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18 janvier 2011


BENIN: Ousmane Batoko à la Cour suprême, Joseph Gnonlonfoun à la Cena


 

Deux personnalités pas des moindres sont attendues à la tête d’institutions du Bénin. Ousmane Batoko est annoncé pour succéder à Abdou Saliou, actuel président de la Cour suprême dont le mandat expire en février 2011. Quant à Joseph Gnonlonfoun, il est positionné par le chef de l’Etat dans le but de diriger la Commission électorale nationale autonome (Cena).

  

Depuis quelque temps, l’information est dans le tuyau. Joseph Gnonlonfoun, ex-conseiller à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication a toujours fait partie des plans du chef de l’Etat pour son positionnement comme N°1 d’une institution. L’homme était pressenti pour remplacer Abdou Saliou à la tête de la Cour suprême, mais le président de la République lui a préféré Ousmane Batoko. Ce à quoi personne ne s’attendait, vu le profil des deux hommes et leur prochaine destination. Joseph Gnonlonfoun, magistrat de son état lorgnait du côté du Porto-Novo où se trouve le siège de la plus haute juridiction en matière administrative ; mais aux yeux du chef de l’Etat sa place se trouve à la Cena dans la perspective de sa réélection. Le président de la République Yayi Boni l’a choisi en tant que son représentant spécial pour siéger au sein de cette institution chargée d’organiser la présidentielle de 2011. Personne ne doute de l’intérêt que Yayi Boni accorde à cette échéance à l’issue de laquelle, le prochain président du Bénin sera connu. C’est dire que le choix porté sur Joseph Gnonlonfoun, membre du Parti Ensemble du Professeur Albert Tévoédjrè a été fait en raison de l’enjeu qui se profile. La réélection à tout prix du chef de l’Etat explique le positionnement du militant du parti Ensemble à un poste clef pour affronter la présidentielle qui s’annonce difficile. A vrai dire, le premier défi de Yayi Boni, c’est de tout mettre en œuvre pour sa réélection et il espère que Joseph Gnonlonfoun ne perdra pas de vue la mission qu’il est appelée à jouer. L’un de ses chantiers, s’il était élu président de la Cena, sera de mettre en place une organisation qui répond à l’urgence de l’heure. La responsabilité d’organiser les élections fiables et sans heurts lui incombe. Ancien ministre de la Justice dans le gouvernement Kérékou, personne ne doute des capacités du magistrat à tenir le haut du pavé. Mais il lui faut retrousser ses manches à partir du moment où il prêtera serment dans le cadre de ses nouvelles fonctions. Sa nomination est une marque de confiance du président de la République à son endroit. Quant à Ousmane Batoko, administrateur civil de son état, selon nos informations, il est appelé à fermer la page Abdou Saliou à la Cour suprême. C’est aussi un poste clef que le chef de l’Etat est sur le point de lui confier pour une durée de 5 ans. Mais la question qu’on se pose est de savoir si cette figure de la période révolutionnaire sera acceptée par les hommes du sérail qui se sentiront frustrés, à cause de son choix qui renvoie à la Constitution du 11 décembre 1990. Selon l’article 133 de la loi fondamentale, « le président de la Cour suprême est nommé pour une durée de 5 ans par le président de la République après avis du président de l’Assemblée nationale, parmi les magistrats et les juristes de haut niveau, ayant quinze ans au moins d’expérience professionnelle par décret pris en Conseil des ministres… ». Voilà qui pose le problème de légalité de Ousmane Batoko à la tête de la Cour suprême. Le dossier est certainement loin d’être bouclé.

FN - Lematinal



 
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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