20/08/2010
« Finalement, les dépenses ont été supportées par le budget national de façon dérogatoire, c’est-à-dire sans autorisation préalable du Parlement, et le Gouvernement a engagé les dépenses à charge d’obtenir du Parlement leur intégration dans le cadre d’une loi de finances rectificative 2008. « Cette loi de finances rectificative a été rejetée par le Parlement et le Président de la République a préféré recourir, sous sa seule responsabilité et autorité, à la prise de l’ordonnance n° 2008-05 du 5 novembre 2008 portant loi de finances rectificative 2008 ».
Dire que ces impitoyables formules proviennent de Soulé Mana Lawani, himself, ancien argentier national du régime du Changement. Quelque part, j’enrage de ne pas avoir eu une inspiration aussi édifiante sur les conditions de prise de l’ordonnance de novembre 2008 sur le collectif budgétaire exercice 2008 justement. Surtout lorsqu’il assène toujours dans ce mémorandum adressé au parlement que : « … si les surfacturations étaient avérées, la réparation doit s’élargir à tous les acteurs concernés y compris le Gouvernement, notamment le Chef de l’Etat et les Ministres. ». Un document dont la lecture dégage une étonnante lucidité. Impensable de la part de celui que l’on considérait comme le chien couchant de son maître, quelques mois seulement plus tôt. Après le cas Gbêgnonvi, puis celui Soulé Mana et ceux de tous les repentis Fcbe de l’hémicycle, on est en passe de théoriser une sorte d’effet hypnotique de la proximité avec le docteur-président. Tant qu’on ne s’en éloigne pas, impossible de raisonner correctement.
Vue sous cet angle tous les autres cadres qui s’usent dans la propagande yayiste sont plus à plaindre qu’à blâmer. Des égarés dans l’attente de la délivrance. Certains s’enfoncent davantage dans la damnation parce qu’au bout les pécules indus s’accumulent dans les comptes bancaires. La gloutonnerie ambiante empêche toute possibilité de lucidité jusqu’à ce qu’on se retrouve avec, sur le dos, des scandales aussi gros que ceux de la Cen-Sad, des machines agricoles, de Icc-Services. Une machine à maculée les cadres les plus doués et les plus compétents que ce régime dit du Changement. La Marina ne les lâche pas tant qu’elle n’est pas sûre qu’ils sont suffisamment salis et bons pour la potence. Soulé Mana peut regretter de ne pas être parti plus tôt. Tout comme Zinzindohoué transféré du département des Transports pour être projeté au cœur de l’escroquerie des faux placements d’argent en cours d’accomplissement avant même qu’il ne soit appelé au gouvernement ; le piège parfait.
En clair, ce ne sont pas les appelés qui débarquent au sein de l’équipe avec le dessein de vol et de pillage des deniers publics. Ils le découvrent une fois installée et gare aux naïfs et à tous ceux qui succombent à la déification du grand prince. Le dispositif est d’un cynisme déroutant. On voit bien en place les gourous inamovibles, qui s’amusent à l’origine de tous les coups tordus, déplaçant les pions au gré des conjonctures. Chaque ministre nouvellement admis est maintenu hors de son ministère dès son arrivée durant plusieurs semaines au motif d’expliquer les actions du gouvernement aux populations ; le temps de mieux cerner ses faiblesses en vue du coup fatal au moment opportun. L’exemple de Modeste Kérékou et de ses autres promotionnaires expédiés sur le terrain au lendemain de leur nomination afin d’entretenir les populations sur l’affaire des faux placements dont l’origine remonte pourtant à 4 ans à l’avance et dont ils disent eux-mêmes ne rien savoir. Pendant ce temps, des membres de leurs cabinets respectifs généralement téléguidés depuis la Marina s’activent à mettre en place la redoutable toile qui finirait par les emporter à terme convenu.
Vaincre le Changement avant d’être vaincu…
arimi choubadé
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