Bonne gouvernance au Bénin
7-01-2010
Angelo DOSSOUMOU
La lutte contre la corruption n’a pas beaucoup progressé depuis l’avènement du changement en 2006. C’est la remarque faite hier au Codiam à Cotonou par le Front des organisations nationales contre la corruption (Fonac) au cours de la conférence de presse qu’il a donnée sur l’état de la corruption au Bénin. S’appuyant essentiellement sur des cas de non application des textes pris par le gouvernement lui-même en ce qui concerne les nominations à certains postes de responsabilité et sur 32 cas de malversation passés en conseil des ministres et qui malheureusement tardent à aboutir, le Fonac par la voix de son porte-parole, Jean-Baptiste Elias s’est interrogé sur la volonté du gouvernement à véritablement lutter contre la corruption. ’’Depuis plus de deux ans, le Fonac s’intéresse au sort réservé aux 32 dossiers de malversation passés déjà en conseil des ministres. Notons qu’au nombre de ceux-ci, il y a les dossiers relatifs à la vérification de la gestion administrative, financière et comptable des ambassades du Bénin au Japon, à Kinshasa, à Addis-Abéba et à Paris. Aussi, on dénombre les dossiers relatifs à la gestion à la Sbee, au Maep, à la Sogema, des hôtels Tata Somba et Croix du sud et Alédjo. Mais jusqu’ici, pas même une sanction disciplinaire n’a été prononcée. Volontairement ou involontairement, on continue à déifier l’impunité au Bénin. Le mal s’est même décentralisé’’ a déclaré Jean-Baptiste Elias. En ce qui concerne les nominations à des postes de responsabilité, il confie : ’’Beaucoup de cadres ne méritent pas leur poste au vu des décrets signés en la matière par le chef de l’Etat’’. C’est donc pour cette raison qu’il en a appelé à la responsabilité du chef de l’Etat afin que non seulement les textes signés par lui-même soient respectés et appliqués mais aussi qu’il y ait plus de célérité dans l’aboutissement des dossiers de malversation. Sinon dira-t-il, le Fonac a peur que les adversaires du pouvoir évoquent des dossiers sur lesquels le gouvernement n’aura pas d’arguments pour se défendre.
A titre d’exemple, il a dénoncé le fait que le même gouvernement du Dr Boni Yayi qui a épinglé dans le dossier relatif au détournement de plus de 100 millions à la Sogema, une ex directrice de cette société nomme cette dernière à un autre poste de responsabilité plus avantageux. ’’Des comportements du genre ne rassurent pas quant à la volonté du gouvernement à lutter contre la corruption’’ dira-t-il. Pour finir, le porte-parole du Fonac a émis le vœu que les réformes judiciaires soient au rendez-vous dans les dossiers de corruption afin que les Béninois ne se laissent plus entendre que des dossiers du genre sont forclos.
Source: FRATERNITE
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