09-06-2010
Panique généralisée au gouvernement Yayi: Des ministres sans salaire depuis trois mois
Écrit par Brice Ogoubiyi
Que se passe t-il vraiment avec le régime de Boni Yayi ? A la psychose du remaniement ministériel, sans cesse reporté, les ministres du gouvernement du président Boni Yayi ont aussi d’autres soucis à se faire. Certains parmi eux, sont sans solde depuis plus de trois mois, alors que le chef de l’Etat a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille.
Que se passe t-il vraiment avec le régime de Boni Yayi ? Nombre de Béninois ont commencé à s’inquiéter de la situation financière du pays et de la capacité du régime à payer le salaire des agents permanents de l’Etat et honorer les engagements du Trésor public vis-à vis des prestataires de services. Visiblement, avec l’information selon laquelle, les ministres sont sans salaire depuis quelques mois, et qu’à la banque, il leur est inlassablement répété, que le virement n’est pas encore effectué, il y a de quoi se dresser les cheveux sur la tête. Il est vrai que depuis bientôt un an, se développent et se diffusent des rumeurs de cessation de payements et de l’impossibilité pour le Trésor public d’honorer des dettes de prestataires au-delà de deux millions de F CfA. Mais de là à ne pas payer ses propres ministres, ces grands serviteurs de la République, cela voudrait dire qu’il y a péril en la demeure.
Les pays touchés différemment
On serait aujourd’hui tenté de dire que les assurances de l’Etat sur la bonne santé de l’économie béninoise ne sont que leurre, et que le gouvernement a manqué de trouver de parades à la crise économique. C’est une évidence de dire aujourd’hui que le pays est à genoux et que les Béninois vivent mal.
Interdiction de dépenses au PIP
D’ordinaire, le SIFIP, le service financier étatique, ouvert habituellement à longueur d’année sous les anciens régimes, a la fâcheuse particularité sous celui de Boni Yayi de fermer à tout bout de champs. Or, c’est cette structure qui donne le quitus aux prestataires de services et aux agents de l’Etat, pour aller retirer leur dû au Trésor public. Il se trouve aujourd’hui que cet organisme n’ouvre que clandestinement certaines nuits et ferme immédiatement, après avoir donné satisfaction à des clients privilégiés. Ironie du sort, même le règlement des abonnements aux journaux de la presse privée donne encore lieu à de la discrimination. Signe de la mauvaise santé du régime du changement, son chef a interdit toutes les dépenses inscrites au Programme d’investissement public (PIP). Conséquence, à huit mois de la fin de son mandat, les ministères sont à 08 ou 10 % de l’exécution de leurs budgets. Mêmes les bons d’essence attribués aux départements ministériels sont devenus rarissimes.
Ventre affamé n’a point d’oreilles
Si tous les signaux sont au rouge et qu’il apparaît impossible de redresser la barre, pourquoi solliciter le renouvellement d’un second mandat, se demandent nombre de personnes proches du chef de l’Etat qui commencent à se décourager ? Quelle vérité nous cache donc l’actuel régime sur la réalité de l’économie nationale ? Que réserve l’avenir avec le président Boni Yayi, s’inquiètent les soutiens mêmes les plus sincères ? Si on ne paie pas un ministre, peut-on être en droit de le sanctionner, quand celui-ci prête le flanc à la corruption ?
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