Hier, une question a été posée par plus d’un : l’élection du dimanche tiendra-t-elle ? La réponse est confuse. Les partisans du Président de la République commencent à douter alors que l’opposition constate que les conditions ne sont pas suffisamment remplies pour un scrutin crédible. Au cœur de ce questionnement, l’ancien Président de la République, Mathieu Kérékou rompt le silence. Il invite au respect du consensus obtenu autour de la Lépi.
La sortie de Mathieu Kérékou est intéressante. Elle a un double avantage. D’abord elle met fin aux rumeurs sur sa transition vers l’infiniment grand. Ensuite, sa sortie montre qu’il suit de près l’actualité politique. Il reste, malgré l’âge, attaché à l’héritage démocratique issu de la conférence nationale. En demandant le respect du consensus obtenu autour de la Lépi, il pointe un doigt accusateur sur le club de ceux qui ne respectent pas leur engagement. Lorsqu’on s’engage dans une médiation pour une sortie de crise, on témoigne de l’honneur à sa parole ou à sa signature en s'impliquant. La déclaration du sage des filaos prouve que le doute est épais.
La Lépi demeure un cauchemar qui nous étrangle. Et pour cause, le fichier électoral est conçu à partir des applications perturbées par des mains de politiciens peu calmes. La conséquence est que les cartes d’électeur sont partiellement disponibles. Lorsqu’elles le sont, il faudrait un marathon d’athlète pour les retrouver souvent dans des endroits éloignés d’un arrondissement juxtaposé. Cela s’appelle dans un institut de statistique du » travail erroné « . A cette difficulté se greffent les élucubrations d’experts juristes de la Commission Electorale Nationale Autonome. La confusion au sujet de l’interprétation de la loi dérogatoire est manifeste. Les juristes de » Haut » » niveau » sortis de la prestigieuse université nationale du Bénin, ne cessent de distinguer là où la loi n’a pas distingué, interprètent comme cela leur apparaît dans la stratégie dictée par leur camp politique quand bien même, ils sont sous serment.
Le calendrier adopté par le recensement est la meilleure démagogie en matière de prévision statistique. Il permet de relever la mauvaise foi des concepteurs du chronogramme. C’est inadmissible. Le blocage est manifeste puisqu’il est impossible de recenser les citoyens des » cahiers » avant le dimanche. C’est une situation qui appelle un sursaut patriotique concerté.
En somme, l’élection du dimanche est une incertitude. Le point des préparatifs au niveau de la Céna est lamentable. Rien n’est prêt notamment la distribution effective des cartes d’électeurs. Les titulaires continuent de les rechercher de quartier de ville en quartier de ville. On peut donc en déduire que le scrutin du 13 mars même s’il en vient à tenir ne sera pas sincère, honnête. Ce qui ouvrira la porte à toutes les formes de violences que recherche la communauté internationale afin d’organiser des missions dont les frais sont plus importants que les victimes.
Herbert Houngnibo
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