Vendredi 17 décembre 2010
Eric tchiakpè
Yayi n’a plus de fief électoral. Il n’a ni le Sud, ni le Centre, ni le Nord pour lui. En tout cas, en dehors de Tchaourou dont il est originaire et accessoirement de quelques contrées autour de Savè, le Chef de l’Etat ne peut plus se prévaloir d’avoir une zone complètement acquise à sa cause. Une situation évidente depuis qu’un certain Abdoulaye Bio Tchané donne des airs de candidat à la présidentielle. Le Chef de l’Etat conscient de l’impact de ce technocrate, lui-même originaire du Nord, sur ce qu’il estime être son électorat légitime, a tenté par tous les moyens de dissuader l’homme de s’engager. Pour ce faire, il n’a pas hésité à procéder par la menace, par les propositions indécentes et par susciter la médiation. Malgré son acharnement à faire changer d’opinion à l’autre, il n’est jamais parvenu à obtenir ce qu’il escomptait : une renonciation claire et nette de Abt pour la course à la présidentielle de mars 2011. Une situation qui rabaisse de façon inquiétante la cote de popularité de Boni Yayi dans les 4 départements du nord. De la Donga au Borgou en passant par l’Atacora et l’Alibori, c’est chaque jour des pans entiers qui semblent choisir de suivre l’actuel président de la Boad. Pour endiguer cette réalité menaçante pour sa survie politique, Yayi a fait usage de tous les moyens en sa possession. Même la médiation des chefs d’Etat voisins et alentours. En son temps Gbagbo, encore légitime avait été sollicité, Tandja et même le jeune Faure Eyadema, aussi chaque fois avec une technique et une approche différente. Malgré cette constance dans l’effort pour le décourager de poursuivre, le président de la Boad demeure impassible et toujours sur le point d’y aller. Aujourd’hui sa candidature, même si elle n’a pas encore été officialisée est connue de tous. Ainsi dans une dernière tentative de verrouillage, Boni Yayi a encore eu recours à son homologue burkinabè à qui il a récemment demandé de convaincre Abt à ne pas se présenter. De cet échange naquit une autre petite souris grise sans patte, en d’autres termes rien de bon puisque Abdoulaye Bio Tchané paru très peu enclin à écouter les jérémiades d’un Boni Yayi qui plutôt que de se calmer, demandait à son interlocuteur de se retirer de la course. Se retirer pour que lui Yayi puisse reprendre le contrôle du Nord qui lui échappe complètement afin de faire face à l’Union fait la Nation. Ce que Abt et ses partisans ne sauraient entendre, eux qui brûlent d’impatience de prendre d’assaut la Marina.
LBL
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