Présidentielle 2016
BENIN : « L’État, notre bien à tous » Par Prudent Victor TOPANOU
Par Prudent Victor TOPANOU,
Président du Front Uni pour la République.
Béninoises, Béninois, mes chers compatriotes,
A travers ce bulletin, je voudrais faire passer un message simple, à savoir que
l’intégralité des ressources de l’Etat sont constituées, d’une part, de nos impôts,
qu’ils soient directs ou indirects et, d’autre part, des prêts et dons qui lui sont
octroyés en notre nom : l’Etat, c’est nous. Il en découle que nul n’a le droit de se
les approprier, ni d’en revendiquer un usage ou une jouissance à titre personnel.
De même, lorsqu’il advient que l’Etat soit condamné en justice à payer à un tiers
un seul de nos francs et a fortiori plusieurs centaines de milliards de nos francs,
c’est encore avec notre argent à nous tous que l’Etat paie. C’est donc nous tous,
collectivement et solidairement qui sommes condamnés à payer. L’état, c’est la
nation incarnée ou tout simplement le peuple incarné ou encore pour reprendre
Georges Burdeau, l’Etat, c’est l’institutionnalisation de la nation.
L’Etat, ne peut donc être considéré comme le bien d’un clan, encore moins d’un
individu. L’Etat n’est surtout pas un gâteau à parts multiples et infinies réservées
à ses serviteurs. C’est pour cela que j’aborderai dans ce billet, d’une part, les
principales approches définitionnelles de l’Etat pour bien rappeler aux uns et aux
autres ses fondements (i) et, d’autre part, la perception, voire la conception
péjorative de l’Etat que les élites politiques ont largement contribué, par leurs
comportements, à ancrer dans l’esprit de nos compatriotes (ii).
(i) En ce qui concerne les approches définitionnelles de l’Etat, et sans prétendre
à l’exhaustivité, il en existe au moins quatre à savoir l’approche chrétienne,
l’approche contractualiste, l’approche juridique et l’approche sociologique.
L’approche chrétienne a été incarnée par les philosophes chrétiens, notamment
Saint Thomas d’Aquin et Saint Augustin, pour qui, l’Etat a été voulu par Dieu
pour assouvir ses desseins sur l’homme ; l’Etat serait donc une émanation divine.
Dans cette approche, le pouvoir est nécessairement de droit divin, ce qui confère
aux gouvernants une légitimité transcendantale. Mais la légitimité
transcendantale du pouvoir a fini par faire des gouvernants des tyrans, des
monarques absolus qui n’ont de compte à rendre à personne, en dehors de Dieu
et qui ont un droit de vie et de mort sur leurs sujets. Par ailleurs, ce système de
légitimité transcendantale réserve la fonction de gouvernants aux seuls enfants
d’une même famille, la famille royale que le hasard de l’histoire, un jour, a
propulsée au sommet de la hiérarchie sociale. C’est à la suite de cette approche
qu’est née l’approche contractualiste selon laquelle, loin d’être une émanation
de Dieu, l’Etat naît plutôt d’un contrat entre les membres d’une ou de plusieurs
communautés.
C’est l’un des défis de l’élection de 2016 !
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