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Répression de la marche de la société civile et des syndicalistes 
BENIN: Le roi Boni 1er prêt à se maintenir au pouvoir dans la violence

 

(Son pouvoir a touché le fond)

 

15 octobre 2010 par richard 

 

 

Ce n’est plus un secret pour personne. Le Chef de l’Etat le Dr Boni Yayi dont le pouvoir a touché le fond est prêt maintenant à tout pour conserver son pouvoir, même si c’est au prix du sang. Les actes anticonstitutionnels qu’il a multipliés ces derniers jours et contre lesquels les sages de la Cour Constitutionnelle n’ont pas pipé mot le confirment à bien des égards. Pour celui que Benoît Illassa appelle affectueusement « Le Roi Boni 1er », il n’est plus question de dialoguer. L’heure est désormais à la répression. Des instructions ont été d’ailleurs fermement données à tous les préfets pour qu’il en soit ainsi sur toute l’étendue du territoire national. Cette situation qui n’a rien à envier au totalitarisme récusé depuis l’historique conférence nationale de février 1990 ne manque pas de retenir l’attention.

 

L’état de siège de la Bourse du travail, un retour au totalitarisme

 

Les Béninois qui ont longtemps cru que la page du totalitarisme est définitivement tournée au Bénin doivent commencer par se raviser. Les événements qui s’enchaînent depuis quelques temps dans notre pays et qui sont liés au non accès équitables des partis politiques aux médias du service public (notamment la télévision nationale) et à la répression systématique des manifestations qui ne chantent pas les gloires du « Roi Boni 1er » et de son régime montrent en tout cas qu’une grosse croix est désormais faite sur la démocratie. Le rubicond a été en effet franchi le mardi 12 octobre dernier avec cette marche de l’Organisation pour la défense des droits de l’homme (Odph) interdite de façon musclée par le gouvernement. Très tôt dans la matinée de ce 12 octobre 2010, les organisateurs de cette marche se sont heurtés à un impressionnant déploiement des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (Crs) et à un détachement de militaires armés jusqu’aux dents, prêts à riposter à la moindre incartade. Devant la Bourse du travail, c’était un état de siège. Tout attroupement d’individus était dispersé. Aucune moto, aucune voiture n’était autorisée à stationner devant cette institution. Interdiction formelle était aussi faite au personnel administratif et surtout aux responsables syndicaux d’avoir accès aux bureaux de la Bourse de travail dont la porte principale était barricadée (voir photo ci-dessus). Exécutant les ordres reçus du préfet des départements de l’Atlantique et de Littoral et du ministre Martial Souton, les forces de l’ordre ont tout simplement transformé la Bourse du travail et ses alentours en un camp retranché.

Déjà au cours de la semaine écoulée, le ministre de l’intérieur qui répond au nom de Martial Souton avait décidé de pousser le bouchon trop loin en interdisant toute manifestation publique se rapportant à la disparition de M. Pierre Urbain Dangnivo, cadre du ministère des finances mystérieusement disparu le 17 août 2010. Les diverses réactions suscitées par cet acte anticonstitutionnel du régime dit du changement n’ont malheureusement pas fait fléchir le Chef de l’Etat et ses collaborateurs qui ont ainsi choisi de montrer à l’opinion nationale et internationale que le respect des libertés d’expression fait partie des derniers de leurs soucis.

 

Une pure violation de la loi

 

Conformément à l’article 25 de la loi N°90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin, l’Etat garantit, dans les conditions fixées par la loi, la liberté d’aller et de venir, la liberté d’association, de réunion, de cortège et de manifestation. Ce qui s’est passé le mardi 12 octobre 2010 met malheureusement en berne cette disposition constitutionnelle. On se demande alors ce que le Chef de l’Etat a fait de son serment du 6 avril 2006.

 

La soif du pouvoir

 

La répression du mardi 12 octobre 2010 n’a pas une autre signification que celle que connaissent déjà beaucoup de Béninois. En effet, il n’y avait pas mieux pour comprendre que le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi a choisi la voie de la violence pour conserver le pouvoir. A plusieurs reprises, il a toujours parlé de sang en disant qu’il est prêt à verser le sien. On se souvient qu’il n’y a pas longtemps, il a menacé de mettre le pays à feu et à sang si les députés, notamment ceux de l’opposition et les syndicalistes continuent à s’opposer à ses options. Le mardi 12 octobre dernier, le pire aurait pu arriver. Heureusement que les secrétaires généraux des Centrales et Confédérations syndicales ont évité de prêter flanc à la provocation du pouvoir en se limitant seulement à des déclarations fâcheuses du genre : « Il faut que ce régime s’en aille parce que c’est depuis le Prpb que nous avions tourné cette page-là… ».

 

Vive indignation de la communauté internationale et des Béninois de l’extérieur

 

La tournure que prend actuellement l’actualité sociopolitique du Bénin ne laisse pas indifférents les Béninois de la diaspora et surtout la communauté internationale.

Longtemps considéré comme un bel exemple de la démocratie en Afrique de l’Ouest, le Bénin est aujourd’hui vu sous un autre angle. Pour certains Béninois vivant à l’extérieur, on ne peut plus se voiler la face. La situation est bien inquiétante. Et c’est faire preuve d’une malhonnêteté intellectuelle que de ne pas le reconnaître. En Chine, en France comme chez certains de nos voisins, ce qui se passe au Bénin retient énormément l’attention des uns et des autres. Chacun s’interroge en effet sur comment le régime du changement a pu ternir en un laps de temps la démocratie qui était si chère aux Béninois. Sur la toile, nombreux sont les Béninois qui s’indignent de la manière dont le Bénin est aujourd’hui gouverné. Alors qu’il jouissait d’une certaine estime au début de son mandat, le président Boni Yayi qui s’est malheureusement illustré dans des promesses non tenues à l’endroit de ses frères de la diaspora a ainsi réussi à fédérer contre lui toutes les personnes susceptibles d’être pour lui d’un grand recours. Après le limogeage du ministre Késsilé Tchala et plus récemment encore du ministre Armand Zinzindohoué, le Président Boni Yayi a perdu le soutien d’une grande partie des Béninois vivant en France. Parmi ceux qui vivent en Chine, il y en a qui ne le portent pas aussi dans leur cœur parce que les promesses qu’il a eu à leur faire ne sont pas tenues. Comme le pensent certains Béninois qui sont restés au pays, ces Béninois de l’extérieur estiment qu’il urge de vite tourner la page Yayi pour sauver la démocratie béninoise car il ne sert à rien de replonger le pays dans le totalitarisme.

 

Au niveau de la communauté internationale, le « Roi Boni 1er » ne bénéficie pas non plus d’une grande estime. Ses débuts en 2006 ont scellé les prémices  d’une mésentente qui est allée s’aggravant au fil du temps. Le chef de l’Etat béninois avait commencé sa mandature avec des déclarations à tue-tête promettant, l’émergence, le changement et la croissance à deux chiffres à ses compatriotes. Cela dans un environnement où les voisins immédiats, que sont le Togo, le Nigéria, le Burkina Faso et même le Niger  traversaient des moments de crises économiques, sociales et politiques. Ceci n’a pas manqué d’irriter ses voisins Chefs d’Etat qui ont tout de suite développé contre lui une certaine méfiance qui se caractérise notamment par la froideur de ces derniers temps dans les relations qu’il développe avec eux.

 

Boni Yayi, bientôt un Général sans troupe

 

Le Président Boni Yayi pourrait bientôt devenir un Général sans troupe surtout qu’il essaie de voir le mal partout et ne veut pas tirer leçons des expériences de l’un de ses aînés qu’est le Président Mathieu Kérékou. Malgré qu’il ait été traité de tous les noms dans ce pays, le vrai Général Mathieu Kérékou avait accepté que les populations marchent contre son régime dictatorial. Cerise sur le gâteau, il a accepté l’organisation d’une conférence nationale qui a permis à tous les fils et filles du Bénin de dialoguer pour dégager un consensus national. Si de 1990 à 2006, on n’a parlé du Bénin en bien en matière de démocratie, c’est bien grâce à Kérékou qui s’est illustré comme un homme de paix. Tel ne semble pas être le cas du Docteur-Président Boni Yayi. Le simple constat que l’on puisse faire aujourd’hui est qu’il ne veut pas la contradiction. Dans un pays où l’intelligence est partagée, il estime qu’il n’y a que lui et certains de ses collaborateurs qui savent tourner malheureusement rapidement leur veste qui détiennent la vérité. Ce qui ne manque pas d’irriter certains artisans de première heure de sa victoire en 2006. Le discours prononcé lors de la cérémonie d’ouverture de l’Assemblée générale des Médiateurs de l’Uemoa par le Professeur Albert Tévoédjrè, un des mentors du Président Boni Yayi est assez révélateur. Et lorsqu’on ajoute à ce discours la secousse annoncée au sommet de l’Etat et qui est marquée par le départ probable de certains ministres du gouvernement, il y a bien des raisons de craindre le pire pour le Docteur-Président.

L’entrée en politique du ministre Pascal Koupaki n’est pas anodine. Comme l’ont révélé certaines sources, elle est une initiative de certains puissants hommes d’affaires qui avaient beaucoup compté sur le Président Boni Yayi en soutenant financièrement sa candidature en 2006. Déçus par les traitements que ce dernier leur a infligés, ils ont estimé qu’il faut rectifier le tir en misant sur celui qui a été pour eux d’un grand secours dans la conduite de certains dossiers.

 

Dossier réalisé par Cyrille Babatoundé

La Presse du Jour

 

 
 
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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