4 décembre 2009
Bénin: Andoche Amégnissè demande l’asile politique
Le professeur Andoche Amégnissè, leader de l’opposition radicale Tout sauf Yayi Boni en 2011 (Tsyb-2011) craint désormais pour sa sécurité et celle de sa famille. Selon lui, à cause de sa position d’opposant au régime du Changement, il est menacé de toute part, à travers des assignations en justice et des coups de fil anonymes. C’est pourquoi, à travers une correspondance aux ambassadeurs de France et des Etats-Unis, il demande l’asile politique pour sa femme et ses enfants.
(Lire l’intégralité de la lettre).
Cotonou, le 1er décembre 2009
A
Leurs Excellences
Monsieur l’Ambassadeur de France,
Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin.
Objet : les menaces qui pèsent sur ma famille et demande d’asile politique pour ma femme et mes enfants.
Excellences Messieurs les Ambassadeurs,
J’ai l’honneur d’informer à travers vous, la communauté internationale sur les menaces de plus en plus sérieuses, parce que de plus en plus persistantes, qui pèsent sur ma famille du fait de mes opinions politiques, de ma qualité de leader de l’opposition radicale tout sauf Yayi Boni en 2011 (Tsyb-2011) ; et des critiques qu’en cette qualité, je nourris envers le Chef de l’Etat et son gouvernement afin de les obliger à rectifier la mauvaise gouvernance et les dérives de leur pouvoir.
Le jeudi 26 novembre 2009 au petit matin, de retour de Lomé ou j’étais la veille avec des membres de l’opposition Tsyb-2011 pour une rencontre d’échange et de concertation avec notre compatriote Président de la Boad Monsieur Abdoulaye Bio Tchané, j’ai trouvé sur ma table deux citations à comparaitre devant le Tribunal de Première Instance de Cotonou et délivrées par Me Octave Brice Topanou, neveu de M. Victor Topanou, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux dans le gouvernement du Président Yayi Boni et une des personnalités par l’intermédiaire de qui, le Chef de l’Etat a déjà tenté en vain de me corrompre les deux citations à comparaître, l’une pour le vendredi 04 décembre 2009 et l’autre le mercredi 09 décembre 2009, portent sur la parution n° 0010 du périodique Journal homme et femme, bulletin d’information de l’opposition radicale Tsyb 2011.
Il m’est reproché dans ce numéro d’avoir publié une photo ainsi que deux articles en des termes dits de mépris et des expressions dites outrageantes qui porteraient atteintes à l’honneur et à la considération du Président de la République. Interrogé par la presse et les médias sur l’attitude que j’entends adopter face à cette nouvelle cabale judiciaire, j’ai clairement exprimé mon intention de me présenter devant le tribunal en répondant à chacune des assignations pour faire connaître la vérité à travers des révélations. Nous en étions là quand le lundi 30 novembre 2009 à 12h55 j’ai reçu une troisième citation à comparaître au sujet du même périodique n° 0010, et cette fois pour le mercredi 16 décembre 2009.
A cette abondance de citations à comparaître qui me sont, curieusement, adressées à la requête du même Procureur de la République et qui constituent déjà un motif d’inquiétude eu égard à la fréquence qui témoigne d’un acharnement judiciaire orchestré à la demande du Chef de l’Etat et de son gouvernement dont je combats les mauvaises pratiques, s’ajoutent des coups de fil anonymes avec des numéros masqués ou des personnes non identifiables profèrent des menaces de mort contre ma famille et moi-même. Excellences Messieurs les Ambassadeurs, je me retrouve ainsi dans le collimateur d’un pouvoir qui semble déterminé à me régler des comptes et qui fait peser de sérieuses menaces face auxquelles ma famille est totalement vulnérable et sans aucune protection. C’est pourquoi, je viens très respectueusement solliciter à titre humanitaire auprès de vos pays et leurs gouvernements, l’asile politique pour mon épouse et mes enfants tant que les menaces de mort persisteraient. Moi-même étant sous le coup des poursuites judiciaires et préférant rester dans mon pays malgré les risques qui en découlent et surtout afin de ne pas donner à mes persécuteurs l’occasion de me pourchasser pour délit de fuite, mon appel au secours est uniquement lancé en faveur de ma famille aujourd’hui, dans une situation de détresse. Veuillez agréer, Excellences Messieurs les Ambassadeurs, ma très haute et respectueuse considération.
Professeur Andoche Amegnisse
Leader de l’opposition Tsyb-2011.
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