Publié le 09 juillet 2010
Je ne suis donc pas étonné que les soupçons de faux diplômes éclaboussent cette équipe de pourriture abjecte. L’odeur s’est répandue aux quatre coins du Bénin. Et à chacun de se demander si nous avons vraiment des ministres qui n’ont que le CEP alors qu’ils se vantent d’être montés jusqu’au doctorat. Les députés ont même donné une onction populaire à la rumeur en posant une question d’actualité au gouvernement dans ce sens. Nous verrons bientôt que tel ministre a falsifié des diplômes qu’il n’a jamais eus et qu’il s’est même déjà fait épingler pour ce forfait en faisant limoger pour faux et usage de faux. C’est un cauchemar pour notre fierté et la conscience nationale atteinte par une descente aux abîmes. Si donc Boni Yayi cherchait une véritable refondation, il devrait d’abord se demander pourquoi lui, le Chef de l’Etat qui veut refonder, a le don de nommer des gens d’une si douteuse compétence, d’une si douteuse intégrité, en laissant de côté les vraies réputations et les vraies valeurs.
La refondation est nécessaire, mais l’accent accusateur de Boni Yayi trahit l’insincérité d’une telle démarche provenant de lui. Avoir été capable de désarticuler à ce point la conscience nationale, la vertu et la morale politique le disqualifie définitivement pour venir nous parler de refondation. Il a sacrifié à sa réélection les plus élémentaires vertus qui fondent une République. Et ose s’étonner de la déchéance ambiante. Bien que la politique ne soit pas un jeu d’enfants de chœur, elle devrait toujours se faire sur un minimum de dignité, de patriotisme et de rigueur. C’est ce qui fait sa grandeur, d’être à la fois sujette aux plus vastes mensonges et porteuse malgré tout de nobles idéaux qui élèvent la nation. En se » foutant » de la vertu, Yayi constate simplement le délitement de la nation. Il a créé une société anomique, sans règle, une jungle où la racaille prospère avec bonheur. Que veut-il alors refonder si ce n’est son propre régime qu’il a clochardisé largement ? J’ose alors espérer que la refondation ne sera pas une fumisterie de plus. Une énième abjection dans ce tas déjà fumant de puanteur.
Olivier ALLOCCHEME
L'Evènement Précis
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)