A chacun ses oignons ! L’adage africain voudrait signifier que chaque individu, chaque organisation, chaque pays a ses problèmes. Le Bénin n’échappe pas à cette situation. La chronique nationale ne peut pas rester indifférente à la situation des Béninois vivant à Pointe noire. Plus d’un mois déjà que les Béninois vivant dans cette contrée africaine sont sans abris. Les faits sont les suivants. Suite à une décision du gouvernement congolais (Congo-Brazaville), des maisons de nos compatriotes ont été rasées. Le gouvernement de ce pays frère estime avoir besoin de l’emplacement pour une meilleure utilisation de l’espace. Le déguerpissement a été fait sans aucune autre alternative de recasement. Les Béninois sont livrés à la pluie, au soleil. Ils ont été jetés dans la rue. Il s’agit d’une situation intolérable qu’aucun gouvernement ne saurait tolérer. Les informations qui nous sont parvenues de source généralement crédible font état de ce que la police pourchasse les Béninois de Pointe Noire comme s’ils étaient de » Chiens galeux « .
La situation des Béninois vivant à Pointe-Noire est plus préoccupante que le bicéphalisme politique en Côte d’Ivoire. Le ministre en charges des affaires étrangères a tenté des négociations qui ont lamentablement échoué. Le sort de ces Béninois est préoccupant. Ils sont exposés au choléra, au paludisme, à la faim. Le gouvernement du Congo ne s’en préoccupe guère. Ce qui est contraire aux droits de l’Homme. La situation malheureuse faite aux compatriotes vivant au Congo témoigne du degré de compréhension du gouvernement congolais de la charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples. Si le Congo a l’excuse d’avoir végété pendant longtemps dans un état de non droit, le gouvernement de ce pays frère n’est pas fondé pour infliger des traitements cruels à des êtres humains furent-ils immigrés. C’est un crime contre l’humanité, l’acte posé par N’GUESSO et les siens. Le Bénin conscient de la pauvreté des Etats africains n’est pas dans une logique de » guerre des pauvres « . Il est de la tradition de notre pays, de faire du dialogue politique national et international, des instruments de coopération et d’intégration.
La joie de détruire les biens et immeubles de personnes établies sur un terroir étranger n’est pas conforme aux règles de l’humanité. Le préambule de la charte africaine dispose : » …reconnaissant que, d’une part, les droits fondamentaux de l’être humain sont fondés sur les attributs de la personne humaine , ce qui justifie leur protection internationale et que, d’autre part, la réalité et le respect des droits des peuples doivent nécessairement garantir les droits de l’Homme…… » Article 5. » Tout individu a droit au respect de la dignité inhérente à la personne humaine et à la reconnaissance de sa personnalité juridique « .
J’accuse le gouvernement congolais de violation des droits de l’Homme. La méthode de déguerpissement est cavalière, peu intelligente et contraire à l’aménagement territorial. Point n’est besoin de pérorer, il faudrait engager une action judiciaire contre l’Etat congolais au cas où la négociation diplomatique aurait échoué définitivement. D’où la nécessité pour les victimes de l’acte barbare de démolition de se constituer en association. Des avocats volontaires se chargeront de défendre nos compatriotes devant une juridiction compétente.
Le gouvernement congolais devrait se préparer à se justifier au regard des lois et accords internationaux. Le Bénin ne croit pas en la force armée mais en la force du droit. Le droit sera dit et le gouvernement congolais va répondre un jour de ses actes barbares, inhumains et cruels.
Herbert Houngnib
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