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14 octobre 2009


Gestion du pouvoir: Le roi Boni 1er affaibli par ses promesses



De plus en plus, les Béninois remettent en question la manière de gouverner du chef de l’Etat. Y compris ses propres lieutenants. Principale raison, Yayi Boni n’arrive plus à leur montrer sa capacité à tenir parole après de nombreuses promesses non tenues faites, tant au monde des travailleurs qu’à ceux qui soutiennent ses actions.


Yayi Boni est toujours à l’épreuve du pouvoir. Porté à la tête de l’Etat béninois en avril 2006 par une écrasante victoire sur son adversaire Adrien Houngbédji (environ 75% des suffrages exprimés au second tour), il est apparu du coup comme l’un des chefs d’Etat béninois les plus populaires. D’autres l’ont appelé le messie ou le sauveur. Celui qui a promis le changement a même été précocement crédité d’un bilan économique et politique reluisant que celui de son prédécesseur. Or, en dehors des deux premiers anniversaires de son accession à la Magistrature suprême célébrés par ses électeurs avec enthousiasme, le 3ème tombait malheureusement mal. Puisqu’il est intervenu à un moment où le désenchantement est apparu dans de nombreux esprits, y compris dans ceux de ceux qui ont voté pour lui trois ans plus tôt. En fait, c’est un sentiment qui s’est généralisé dans le pays, parce qu’il n’y avait pas grand-chose à fêter en dehors des discours propagandistes au contenu vide. L’absence des faits concrets dont on parle, c’est les promesses non tenues par le chef de l’Etat. En succédant au général Mathieu Kérékou, il a promis la lune, jurant particulièrement de lutter impitoyablement contre la corruption, de débarrasser le pays de ses vautours, de rendre le pouvoir judiciaire véritablement indépendant, de promouvoir un climat sociopolitique apaisé…Aujourd’hui, ses bonnes intentions des lendemains d’élections sont devenues son talon d’Achille. La situation actuelle est loin d’atteindre les résultats escomptés et ce qui se profile sera pire. Yayi Boni a oublié que pour éradiquer le phénomène de la corruption, il doit s’attaquer à sa source. Il doit afficher sa volonté de sonner le glas du clientélisme politique, dont sont coupables ses conseillers et autres cadres des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). S’attaquer à la source de la corruption ne consiste pas à commanditer les audits et à les ranger dans les tiroirs. Attaquer le mal par la racine, c’est se débarrasser de ceux qui sont dans son entourage et qui ne pensent qu’à leur poche et s’ingénient à papoter autour du terme « Changement ». Réussir sur ce plan, appelle un sens de responsabilité aigu. Or, cette qualité ne fait pas partie du profil du chef de l’Etat. Il donne raison à ceux qui ont prédit des lendemains sans suite aux résultats des audits et des différentes commissions d’enquête. Yayi Boni n’a-t-il pas fait main basse sur les conclusions des différents rapports déposés par des enquêteurs sur la gestion qui est faite des différentes structures étatiques ? N’a-t-il pas noyé le scandale sur le sommet de la Cen-Sad ? Il n’est plus à prouver qu’il amusait la galerie quand il prenait l’engagement devant le peuple de lutter impitoyablement contre la corruption. La vérité, c’est que son pouvoir protège ceux qui ont été épinglés par les différentes commissions d’enquêtes.

 

Déception sur la ligne

 

Cette attitude a déçu le peuple et donné des idées aux personnes qui craignaient le régime. Car, il a promis enrayer l’impunité. Hormis l’emprisonnement de l’homme d’affaires Séfou Fagbohoun en juin 2006, là encore sur simple instruction de son directeur de cabinet d’antan et non sur des accusations fondées. Deux ans plus tard, la justice va conclure à un non lieu et prononcer la relaxe pure et simple de l’ancien actionnaire principal de la Sonacop. Mais politiquement, l’irréparable était fait. En clair, le seul dossier au sujet duquel on pensait qu’il a commencé par s’en prendre aux intouchables, a plutôt révélé ses erreurs. Ce n’est plus un mystère que l’une des faiblesses du régime est la lutte contre la corruption. On peut, en toute objectivité, affirmer que Yayi Boni n’est pas parvenu à nettoyer l’écurie. Moins encore, il n’a réussi à débarrasser le pays de ses spoliateurs. Bien au contraire, il en fabrique. La gestion des affaires juridico-judiciaires sous le régime laisse également perplexe plus d’un. Il se pose le problème de l’indépendance de la justice, vu que sur certains dossiers, le pouvoir s’y est mis effectivement mais souvent maladroitement. A titre d’exemples, plus d’un an qu’il n’y a pas eu de suite quant aux contentieux des élections locales formulés dans nombreuses localités, dont Abomey Calavi. Avec Avrankou, Adjarra, Matéri, Sèmè Kpodji ou autres dont les dossiers ont été vidés, la souveraineté de la justice ne s’est pas concrétisée. Les affaires Padme, Telecel, ont souffert devant la justice à cause de l’implication du pouvoir. Pendant qu’on y est, l’affaire du maire de Dangbo, reste un exemple récent et authentique de l’immixtion de l’Exécutif dans le judicaire. C’est l’une des raisons qu’avancent les membres de l’opposition non déclarée pour accuser le pouvoir de dictateur qui cherche à contrôler par tous les moyens, tous les pouvoirs. Dans ces conditions, le climat sociopolitique est constamment perturbé par des manifestations de rue et des dénonciations tous azimuts. Si on en est arrivé là, c’est parce que le chef de l’Etat avait mis très haut les attentes à travers les nombreuses promesses qu’il faisait au rythme de ses sorties publiques.

Fidèle Nanga

Source: LEMATINAL

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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