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BENIN: Chasse à l’homme à Cotonou hier (Plusieurs marcheurs blessés)

 

 

22 février 2011 par richard 

  

Vendredi dernier comme hier, l’UN et les exclus de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) ont été bloqués dans leur marche sur la Cour constitutionnelle. Les forces de l’ordre leurs ont barré les issues menant à Robert Dossou, la cible. Elles ont été plus fortes, au grand dam des marcheurs parmi lesquelles l’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo.

 


 


 

 
 

 

Cotonou a connu son intifada hier. Jet de pierre contre jet de gaz lacrymogène. Il y a eu affrontements entre marcheurs et forces de l’ordre ce lundi dans les environs de la Cour constitutionnelle. Une Cour vers laquelle les ténors de l’Union fait la Nation et des exclus de la Liste électorale permanente informatisée ont entrepris une marche pour aller réclamer le droit de vote de tous les Béninois et de toutes les Béninoises. Nous avons entrepris une marche pacifique, calme, festive, dansante, joyeuse vers la Cour constitutionnelle, juste pour aller dire au président Robert Dossou de prendre en compte les 1.300.000 béninois et béninoises qui ne pourront pas voter le 6 mars prochain, faute des lacunes de la Lépi, a fait savoir l’honorable Idji Kolawolé. Mais, a-t-il poursuivi, ce sont des forces armées lourdement armées qui nous ont empêchés d’y aller. En effet, la volonté d’accéder à la Cour constitutionnelle des ténors de l’UN, d’autres hommes politiques, notamment Wallis Zoumarou et des populations vexées parce que non prises en compte par la Lépi, et la détermination des forces de l’ordre de les en empêcher, a tourné à une chasse à l’homme aux abords immédiats du siège de l’institution présidée par Robert Dossou. La police, surtout, a pourchassé et arrêté des marcheurs décidés à atteindre leur but. La situation était confuse. C’était presque la débandade. Les marcheurs venaient de tous les sens. Ce qui a obligé le dispositif de sécurité à demander du renfort. «Nous venons d’apprendre qu’en plus des policiers qui se trouvent déjà nombreux ici, un renfort est demandé. Autrement, les forces de l’ordre seront plus nombreuses que les marcheurs, avait renseigné, lors des manifestations, l’honorable Kolawolé. Car, entre temps, les marches venaient de toute part. En effet, la forte mobilisation des sans voix, des militants et sympathisants de l’UN autour des responsables de l’UN, pour dire non à l’exclusion de plus d’un million 300M personnes de la Lépi est partie de plusieurs endroits. Plusieurs vagues successives dont la principale vague est partie de l’Unafrica et les autres affluents d’Akpakpa et autres.

 

Deux fronts ouverts

 

La vague de l’Unafrica, avec une marrée humaine, a marché malgré le chaud soleil, jusqu’à la Cour constitutionnelle pour protester contre la Lépi qu’elle qualifie par eux de partisane. Une marche marquée par des chants, danses, cris sur tout le tronçon Unafrica-Cour Constitutionnelle. A la cour constitutionnelle, les marcheurs se sont heurtés à des barrières rigides de forces de l’ordre. D’autres militants courageux se sont même déplacés avec des nattes pour la circonstance afin de camper devant la Cour. Mais une fois nez à nez avec les forces de l’ordre, ils ont rebroussé chemin. La vague d’Akpakpa, avec à sa tête Atao Hinnouho, a connu le même sort que celle de l’Unafrica. La riposte a été nette et foudroyante. Les marcheurs d’Akpakpa ont été violemment dispersés par les hommes en uniforme postés à Ganhi, devant la Direction générale de Bénin Télécoms Sa, à deux pas de la sureté. Ce fut une véritable chasse à l’homme : des jets de gaz lacrymogènes, des bastonnades et échauffourées de toutes sortes, etc…Résultat : plusieurs blessés, dont M. Atao, des brimades et autres agressions physiques. Une demi-douzaine de boitiers de gaz lacrymogènes collectés sur les lieux. Des preuves brandies par les marcheurs pour confondre le commissaire qui a – au cours de la journée d’hier – nié cette réalité des choses. A préciser que tout cela se passait au moment où le Président Nicéphore Dieudonné Soglo dénonçait du haut d’un escarbot les dysfonctionnements et les dérives graves dans lesquelles le régime Yayi et la Cps/Lépi dirigée par Arifari Bako versent de plus en plus. Finalement, le président Robert Dossou n’est pas sorti. Une fois encore, les sages de la Cour, notamment son président, Me Robert Dossou, n’a pas daigné sortir pour écouter les manifestants. Ces derniers ont dû replier après le discours du président Soglo et promettent de revenir maintes fois s’il le faut, afin de se faire entendre. Etaient présents dans la foule les Présidents de l’UN – Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Nicéphore Soglo, Rosine Vieira Soglo, Kolawolé Idji, Léhady Soglo, Lazare Sèhouéto, Dansou Dossa etc – et de nombreux honorables députés à l’Assemblée nationale dont Fikara Saka, Timothée Gbèdiga, Ibatou Sani Glèlè. Il y avait aussi les chefs d’arrondissement et chefs quartiers de la ville de Cotonou et des milliers de militants et sympathisants de l’UN, notamment ceux qui sont exclus du processus électoral en préparation. La tension est plus que jamais palpable. Elle est même déjà à fleur de peau. Et pour l’honorable Idji Kolawolé, la démocratie béninoise recule.

 

Quelques déclarations

Dansou Dossou :

 

«Le président de la Cour constitutionnelle ne peut pas prendre une décision de faire changer les secrétaires parlementaires. Robert Dossou le sait bien et pourtant lui et sa Cour l’ont décidé et l’imposent. Alors, nous voulons lui dire non ».

 

Antoine Idji Kolawolé : «La démocratie béninoise recule. Nous avons entrepris une marche pacifique, joueuse, festive, dansante mais ils nous ont envoyé les forces de l’ordre lourdement armées. Il faut sauver la démocratie béninoise».

 

Léhady Soglo : «Nous sommes tous des Béninoises et Béninois. Nous avons tous le droit de vote. Alors, on ne peut pas exclure volontairement d’autres. C’est le sens de notre marche ».

 

Nicéphore Dieudonné Soglo : «A Cotonou, il y a 144 quartiers. Mais il s’avère qu’on n’a pas recensé 83.599 personnes».

 

Jean-Marie Sèdolo

 

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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