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30 novembre 2009


A l’occasion de son 75ème anniversaire de naissance: Soglo accepte le pardon de Houngbédji



Invité autour d’un déjeuner à l’occasion du 75ème anniversaire du maire de Cotonou, le président du Parti du renouveau démocratique a offert à l’heureux du jour, le plus beau cadeau de l’évènement. Il a reconnu lui avoir fait du mal en contribuant personnellement à son départ du pouvoir en 1996. Offense pour laquelle, Me Adrien Houngbédji a demandé pardon hier à sa victime. « Il n’y a pas d’avenir sans pardon », a répondu l’ancien président de la République à son « bourreau et ennemi » d’hier. Nicéphore Soglo et Adrien Houngbédji viennent certainement de tourner une triste page de leur histoire politique.


« Monsieur le Président, votre passage aux affaires a été marqué par la bonne gouvernance, la démocratie et le rayonnement international de notre cher pays le Bénin. Sur ces trois points, le régime dit du Changement a manifesté de graves lacunes. Je dois avouer ne pas toujours avoir été à vos côtés par le passé. Certaines de nos campagnes électorales ont été tumultueuses. J’ai été je l’avoue fébrile et inquiet et j’ai manqué de confiance et de perspectives face aux soubresauts. Monh souci était de préserver les miens et leurs acquis : de ce souci découlèrent mes choix. Je ne voulais pas faire du mal. Mais puisque j’ai fait mal j’en demande pardon. Votre invitation est le signe manifeste de votre volonté de réconciliation… ». Ces propos illustrent l’esprit de repentance qui semble avoir gagné le leader des choco choco, plus de 13 ans après avoir combattu et contribué à chasser le président Nicéphore Soglo du pouvoir. Ce message délivré explique, selon son auteur la reconnaissance de son péché, le fait d’avoir fait du mal en 1996 à l’homme de la situation. Aujourd’hui, il s’en repent à l’occasion d’un déjeuner partagé dans l’intimité familiale du couple Soglo pour célébrer les 75 ans de l’ancien président de la République du Bénin et actuel maire de Cotonou Nicéphore Soglo.

 

Dans l’intimité des Soglo

 

Hier dimanche 29 novembre 2009, dans le cercle très fermé des invités, où on ne comptait que deux proches du couple qui connaissent la maison, à savoir le bras droit de Rosine, Ange-Marie Leroux, député à l’Assemblée nationale, et Kakpo Tozo, directeur de cabinet de l’heureux du jour et son très vieil ami, il y avait Me Adrien Houngbédji et son épouse. Vraisemblablement, le leader des choco-choco était invité par le maître orchestre de la famille Soglo, Léhadi. Un geste d’amitié certes. L’invité était si précieux que son retard au festin familial n’a pas grippé la belle symphonie de réconciliation qu’on pouvait noter à cette occasion. Bouquet de fleurs et cadeaux sous les bras, le couple Houngbédji fait son apparition à 14h30mn. Un remue-ménage annonce son arrivée. Dehors, les objectifs des cameras se déchaînent sur l’homme. Descendu du véhicule, il distribue quelques mots d’amabilité à la presse avant de franchir le portillon du domicile du maire. A l‘intérieur, une petite agitation signale que les premiers invités ont pris position autour de la table. Léhadi, qui était dans son rôle de chef d’orchestre, est venu les accueillir avant de les introduire au séjour, puis la porte se ferme après eux. Les quelques journalistes présents, déjà lassés par le retard considérable qu’a connu le démarrage de la cérémonie, devront patienter encore longtemps avant de savoir quel était le véritable but de la présence de Adrien Houngbédji chez les Soglo, à cette occasion aussi exceptionnelle. Plus de dix minutes après, seuls les cadreurs des chaînes de télévision et une poignée de journalistes ont été priés de venir enregistrer. Les autres attendront encore. Visiblement, les organisateurs craignaient des questions curieuses et pertinentes qui pourraient être posées aux acteurs de cette réconciliation, et de fait déboucheront sans nul doute sur des réponses superficielles, qui n’auraient peut-être pas la puissance et le verbe nécessaires pour montrer la repentance de Me Adrien Houngbédji. Cet ennemi et bourreau de l’ancien chef de l’Etat du Bénin (1991-1996) est-il l’inspirateur de la réconciliation ? Quel sera son effet sur les ressentiments nés chez les inconditionnels de Nicéphore Soglo ? Ce geste du leader des choco choco va-t-il au-delà du pardon que l’ancien président de la République avait accordé à ses bourreaux de la même époque, dont Me Adrien Houngbédji, les 27 et 28 novembre 2008 à Abomey et Bohicon ? Quel est le sens des doigts qu’ils avaient tous apposés sur les trous de la jarre du roi Guézo ? Le premiers propos pour dissiper les inquiétudes proviennent de l’heureux du jour. « Le Président Adrien Houngbédji a fait il y a quelques instants une allocution marquée par une volonté de rassemblement. Quand Toffa et Béhanzin se divisent alors le pays va à sa perte. Il n’y a qu’avec l’Union que nous pouvons tirer notre nation vers le haut. L’acte que vient de poser Adrien Houngbédji est très important. S’il y a des trous dans la jarre de Guezo, il faut en prendre conscience. Oui rassemblons nous. On ne peut bâtir l’avenir sans cicatriser les plaies du passé. Il n’y a pas d’avenir sans pardon. Je le remercie de même que son épouse d’avoir accepté de partager ce repas de la fraternité et de la réconciliation de notre nation. Nous espérons mener à bien tout cela avec l’aide de Dieu.. », telle est la réaction du leader charismatique de la Renaissance du Bénin. Après Nicéphore Soglo, c’est Léhadi qui semble avoir reconnu que les propos de Adrien Houngbédji sont sincères. L’évènement est historique, commente le premier adjoint au maire de Cotonou. « Le président Nicéphore Soglo aime notre pays par dessus tout. Je voudrais le remercier d’avoir accepté ce pardon. Le président Soglo demande à son électorat de nous rejoindre dans ce processus de pardon et de réconciliation. Je suis sûr que l’alternance aura lieu en 2011. Lorsqu’il y a une volonté, il y a un chemin.. » a confié Lehadi Soglo.

 

Comment réparer l’irréparable ?

 

Des déclarations qui expriment de part et d’autre, le souci d’aller à l’union et surtout d’oublier le passé. La conviction est partagée, mais cela ne saurait réparer l’irréparable qui est fait aux Soglo. Ce qui s’était passé a sans doute changé le destin d’une Nation, donc ce n’est pas qu’à Nicéphore Soglo que le tort est fait. C’est tout un peuple. Il n’est pas question de montrer le chemin à Adrien Houngbédji d’aller demander aussi pardon à tous ceux-là qui croyaient en Soglo et qui voyaient en lui le profil de bâtisseur. Ce n’est pas non plus pour lui ouvrir les yeux afin qu’il voit de près quelle influence son geste peut avoir sur le combat que l’Union fait la Nation mène depuis un moment. Car, d’entrée il a reconnu que la bonne gouvernance, la démocratie et le rayonnement international caractérisaient le régime de Nicéphore Soglo. Ce qu’il n’avait pas reconnu et qui par extraordinaire, feraient encore aujourd’hui partie des inexistants sous l’actuel gouvernement. Il se fait qu’on constate qu’exprimer ses regrets fait apparaître les faux péchés dont on avait accusé l’ « ennemi ». A partir de ce moment il faut se poser la question de savoir si les arguments brandis contre le gouvernement de Changement pour appeler le peuple à opérer l‘alternance en 2011, ne seront pas reconnus plus tard comme qualités et avancées capitalisées par Yayi Boni, s’il advenait que le changement ait lieu. L’irréparable serait déjà fait. Il est peut-être aussi vrai que la bonne gouvernance, la démocratie et le rayonnement international constituent des domaines dans lesquels l’équipe au pouvoir manifeste de graves lacunes. Mais le peuple ayant déjà vu que ce qu’on reprochait à Nicéphore Soglo n’en était vraiment pas un, va mal accueillir ces slogans. En restant dans le contexte d’hier entre la victime et le bourreau, il y a lieu de montrer qu’il leur sera difficile d’entraîner tous ceux qui ont été marqués par le départ de Nicéphore Soglo en 1996, dans leur dynamique et dans le sillage d’un processus de réconciliation. Car, au-delà du poids qu’ils constituent chacun au sein de leur parti, il faut voir comment ils pourront-ils consoler les inconditionnels de la Rb et les fanatiques du maire de Cotonou, qui jusqu’à présent n’ont pas digéré le départ de leur leader. Selon eux le pardon et la réconciliation entre Nicéphore Soglo et Adrien Houngbédji doivent produire des fruits auxquels ils se disent avoir droit pour oublier les déboires de 1996. Ils savent que si Adrien Houngbédji demande pardon, c’est parce qu’il a une idée derrière la tête, surtout dans la perspective des prochaine joutes électorales où il sera question de candidature unique au sein des G et F. Or, dans les milieux très favorables à la Rb, les militants pensent que pour réparer le tort et l’irréparable, l’Union fait la Nation doit porter son choix sur Léhadi Soglo. L’intéressé voit certainement les choses de la même manière. A l’occasion de la visite de Adrien Houngbédji chez les Soglo, son papa lui a rendu hommage pour le rôle qu’il a joué dans la création de l’Union. Pour Adrien Houngbédji, c’est le dauphin de Nicéphore Soglo et il a été, et est l’artisan infatigable de la concrétisation de la pensée politique de son père, reconnu comme étant celui qui a vu juste en pensant à la création de l’Union fait la nation.

FN

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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