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BENIN: LE ROI BONI 1er PLUS QUE JAMAIS SEUL FACE AUX EPREUVES DU POUVOIR

 

17 oct, 2010 | Par Guy QUENUM

 

 

Pendant que l’Arrêté ministériel interdisant toute marche liée à l’affaire DAGNIVO se résume à un cuisant échec, c’est le constat auquel on peut aboutir, et que le dialogue entre les différents protagonistes se remet grâce au clergé, c’est le moment que choisit finalement la mouvance en lambeaux pour critiquer assez sévèrement les différents responsables syndicaux. Une ultime manière pour cette famille politico-alimentaire de prouver ses propres insuffisances. En réalité, n’est-ce pas là une manière d’en rajouter aux difficultés de Boni YAYI ?

 

La crise née de l’affaire DAGNIVO ne finira pas de si tôt de nous révéler ses petits secrets comme ses grandes lacunes. D’abord, il serait superfétatoire de revenir sur les graves et incroyables déclarations de deux très proches collaborateurs du chef de l’Etat, Alexandre HOIUNTONDJI et Maxime HOUEDJISSI, qui très tôt ont tenu des propos qui devraient normalement amener le gouvernement à les désavouer publiquement. C’est, d’ailleurs, pour n’avoir pas dénoncé ces deux « aventuriers » que les critiques e font de plus en plus sures à l’égard du processus qui devra aboutir à la manifestation de la vérité sur cette disparition de notre compatriote.. Ensuite, ce furent les propos peu opportunsappropriés du procureur de la république qui, se fondant sur des informations que le commun des Béninois ne détenaient pas, s’est ouverte pour montrer à quel point l’enquête avait déjà évolué et bien évolué. Mais elle fut mal comprise. Certes, la suite risque, au grand étonnement de tous, de l’absoudre car au fur et à mesure que le dossier évolue, plusieurs éléments de ce même dossier incitent à croire que le procureur n’avait pas aussi tort que cela puisse se laisser imaginer. Elle n’est pas médecin légiste encore moins une biologiste moléculaire. Cependant, nul n’est aussi mieux placé qu’elle pour savoir et bien apprécier les pièces du dossier. Elle n’a que trop vite parlé et cela devrait s’arrêter à ce niveau.

 

Une interdiction déjà vouée à l’échec !

 

Mais pour revenir aux éléments collatéraux de cette affaire, il s’agit pour l’opinion de se demander qui sont ces conseillers omniscients qui arrivent, chaque fois, à convaincre Boni YAYI d’emprunter les sentiers peu recommandables lorsqu’il est question d’aborder les grands débats nationaux. Le gouvernement YAYI est désormais coutumier du fait. Ce gouvernement agit presque toujours avant de réfléchir et c’est un triste constat que l’opposition lui avait fait pourtant depuis quelques années sans que cela n’inspire aucun de ces conseillers zélés prêts à tout pour se retrouver dans les bonnes grâces du chef de l’Etat qui affectionnerait aussi ces genres de conseillers pyromanes. Ces derniers ne visent qu’une seule chose : arrondir leurs fins de mois pour se permettre de régler leurs problèmes familiaux liés à la longue liste de leur progéniture. Sinon comment expliquer qu’un gouvernement, au Bénin, puisse s’autoriser une interdiction de marches de protestation ? Surtout s’agissant des syndicalistes béninois, il est connu de tous que jamais leurs marches de protestation n’ont débouché sur des actes de vandalisme. La chose (l’interdiction) paraît d’autant plus irréaliste qu’il est question de savoir quel était le résultat souhaité si ce n’est une levée de bouclier de la part de ces innombrables organisations de luttes en faveur des libertés. Même si Boni YAYI n’est pas un homme issu de ce milieu politique traditionnel, il aurait fallu qu’il se renseigne avant l’autorisation de la prise d’une telle mesure qui a toutes les chances d’être dénoncée et combattue dans ses plus derniers retranchements et avec la bénédiction de tout le peuple béninois désormais jaloux de ses libertés. Heureusement, une porte de sortie fut vite trouvée avant qu’il ne soit trop tard. Cette initiative est à mettre à l’actif des leaders religieux dont le tout nouvel l’archevêque de Cotonou, Monseigneur GANYE qui venait de remplacer AGBOTON, probablement limogé pour divers motifs. Noble initiative s’il en est mais qui peut déjà commencer par être vouée à l’échec si l’on s’en tient aux discours tenus (encore) par les proches de Boni YAYI qui se sont réunis en fin de semaine écoulée à divers endroits du pays. Partout où ces politiciens pyromanes se sont réunis, leurs déclarations provoquent un dégoût si ce n’est une désapprobation totale. Et pourtant nous savons comment (à quel prix) chaque militant est souvent déplacé !

 

Halte aux propos incendiaires !

 

Comment expliquer de pareilles déclarations où les principaux leaders des centrales syndicales ont été traités de tous les noms pendant que leur leader venait d’entamer une autre étape de discussions avec une catégorie de ses amis d’en face ? N’y a-t-il pas dans les rangs de ces thuriféraires de YAYI des taupes qui lui posent des peaux de bananes ? La question mérite qu’on s’y penche en tant que citoyen de ce pays car aussi nombreux et aussi forts qu’ils le font croire à leur leader politique, tout le monde sait qu’ils ne peuvent véritablement rien pour le sortir véritablement d’ennuis en cas de réelle paralysie de notre administration. D’ailleurs, parmi eux combien savent comment faire fonctionner notre administration publique ? Voilà encore autant de questionnements qui font croire que Boni YAYI est sérieusement seul et entouré d’une poignée de fidèles qui ne pourront malheureusement pas lui être d’une grande utilité en cas de grabuges. La multitude qui l’entoure n’est constituée que d’affamés. Il est à signaler que le président de la république doit, sans délai, rappeler à l’ordre tous ses assoiffés de bons d’essence, de primes « alimentaires », de salaires politiques, de moyens roulants, le tout au frais de la princesse et qui ne savent autre chose que de jeter de l’huile sur le feu pour ensuite se muer dans un habituel mutisme lors des grandes manœuvres syndicales. On le sait depuis la nuit des temps, le mouvement syndical dahoméen puis béninois est et demeure l’un des plus puissants de toute l’Afrique. Feu Félix H. BOIGNY en parlait en terme redoutable machine à broyer n’importe quel homme politique. Ce ne sont donc pas des agitations des militaires, sur conseils de quelques illuminés, qui vont faire fléchir cette dynamique. Il vaut mieux apprendre à clarifier ce dossier DAGNIVO que de chercher à prouver au pauvre YAYI ce qu’on gagne grâce à son pouvoir.

Aujourd’hui, où le débat sur la réalisation de la LEPI connaît un objectif regain de tensions sur fond de dénonciations plus qu’avérées, il est plus indiqué que les fcbe apprennent à être proactifs car ce jeu de ping pong auquel se livrent, par presse interposée, les honorables Arifari BAKO et Eric HOUNDETE sont d’une gravité tangible. Et il n’est pas à faire de grandes études pour savoir qu’il y a vraiment mal aise dans le pays car pour rien au monde les Béninois ne permettront, sous quelque prétexte que ce soit, que pour des raisons purement politicienne que le feu soit mise à leur commune patrie.

 

Luc BODJRENOU



 
 
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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