BENIN - DECES DE GNONNAS PEDRO: Retour sur ses derniers jours en France !!!
Jeudi 7 juin 2007
Dans une interview du 13 août 2004 accordée à un quotidien béninois, M. Frédéric DOHOU, ministre béninois de la Culture a raconté des contre-vérités, en cherchant à magnifier son rôle dans la gestion de la crise qui a emporté notre frère et ami, GNONNAS PEDRO.
Il aurait été informé, dès le 04 août 2004, de la situation de notre illustre défunt. Il aurait alors ordonné sa prise en charge totale et aurait dépêché son épouse à ses côtés pour le soutenir moralement.
Pour notre part, afin de vous éclairer, nous allons vous raconter les derniers jours de GNONNAS PEDRO en France.
Informés de la dégradation de l’état de santé de notre illustre disparu par notre ami, Pascal ZOUNON, Emmanuel AHOUANMENOU et moi-même décidons de le rencontrer le samedi 7 août 2004.
A l’issue de cette rencontre, nous avons décidé, de commun accord, de nous retrouver chez moi, le dimanche 08 août 2004, pour un comité de crise. De chez moi, nous décidons de nous rendre à l’Hôpital de MEAUX afin d’examiner la situation avec les médecins traitants. Le verdict de ces derniers fût sans appel: << mort inéluctable dans les 72 heures>>.
Les différents ministres (ils sont plusieurs) que nous avons eu au téléphone, dont le ministre DOHOU, ne semblaient pas prendre au sérieux la gravité de la situation
. Tous, sans exception, nous ont répondu que leurs ministères ne disposaient pas de fonds à cet usage (le transfert sanitaire). Le dimanche 08 août 2004, le ministre DOHOU nous demandait même de préfinancer le transfert de l’artiste à nos frais! A cet instant, aucun ministre n’a jugé opportun d’informer le Président Mathieu KEREKOU.
Après concertation, le Président du Conseil des Béninois de France, M. Emmanuel AHOUANMENOU, Pascal ZOUNON et moi-même décidons de publier l’appel à la souscription aux béninois de France. De retour de l’Hôpital, chez Pascal ZOUNON, nous décidons d’utiliser nos réseaux habituels pour informer le Président Mathieu KEREKOU de la situation et de l’inertie de ses ministres. Dans la foulée, nous décidons de faire venir à Paris, Mme JONHSON Esther, épouse de GNONNAS PEDRO, en pré finançant son voyage. Dès le lundi 09 août 2004, en fin de matinée, un de mes amis lui remettait les fonds nécessaires à l’acquisition de son billet à Cotonou.
Une fois informé de la situation, par nos soins, le Président Mathieu KEREKOU mettait sur pied, le dimanche soir 08 août 2004, un comité de crise et enjoignait aux ministres concernés et à l’Ambassadeur du Bénin en France de lui rendre compte personnellement du suivi de cette affaire. Le lundi 09 août 2004, l’Ambassadeur MONNOU organisait une réunion de crise à l’Ambassade avec ses plus proches collaborateurs. Le Président du C.B.F. les attendait à l’Ambassade. Ce n’est donc qu’à l’issue de cette réunion du lundi 09 août 2004 que l’Ambassadeur MONNOU a rendu la toute première visite à l’hôpital de MEAUX.
Le mardi 10 août 2004, le Président Mathieu KEREKOU recevait l’épouse de GNONNAS PEDRO en audience privée. Le soir même, elle s’envolait pour PARIS. Par conséquent, elle avait bien son billet en poche avant d’être reçue par le Président KEREKOU.
Nous considérons que le ministre DOHOU a manqué une occasion de se taire. En lieu et place de ses allégations mensongères, il aurait pu de lui-même tirer les conséquences de son abstention fautive dans la gestion de cette affaire, s’il lui restait encore un brin d’honneur.
En publiant cette réaction cinglante à tous ceux qui espèrent tirer profit de la mort d’un honnête homme, nous n’avons d’autre but que celui de rétablir la vérité. Nous profitons de cette occasion pour remercier tous les anonymes qui ont contribué à la réalisation des derniers vœux de notre frère et ami, GNONNAS PEDRO. Nous saluons particulièrement notre compatriote, le Dr.ASSOGBA Guy, qui, malgré ses nombreuses occupations, a accepté d’accompagner notre illustre défunt dans son dernier voyage. Servir oui, se servir non! Telle est notre devise
Enfin, au gouvernement béninois, nous disons que cette affaire pose sérieusement le problème de la Couverture Sociale et de la Caisse Nationale de Retraite de tous les béninois non-fonctionnaires (artistes, artisans, industriels, professions libérales, zémidjans, etc…etc…). En effet, pour ceux qui l’auraient oublier, gouverner, c’est non seulement gérer les affaires de la cité (Grèce antique) mais aussi proposer des solutions novatrices à l’épanouissement de tous les membres de la cité, même à tous ceux qui, de par la force des choses, ont moins de chance que nous.
« C’est d’être inutile que de n’être utile qu’à soi-même » dixit VOLTAIRE.
Votre serviteur,
Benoît ILLASSA
Délégué à l’Organisation du Conseil des Béninois de France (C.B.F.)
CRETEIL, le 16 août 2004
Source : http://illassa-benoit.over-blog.com/article-10764488.html
Jeudi 7 juin 2007
LETTRE A LA FILLE DE GNONAS PEDRO
Benoît ILLASSA
A
Huguette GNONNAS
Ma chère Huguette,
J’accuse réception de ton mail et je t’en remercie. Tu as la chance d’avoir un père formidable que beaucoup de béninois aimeraient avoir, notre DADJE national, feu GNONNAS PEDRO. Nous le pleurons, nous le pleurerions encore, pendant longtemps.
Je vais essayer de répondre aux différents points que tu as soulignés dans ton mail. Que les choses soient claires, je t’écris en mon nom personnel.
La première personne qu’il faut remercier, en France, c’est mon ami Pascal ZOUNON. Personnellement, c’est lui qui m’a fait connaître ton père. Je ne t’apprends rien en te disant que ton père et lui étaient des amis, des frères. Si le gouvernement béninois a rendu un hommage mérité à ton père, c’est grâce à lui. Il n’est nul besoin de polémiquer ici, sauf à dire que sans lui, ton père serait mort en France. C’est une réalité historique incontestable!
C’est donc lui qui a alerté le Conseil des Béninois de France dont je suis le Délégué à l’Organisation. C’est une association bien connue des autorités béninoises. Donc, pour le déroulement de tout ce qui s’est passé, c’est Pascal ZOUNON ton interlocuteur privilégié. Je ne vais donc pas rentrer dans le détail car je considère que chacun a bien joué sa partition et l’histoire jugera objectivement.
Ma chère Huguette, je ne peux que te donner des conseils. En ta qualité de fille aînée de PEDRO, tu as un rôle important à jouer pour préserver la mémoire de ton père et sauvegarder l’essentiel car, désormais, tous les regards sont tournés vers ta famille. Par conséquent, il faut faire abstraction de toutes les polémiques. Ton premier rôle est de rassembler tous les enfants de ton père pour adresser un courrier de remerciement à tous les gens qui vous ont aidé dans votre souffrance. En second lieu, il faut faire la paix des âmes et vous constituer en indivision pour gérer les œuvres de votre père. Il faut absolument laisser de côté les querelles des adultes pour vous consacrer à l’essentiel, la sauvegarde de l’immense œuvre laissée par votre géniteur. Les considérations matérielles doivent céder le pas devant l’humilité et la sagesse.
Les informations qui nous parviennent concernant la division dans la famille de PEDRO ne nous réjouissent pas. Votre papa (avec tes frères et sœurs) mérite mieux que ça! Encore une fois, tout le monde entier vous regarde.
En espérant que tout ira bien dans le futur, je t’embrasse.
Bisous,
Benoît ILLASSA
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