En toute sincérité
Le Congrès de la Renaissance du Bénin (Rb) a offert au G13 l’opportunité politique de soigner quelques détails dans cette ambiance de fin de mandat agitée d’où sortent les fumées d’incertitudes et de grosses inconnues. Le G13 a éclairé de sa lanterne l’opinion de la nature de ses ambitions, en toile de fond une confession publique de ses péchés et de la matière pour l’ontologie politique. Il a dégonflé la balle des spéculations lancée sous l’effet de son silence.
Annoncé comme mort puis enterré au cimetière des partis, alliances et regroupements politiques, le G13 a une fois encore apporté la preuve de son existence. Il a montré à tous, sa respiration reléguant au rang d’hallucination son décès applaudi gauchement lors d’une oraison funèbre illusoire prononcée sous un vent dégoûtant de triste transhumance. Le requiem glacialement chanté pour donner corps à l’imagination et verser le cauchemar dans le bol des fantasmes s’effrite dans les cavités du ridicule. Le G13 est bel et bien vivant et participera aux combats électoraux.
C’est Saley en personne qui a annoncé ce qu’il appelle la bonne nouvelle : " Le G13 a pris la décision d’aller aux législatives ensemble et d’avoir un candidat à l’externe ou à l’interne". A quelques semaines des échéances électorales, ce discours au congrès d’un des partis piliers de l’UN, se fait sacré et tient lieu de ligne politique. Le bloc G13 affiche une sérénité déroutante et sauve sa solidarité malgré les songes de cassandres. L’immense délégation de ce groupe au congrès de la Rb justifie la force du levier de la solidarité. Saley, Fikara, Agoua, Domingo, Dayori, Arifari Bako… ont pris le même Wagon estampillé G 13 pour être témoins vivants de la passation de pouvoir dans la Maison Rb. On eut du G13 en armada dans la forteresse Rb. L’escadron politique joue la carte de la discipline pour mieux envoyer les signaux à la tour de garde cauri.
Cette liste G 13, solennellement évoquée pour faire tuer le doute sur la vie de cette force politique, sera en concurrence avec celle de la Mouvance Cauri et la liste de l’Union fait la nation (UN). J’y vois de chaudes batailles électorales et de sensations mémorables. Le G13, addition de sept partis politiques pèsera non en kilo ni en quintal mais en tonne face à de gens, en gramme ou décagramme, parfois recrutés ailleurs, selon le critère principal de bravade et d’exhibition délirante.
Le deuxième volet de l’annonce, celui scotché au choix de candidat du G 13, laisse deux possibilités dans le champ à labourer dans la course à la Marina : "A l’interne ou à l’externe" précise le chef du G 13. Le candidat à l’interne suppose au moins qu’un des députés du G 13 va s’aligner sur le starting-block pour la succession de Boni Yayi. A l’externe, Yayi, Houngbédji et Bio Tchané semblent concernés par le troc politico électoral. Le champ externe est plus vaste et sera cultivé par les négociations. La porte est ouverte à tout autre Larron. Mais il relève aussi du possible que le G13 ait déjà fait le fameux choix et attende de suivre la courbe et les marches du temps pour dévoiler son cheval.
Ce G 13 là décolle sur l’aire du pardon avec les ailes de la rédemption. Le partenariat avec Yayi a tourné au regret ;" la plus grosse erreur que je note du G13, c’est le jour où on a donné la possibilité au président de contrôler l’Assemblée nationale" avoue le leader du G13. La confession est accompagnée du pardon demandé aux aînés.
Une certitude : le G13 s’éloigne de Yayi. Le discours de l’honorable Issa Salifou fait souffler de l’anti Yayisme. C’est à l’eau de ruissellement de la grande déception que le G13 lave le changement. La faute d’avoir lancé Nago sur le perchoir macule le pagne G13. 2011 pourrait sonner l’heure de la revanche sur un pouvoir en déficit de gratitude. Le G13 était au rendez-vous des anti Yayi avec des crachats dans la soupe cauri. Le message est clair. Yayi l’a certainement perçu.
21-09-2010, Sulpice O. GBAGUIDI
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)