont ouverts sur l’avenir des fameux 75%.



19-10-2010, Sulpice O. GBAGUIDI



 
 
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Tag(s) : #EDITORIAL
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