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15-06-2010
Cessation de paiement à ICC Services: Le gouvernement joue avec une bombe sociale
 

Les cumulo nimbus se sont formés dans le ciel béninois et dans peu de temps, le tonnerre va gronder sur le plan social. Et cette tempête sera dure et même aux conséquences plus néfastes que celles de la marée noire actuellement en cours aux Etats-Unis. En fait, de quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une question que le gouvernement feint d’ignorer et qui finira par le rattraper dans les prochains jours. En réalité, la situation qui prévaut entre l’Ong Icc Services et les épargnants béninois est des plus explosives et ça peut dégénérer à tout moment. Tenez ! Icc Services qui se retrouve actuellement en situation de quasi cessation de paiements, est une Ong qui a collecté l’épargne des populations béninoises, plusieurs dizaines de milliards de Francs Cfa en leur promettant des rémunérations astronomiques.

 

Les faits remontent à 2007, où un groupe de Béninois se réclamant de l’Eglise du Christianisme Céleste débarque au pays, collecte l’épargne de leurs concitoyens en les rétribuant à des taux d’intérêts ahurissants, de quoi faire fuir le banquier le moins regardant. La mayonnaise a pris. Le bouche à oreille a fonctionné et les citoyens, ne sachant pas que l’Etat avait failli à sa mission de les protéger, ont cru à la légalité de ce nouveau business. Les malheureux déposants, assez fous pour croire que leur propre gouvernement avait fait son travail de surveillance, ont confié à ces marchands d’illusion toutes leurs économies. Plus grave, certains se sont endettés auprès des banques primaires pour placer cet argent auprès de Icc services. Pendant ce temps, l’Etat a tout vu, a tout su et a tout laissé faire.

Aujourd’hui, l’affaire du siècle tourne au vinaigre. Les citoyens, assez incultes pour croire qu’il y avait un " repas gratuit ", qu’ils pouvaient toucher des intérêts plus élevés sans risque, se retrouvent aujourd’hui en culotte de bain. Avec pour garantie, un simple papier manuscrit que l’Ong leur a remis en contre-partie de l’argent déposé. On a du mal à voir comment le gouvernement a pu se taire sur cette escroquerie du siècle. Si nous convenons de ce que le Chef de l’Etat Boni Yayi et son ministre d’Etat, chargé du développement Pascal Irené Koupaki sont des banquiers de renom, on est en droit de se demander comment ils n’ont pas pu être inquiets des activités de Icc Services, si inquiets qu’ils auraient été obligés de tirer la sonnette d’alarme. A ce jour, il n’est que les vendeurs de rêve, c’est-à-dire Icc Services et ses agents qui s’efforcent de répandre l’optimisme et d’annoncer la reprise prochaine des paiements alors même que le feu est passé au rouge depuis longtemps. Curieusement, le gouvernement béninois adopte dans ce dossier une politique de singe... qui n’entend rien, ne dit rien, ne comprend rien. Mais pour combien de temps encore cette politique va-t-elle prospérer ?

 

Lorsque les populations se rendront compte que leur épargne est partie en fumée, personne ne pourra les empêcher de manifester bruyamment leur colère dans les rues. La sécurité publique et la quiétude des populations seront menacées. Le gouvernement ne pourra plus utiliser la force pour réprimer les manifestations d’envergure. D’ailleurs, que pourra la force devant les concitoyens ayant perdu l’épargne de toute une vie ? Pour calmer la furie en perspective, il faudra tout au moins leur rembourser leurs avoirs déposés. Et c’est la grande question. Qui paiera la facture ? Est-ce Icc Services devenu insolvable ou l’Etat béninois qui aura été rattrapé dans sa politique de ne rien voir ? Ce n’est qu’une question de jour. La vérité peut durer au champ mais elle finit toujours par regagner la maison. Le problème Icc se posera très bientôt !

 

Malick LARRY

  

Source: FRATERNITE

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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