21/10/2010
BENIN: Propos va-t-en-guerre du roi Boni 1er
Nous le savons désormais, suite aux décisions de la Cour constitutionnelle sur les dernières lois électorales votées par l’Assemblée nationale, l’honorable Rosine Soglo a prononcé des paroles les moins gracieuses envers le président de la République, envers la Cour constitutionnelle et son président et envers un autre collègue député. Une nouvelle fois, elle a perdu son calme, d’autres députés ont fait de même, et ils ont failli en venir aux mains.
Mais ce qui révèle en plus que notre paix est en danger, ce sont les paroles de menaces qu’elle accuse le président de la République d’avoir prononcées contre les députés. En effet, il ne s’agit plus seulement de rumeurs non prouvées, comme on en entend de plus en plus, sur des propos va-t-en guerre que le chef de l’Etat aurait prononcés dans son palais, au cours de certaines conversations privées, ou même lors de manifestations publiques. Strictement parlant, même les paroles de menaces fortes contre la paix dans le pays, que le président de la République aurait prononcées assez récemment devant certains anciens présidents, seront classées parmi les rumeurs, à moins que l’un d’eux se décide à témoigner de leur véracité.
Il était déjà établi que Boni Yayi peut perdre lui aussi son calme. Il en a montré les preuves lors de ses fameuses colères et des propos va-t-en-guerre prononcés devant certains syndicats de l’enseignement en début d’année, paroles longuement expliquées mais jamais démenties.
Et voici que l’honorable Rosine Soglo, quel que soit l’excès dans sa manière, dénonce des paroles prononcées devant elle par le président de la République, qui sont à l’opposé de ce qu’il faut pour construire la paix souvent proclamée dans les discours officiels. Dans le contexte actuel de surchauffe constante, dans les hautes sphères de la société comme aux niveaux décentralisés, il n’en faut pas plus pour exiger clarification et vérité et pour trouver des moyens de mise en garde sérieuse. Mise en garde aussi bien de l’Exécutif et de son chef que de tous les acteurs. Car, devant de telles paroles, qu’a fait en son temps l’honorable Soglo? Pourquoi les révéler maintenant seulement et de cette manière qui rend la dignité et la sagesse orphelines de camps ?
Abbé André S. Quenum
La Croix du Bénin
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