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Les chances des 30 actuels ministres de rester dans le prochain gouvernement
 
 

lundi 25 janvier 2010, par DP Le Grand Journal

 

 

13 mois déjà que l’actuel gouvernement formé le 22 octobre 2008 est en charge des dossiers de la Nation avec des résultats que l’on sait. Mais à la veille d’un remaniement qui s’annonce très politique, car il faut faire valoir ses compétences à pouvoir contrôler des fiefs électoraux pour le compte du chef de l’Etat, quelles sont les chances des membres actuels de bénéficier à nouveau de la confiance de Boni Yayi ?

 

 

Pascal Koupaki

En tant que maître à penser des réformes structurelles depuis l’avènement du Changement, même si ces réformes n’ont pas permis au régime actuel de sortir le Bénin de sa léthargie et en dépit de sa réticence à s’adonner à la chose politique, le ministre d’Etat, Pascal Koupaki sera maintenu. Il gardera sans gêne son poste.

Issifou Kogui N’Dourou

Sur la base du travail à lui confié au ministère de la Défense, il n’a pas comblé les attentes de son patron, Boni Yayi. Au niveau de l’Armée, la discorde étalée au grand jour à Porto-Novo la semaine dernière à la direction de la gendarmerie nationale entre le chef d’Etat major des Armées, le général Mathieu Boni et lui en est une preuve indéniable qu’il ne parle plus le même langage que la hiérarchie militaire. Aussi, sur la base de ses prestations politiques passées que peut-il apporter de nouveau au président Yayi dans l’Alibori contre le G 13 ? Tout cela n’est pas bon pour lui à la veille du remaniement.

Désiré Adadja

Il n’est pas certain qu’il soit maintenu en dépit sa capacité de nuisance politique à Savalou contre son adversaire viscéral en la personne du député Edgar Alia. Aussi sur les dossiers techniques de son département, il n’a pas donné entière satisfaction. Le dossier de Bénin Télécom par exemple est illustratif à plus d’un titre.

Etienne Kossi

Il avait avant la dernière et piètre prestation des Ecureuils à la Can Angola 2010 sans oublier le capharnaüm dans lequel les supporters béninois ont vécu, un grand capital de chances d’être maintenu. Mais aujourd’hui, alors qu’il a réussi de nombreuses réformes là où même l’ancien ministre Galiou Soglo qui connaît le domaine a échoué, la probabilité de son départ est forte. Aussi malgré quelques coups politiques d’épingle dans la zone de Zê dont il est originaire, le fait de n’avoir pas un fief lui sera-t-il préjudiciable.

Grégoire Akoffodji

Permuté il y a quelques mois au département de l’Agriculture après le « machinegate », il a de fortes chances de rester même si ce n’est plus au même poste d’autant plus que le lobby du septentrion réclame à corps émoulu ce poste pour une fois avant la fin du Changement. Même si politiquement, il ne pèse pas, sa chance découlera de la capacité de parrainage de la garde de réflexion de Chantal Yayi. On l’a encore vu samedi dernier à Ouidah avec la première dame lors d’un meeting.

Alassane Seidou

Si au début, il a donné satisfaction au chef de l’Etat dans le dossier d’installation à pédale douce des conseils communaux, depuis la démission de son suppléant Tokou Dari à l’Assemblée au profit du G 13, Boni Yayi ne lui fait plus confiance par rapport à la maîtrise de la zone de Kandi. Sans aucun doute, il ne sera pas du prochain gouvernement.

Zachari Baba Bodi

Dans la gestion de ses prérogatives, il n’a pas donné satisfaction surtout au niveau de l’Assemblée nationale. Les reproches à lui faits par la société civile par rapport à la désignation de leur candidat à la Commission politique de supervision risquent de l’handicaper au moment du choix. La réconciliation entre Boni Yayi et la société civile passerait même par son limogeage.

Christine Ouinsavi

En dépit de ses improvisations à gérer le secteur névralgique du commerce à elle confié, elle a quelques chances pour rester. Son atout, c’est le zèle dont elle fait preuve dans le Plateau que ce soit avec des lampions ou par des marches pour montrer au chef de l’Etat qu’elle quadrille bien le terrain. Ce qui est loin d’être une réalité car, le Plateau est toujours sous les rotules du Madep de Fagbohoun.

Bernard Davo

C’est l’une des grosses déceptions du dernier gouvernement. En lui faisant appel, le président Yayi avait cru qu’il allait lui permettre d’équilibrer les cristaux dans le Couffo contre l’ADD-PSD de Bruno Amoussou. Malheureusement, cette stratégie politique s’est révélée comme un gros trou d’air. Il n’a même pas pu gagner une seule élection communale reprise dans ce département. Il est sur une chaise éjectable.

Mamata Djaouga

Invisible dans son secteur depuis 13 mois, le ministre Djaouga s’est plus illustrée dans les sorties politiques. Mais très peu confiante quant aux résultats de sa stratégie, elle a créé son parti le RDS il y a une semaine pour faire croire à Boni Yayi qu’elle quadrille l’Atacora. Même si cette stratégie consiste à sauver la mise comme si c’était un jeu de Loto ou de PMU, son sort est scellé pour le prochain remaniement.

Roger Dovonou

Il paraît que la mouvance lui doit la dernière victoire des FCBE à la mairie de Covê. Cependant, il n’a aucune chance de figurer dans la prochaine équipe gouvernementale surtout dans ce contexte de « Machinegate » où son adversaire Janvier Yahouédéhou ne cesse de lui donner de coups de boutoirs. Après de trois ans au gouvernement, Yayi va rompre les amarres avec lui parce que hormis Covê, le chef de l’Etat tient à Ouinhi et Zangnanado.

Nicaise Fagnon

Tous les observateurs savent qu’ avec Fagnon, le département des Travaux publics ne se porte pas bien. Il fait trop de mousse autour des projets qui sont mal pilotés. C’est le cas de la voie Dangbo-Kpédékpo. Aussi doit-on noter sa gaffe ethnocentrique de Dassa le 1er mai dernier et les soupçons de mauvaise gestion à la Sonapra en référence à ce rapport d’audit qui l’accable. Mais en dépit de tout, le trop fort penchant du chef de l’Etat à ce ministre qui fait semblant de contrôler la zone des Collines sera un pesant d’or pour son maintien.

François Abiola

Les mouvements de grève des professeurs du supérieur l’ont ramené sur terre, lui qui était depuis sa nomination dans les nuages politiques pour le compte du gouvernement. Boni Yayi a compris qu’il n’est pas une pièce de rechange fiable contre le Madep de Séfou Fagbohoun dans le Plateau. Son départ est une certitude pour sauver l’année académique.

Galiou Soglo

Contrairement surtout à Soumanou Toléba qui avait en charge la Culture, il n’a pas été à la hauteur de la tâche. D’où la grande déception des artistes par rapport à l’âge d’or du début du Changement. Aussi les artistes lui reprochent-ils le contact difficile et son entourage zélé qui ne lui facilite pas la tâche. Sur le plan politique, il n’a même pas su mener à bien le rôle de torpille dans sa formation politique qu’est la Renaissance du Bénin. Au regard de tout cela, on peut conjuguer sa présence au gouvernement au passé à moins que Boni Yayi ne lui donne une dernière chance.

Léandre Houaga

Son départ est certain. Il n’a pas pu convaincre sur son savoir-faire à bien gérer le département ministériel à lui confié. A son actif, il faut mettre également dans une certaine mesure, les échecs successifs de la mouvance présidentielle dans le Couffo lors des reprises des communales. Boni Yayi ne peut plus compter sur lui en tant que levier pour coiffer ce département.

Soulé Badarou

Avant sa nomination, il a passé le clair de son temps a montré que son expertise dans le domaine portuaire est indiscutable. Mais à l’œuvre, l’expert a montré des insuffisances. Mieux, il faut rappeler que ses nombreuses initiatives politiques éparses dans l’Ouémé n’ont pas permis à la FCBE de bousculer le PRD, maître des lieux. Malgré tout il restera dans le gouvernement. Il pourrait même être permuté au cas où son poste serait fusionné.

Jean-Marie Ehouzou

Le patron de la diplomatie a pu faire ce qu’il peut surtout en ce qui concerne la création de quatre nouvelles ambassades. Mais depuis qu’il a mal géré le difficile dossier du médecin colonel, Simon Idohou comme représentant du Bénin près les Nations Unies, son fauteuil ministériel est remis en cause par le lobby qui voulait faire ce coup pour faire plaisir à l’ancien président Mathieu Kérékou. Son départ est certain car, il n’a pas de fief en monnaie d’échange.

Barthélemy Kassa

Il a eu à entretenir trop de démagogie sur les potentialités énergétiques du Bénin surtout en ce qui concerne le pétrole. Cependant, il a quelques chances de rester même si son ministère va disparaître. Sa capacité de mobilisation dans l’Atacora pourrait servir à quelque chose.

Kint Aguiar

Son manque de résultats dans les dossiers à lui soumis comme celui des contractuels a été trop préjudiciable au gouvernement qui a eu au dos les centrales syndicales. Aussi était-il incapable d’être un véritable stratège politique capable d’arrimer une bonne partie du Madep à la FCBE. Même à Calavi dont il est originaire, on ne le voit pas à l’œuvre. A quoi bon pour le président de la République de garder un politique qui ne lui apporte rien.

Joe Meba Bio Djossou

Elle n’a pas convaincu à la tête du ministère de la Famille alors que c’est sur la base de ses valeurs intrinsèques d’expert dans le domaine que Boni Yayi lui à confié ce département. Son départ est certain car politiquement elle ne pourra pas servir la cause du président dans l’Alibori.

François Noudégbéssi

Après le scandale de la Cen-Sad, Boni Yayi n’a pas voulu avoir la main lourde et l’a repêché. Son maintien au gouvernement dépendra de deux éléments. D’abord, la difficulté du chef de l’Etat à lui trouver une autre pièce de rechange politique dans la vallée de l’Ouémé. Ensuite, tout dépendra de l’activisme du lobby évangéliste.

Issifou Takpara

Depuis qu’il a pris les rênes de ce ministère, ce dernier ne fait que s’illustrer que par des mouvements de grève. Il a dû mal à maîtriser les rouages du ministère de la Santé. Mieux, en tant que natif de la Donga, il n’arrive pas à endiguer les velléités des proches de Bio Tchané. Il n’offre aucun gain politique pour le chef de l’Etat.

Félicien Tchabi

Même s’il n’a pas pu donner des résultats satisfaisants, ce n’est pas de sa faute. Que peut-on d’ailleurs attendre d’un financier à la tête du ministère de l’Enseignement primaire ? Son maintien ne surprendrait pas les observateurs avertis qui n’ignorent pas son pouvoir de persuasion dans le milieu Tchabè.

Victor Topanou

Le dossier du maire de Dangbo a terni son blason. Mais outre les basses œuvres, il a quelques chances avec son parti PUR qu’il a crée pour verrouiller la commune de Calavi. Mais cela va-t-il suffire pour que Boni Yayi le laisse en poste lui qui a un grand faible pour les magistrats ces derniers temps ?

Idrissou Daouda

Seule fosse note, la déconcertante affaire du budget parallèle transmis à l’Assemblée. Mais par rapport à son prédécesseur, il rassure par sa dextérité à travailler en équipe. Même s’il refuse d’exhiber un pennon politique, il a toutes les chances de rester comme argentier national. A moins que le chef de l’Etat ne décide de faire appel à son beau-frère, Marcel de Souza.

Armand Zinzindohoué

Mis à rudes épreuves par l’insécurité qui le défie depuis 13 mois, l’actuel patron de la sécurité n’a pas donné la pleine capacité de ses moyens. Il n’a pas trop de chances pour rester à ce poste. Mais compte tenu de son activisme politique et religieux néo évangélique, il pourrait avoir un lot de consolation.

Reckia Madougou

Plus d’agitations fébriles qu’une réelle capacité de faire-valoir. On avait cru qu’elle allait changer l’ordre des choses. Depuis quelques temps, elle excelle avec la pitrerie des présentations de vœux des bénéficiaires de micro finances. Mais au-delà, elle était déjà dans le collimateur de l’ancien président Mathieu Kérékou qui avait fait l’objet d’une attaque en règle dans son brûlot intitulé « Mon combat pour la parole ». Dans un contexte où Boni Yayi cherche à tout prix à avoir les faveurs de son prédécesseur, prendra t-il le risque de garder Madougou ?

Sacca Lafia

C’est l’un des hommes clés du dispositif du Changement même s’il n’a pas donné le meilleur de lui-même en ce qui concerne les prestations de la Soneb et de la SBEE. Il n’a rien à craindre au contraire une promotion de ministre d’Etat est dans l’air. Suivez notre regard.

Justin Adamai

Alors que notre cadre de vie se dégrade au jour le jour, le très effacé ministre de l’environnement est également très chloroformé sur le plan politique et surtout dans son Mono natal. A quoi bon le maintenir dans l’exécutif ?

Joseph Ahanhanzo

Le ministre « des textos déphasés sur la ponctualité au travail » comme on l’appelle n’est pas certain de rester. Même la fibre du proche du lobby de Bembèrèkè n’est plus une caution pour des dividendes politiques.



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Tag(s) : #EDITORIAL
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