20 octobre 2010 par richard
Les populations des communes du département de l’Ouémé ont relayé celles du Plateau. Sous la houlette des responsables de l’UN, les pétitionnaires ont marché sur le Parlement et la préfecture. Pour éviter une lépi d’exclusion et bâclée source de trouble à la paix sociale, les manifestants exigent l’arrêt des opérations de l’enregistrement biométrique. Ils appellent au sens de responsabilité des partenaires techniques, financiers et de la communauté internationale.
Les populations des neuf communes de l’Ouémé ont marché sur la préfecture hier mardi 19 Octobre 2010 pour dénoncer « les manœuvres du Superviseur Arifari BAKO NASSIROU » à leur faire « consommer une LEPI bâclée et sans boussole ». Les données chargées dans les kits ont révélé un nombre de pétitionnaires inférieur à celui du recensement porte-à-porte et dans toutes les communes de l’Ouémé, soit une différence de plus de « 158 000 dans le département de l’Ouémé ». Cette situation alarmante a motivé une marche de protestation populaire dans la capitale. La foule est estimable à 100 000 personnes. Loin d’être une démonstration de mobilisation pour les députés Houngbédji, Fagbohoun, Ahouanvoébla, Zinsou, Golou, Fikara, les maires Océni, Léhady, Akadiri, Zossou etc, ce fut un moment pathétique d’engagement citoyen. Les leaders de l’Union fait la Nation ont d’abord animé un meeting sur l’esplanade de l’Assemblée nationale pour repréciser aux populations, militantes et sympathisantes les motifs de leur détermination à combattre l’opacité qui la LEPI. Les griefs des manifestants contre la LEPI sont multiples et multiformes. Selon les termes de la motion des pétitionnaires, les opérations d’enregistrement ont révélé, à travers les cahiers ouverts dans les centres de collecte, que le nombre de citoyens omis a atteint des chiffres très inquiétants notamment 62 719 à Porto-Novo, 10 803 à Akpro-Missérété, 8 153 à Avrankou, plus de 36 000 à Sèmè-Kpodji. Pour les dernières élections, le nombre de « personnes inscrites, soit âgées de 18 ans et plus, était évalué à plus de 64 000 pour la commune d’Avrankou et plus de 248 000 pour la ville de Porto-Novo ». Par contre, après le recensement électoral national approfondi, « 55 000 et 102 446 des personnes de plus de 12 ans sont respectivement enregistrées, selon les propos du Superviseur Général de la CPS, à Avrankou et Porto-Novo ». La motion des pétitionnaires s’insurge contre ces informations qu’elle qualifie de « chiffres suffisamment erronés » qui mettent à nu les manœuvres machiavéliques visant à dépouiller le département de l’Ouémé d’une bonne partie de sa population. « Car, ces déclaration, de la CPS ramènent par avance les personnes en âge de voter en 2011 respectivement dans Avran-kou et Porto-Novo à 40 000 contre 64 000 en 2008 et 80 000 contre 248 000 en 2008» dira Janvier Hounvio, porte-parole des manifestants. Quant aux kits, les manifestants dénoncent un déficit criard comparativement au nombre annoncé par la CPS. Une centaine de postes sont restés sans kit jusqu’à la fin des opérations. « Plusieurs jours après le démarrage de la phase biométrique, il manquait encore cent quatorze (114) kits et beaucoup de centres de collecte sont restés sans kit dans le département de l’Ouémé » dénoncent les manifestants. Au regard de ces dysfonctionnements, les pétitionnaires présagent que la « liste électorale permanente informatisée (LEPI) ne sera pas transparente, fiable, consensuelle ».
Les exigences des manifestants et de l’UN
Les manifestants réclament l’arrêt immédiat des opérations d’enregistrement ; l’évaluation et la validation des deux premières phases du RENA/LEPI par tous les acteurs concernés ; les corrections des anomalies et disfonctionnements constatés pendant les deux premières phases. Pour l’instant, les populations de l’Ouémé avec le soutien de l’UN rejettent une LEPI réalisée dans la précipitation ; une LEPI sectaire et d’exclusion ; une LEPI tronquée et taillée sur mesure ; une LEPI qui menace la cohésion et la paix sociales. « Nous tenons responsable le Superviseur Général de la CPS/LEPI, la Présidente de la MIRENA, le Chef de l’Etat et tout son Gouvernement des déconvenues éventuelles qui découleraient de leur entêtement dans la poursuite des opérations. Enfin, nous en appelons au sens de responsabilité des représentations diplomatiques et consulaires, des organisations régionales et sous-régionales, des partenaires techniques et financiers et de toutes les institutions de la République afin qu’ils ne cautionnent ces manœuvres qui visent à conduire notre cher pays le
Bénin à la dérive », a martelé Janvier Hounvio. Rappelons que de l’Université protestante, les manifestants ont sillonné le carrefour Sadognon, l’école urbaine centre pour tenir leur meeting sur l’esplanade de l’Assemblée nationale. La motion a été remise au directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale. Le cap a été ensuite mis sur la préfecture. Le préfet Houéssou a été représenté par son secrétaire général, à qui, la motion des pétitionnaires a été remise sans lecture.
Sèmè barricade la voie inter Etat Porto-Novo – Cotonou
Les populations de la commune de Sèmè-Podji ont préféré manifester leur mécontentement sur place. Rassemblées sur la gare de l’arrondissement d’Ekpè, elles n’ont plus fait le déplacement de Porto-Novo comme prévu. Du carrefour de la brigade routière jusqu’au pont page et pesage d’Ekpè, la voie était totalement obstruée. Le député Gbèdiga a pris la tête de ce mouvement de foule. Il a été rejoint par l’adjoint au maire de la commune de Cotonou Léhady Soglo. Ce dernier a distribué les pancartes et les affiches sur lesquelles est inscrit « non à la lépi non consensuelle ». Durant deux heures environ, les populations de Sèmé-Podji se sont fait entendre. La motion des manifestants qui était la même que celle lue à Porto-Novo a sanctionné cette marche de protestation. Après les déclarations publiques pour condamner la gestion opaque et à la va-vite de la LEPI, les manifestants se sont repliés. Les forces de l’ordre ont vécu cette scène sans réaction malgré que la manifestation ne soit autorisée nulle part.
Tobi P. Ahlonsou
La Presse du Jour
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