Assemblée nationale
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- Maman persiste et signe : le président Yayi a tenu les propos qu’elle a rapporté
A peine 4 jours après ses déballages au Palais des gouverneurs à Porto-Novo, la députée Rosine Vieyra Soglo, est encore montée au créneau hier à l’Assemblée nationale. Elle a mis ses collègues qui l’insultent quand elle parle, en garde. Pour elle, tout député qui oserait l’insulter serait capable d’insulter sa propre mère parce qu’elle est la doyenne des députés. Par ailleurs, la députée Rosine Vieyra Soglo a convié tous les proches du président Boni Yayi, à bien le conseiller, afin qu’il ne tienne plus les propos qu’il aurait tenus dernièrement chez elle et qui, rappelons-le, ont suscité de vives réactions dans le rang des députés de la mouvance lundi dernier en pleine séance plénière. Pour finir, elle a lancé un appel d’apaisement à la classe politique pour que le quinquennat du président Boni Yayi aille jusqu’au bout sans heurt dans le pays. Tout ceci se disait lors du débat général ouvert par le président de séance, le député Antoine Dayori, 2ème Vice-président de l’Assemblée nationale, suite à la réponse du gouvernement aux préoccupations des députés sur les subventions accordées à la filière coton entre 2006 et 2010.
Lire ci-dessous l’intégralité de la déclaration de Rosine Soglo hier à l’hémicycle
« …Monsieur le président, quand vous avez dit qu’il faut parler exclusivement du coton, qu’est ce que vous voulez dire par là ? parce que j’ai beaucoup de choses à dire (…) Je suis venue ici aujourd’hui simplement pour mettre les choses au point, pour dire ceci Monsieur le président. Ce que j’ai dit, je n’ai fait que répéter les paroles du Chef de l’Etat. Je n’ai pas menti sur son compte. Je ne mens jamais. Le Chef de l’Etat est venu dans ma maison. Le Chef de l’Etat s’est permis de dire qu’il va cogner chez nous, les députés et qu’il va mettre le pays à feu et à sang. Je trouve que c’est extrêmement dangereux parce que le Chef de l’Etat, nous l’avons élu. Moi, je l’ai élu, vous vous rappelez, hein ! Je lui ai donné les 40 % parce qu’il n’avait que 35% au premier tour. Au second tour, nous et les autres, avons décidé que c’est lui que nous voulons. Nous lui avons donné 75% des voix et c’est mon droit, parce que je l’ai fait élire, de lui demander des comptes. C’est ça la démocratie. Alors, je dis ceci : que ceux qui dans cette salle, se sont permis de m’insulter alors que je peux être leur mère, c’est parce qu’ils ne respectent pas leurs mères. Quiconque m’insulte, insulte sa mère. Je ne peux croire en cela parce que ça m’attristerait. Qui que vous soyez, c’est nous qui vous avons mis au monde et qu’ici, quoique vous pensez, je suis la doyenne de l’Assemblée nationale et je peux être votre maman, chacun de vous, et qu’à ce titre simplement, vous me devez du respect. Vous ne pouvez pas m’insulter (…) Pour terminer, je voudrais dire merci au député Aho qui est venu à ma rescousse la dernière fois (…) Ensuite, à Madame Justine Chodaton, la brave dame (…) Quiconque la prochaine fois, quoique je dise, m’insulterait, je le jure devant Dieu, je le maudirais parce qu’en tant que maman, je peux maudire (…) Gardons nous de ne pas avoir des dérives et de terminer le quinquennat de Yayi Boni correctement parce que j’ai beaucoup misé sur le président Yayi Boni et je constate qu’il a violé son serment, parce qu’il ne peut pas venir dire dans ma maison qu’il va mettre le pays à feu et à sang et que les députés que nous sommes, il va nous cogner. Moi, personne ne me cogne, hein ! Mon papa ne m’a pas cogné, Soglo ne m’a pas cogné, ce n’est pas Yayi Boni qui va me cogner. La personne qui va me cogner n’est pas encore née. Il me cognera une fois, il ne me cognera pas deux fois parce que je ne cogne personne (…) Ceux qui aime le Chef de l’Etat, dites-leur de lui parler et qu’il arrête. Il ne peut pas continuer à nous menacer (…) C’est la République ou alors une dictature qui ne dit pas son nom. Il y a 16 ans que je suis là et je n’ai jamais empêché quelqu’un de parler. Alors, ne m’empêchez pas de parler comme vous l’avez fait la dernière fois… »
17-09-2010, Karim Oscar ANONRIN
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