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15 janvier 2010

 

Quatrième remaniement en vue du gouvernement: La mouvance au bord de l’éclatement


 

Le groupe Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) serait en ébullition. La crise qui secoue la mouvance présidentielle depuis l’annonce du remaniement ministériel est due, selon des sources crédibles, aux enjeux de 2011 et à la forte implication des leaders religieux dans les tractations d’imposer leurs gens contre les autres qui soutiennent aussi l’action du président Yayi Boni.

 

Ce n’est plus la parfaite harmonie au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Les prémices de cette situation datent de longtemps et nombre de proches du chef de l’Etat qui ne se retrouvaient plus dans certaines prises de position ont dû se retrouver par affinité pour former d’autres grands ensembles politiques. C’est le cas de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp) avec l’ancien ministre des Finances du Général Mathieu Kérékou et actuel président de la Commission des finances et des échanges Grégoire Laourou et Convergence 2011 d’Egard Soukpon Ahaché de cabinet du chef de l’Etat. Le premier est arrivé à la tête de la structure le jour du congrès à Porto-Novo à cause du conflit de leadership qui a commencé par diviser les initiateurs de l’Umpp. Les leaders politiques qui n’ont pas pu se trouver de place dans ces deux ensembles ont fini par se créer leurs propres formations politiques. A l’Assemblée nationale où la crise a aussi pris corps, les mécontents se sont vite organisés pour constituer le groupe parlementaire ‘’Sursaut patriotique’’ avec en toile de fond des critiques acerbes des actes du Changement qu’ils ont pourtant soutenu à cor et à cri jusqu’à une date récente. Le plus ardent défenseur de cette nouvelle cause contre le président Yayi Boni s’appelle Janvier Yahouédélou avec la fameuse histoire des machines agricoles. C’est son groupe qui a aidé le 31décembre dernier, au rejet du budget général de l’Etat gestion 2010 à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, la crise a pris d’autres ampleurs à la suite de l’annonce de la formation du gouvernement de combat pour les enjeux électoraux des présidentielles et législatives de 2011. On est autant fâché à l’Umpp, à Convergence 2011, à l’Assemblée nationale comme dans les petites formations politiques créées à dessein. Dans la foulée, on apprend aussi qu’un groupe de militants de premières heures acquis à la cause du chef de l’Etat et chichement positionné au Palais de la Marina n’accepte plus également la façon dont le destin politique du pays se gère depuis un certain temps. Mais dans tous les cas, c’est plutôt la façon dont certains intérêts sont actuellement brimés ; le fait que l’avenir politique de chacun d’eux est très sombre au regard du phénomène Abdoulaye Bio Tchané et le probable succès du projet de candidature unique au sein de l’Alliance ‘’Union fait la nation’’ qui poussent chacun des mécontents à prendre à commencer par prendre aussi du recul face aux œuvres du Changement.

 

L’influence des chefs religieux dans les actes du gouvernement

 

Le torchon brûle aussi entre le président Yayi Boni et ses alliés politiques à cause de la forte implication des hommes et chefs d’église dans les actes du gouvernement et en premier dans les tractations en vue du prochain remaniement ministériel. Il y avait déjà des grincements de dents depuis que la laïcité de la République est régulièrement violée. Mais personne n’a su pointer son petit doigt pour fustiger ouvertement l’immixtion intempestive des gens d’église dans la vie publique du pays. C’est l’imminence de la formation de ce gouvernement de ‘’guerre’’ et la mise à l’écart de la plupart d’entre eux qui les aurait fait sortir tous de leurs gongs. Surtout qu’il semble que ce sont les mêmes religieux qui se préparent à confectionner la liste gouvernementale pour les députations en 2011. Le choix des religieux pour gérer cette liste à la place d’hommes politiques avérés permet au chef de l’Etat de contourner toutes les difficultés et le dédouane de toutes les accusations. Il peut à tout moment montrer qu’il n’en est pour rien si tel ou tel n’a pas été pris en compte. Car, c’est pour éviter qu’on l’accuse après qu’il s’est déchargé sur des gens qui sont sensés lui donner un résultat incontestable. A cause de leur ‘’audience’’ dans l’opinion et les récriminations nées des mêmes listes en 2007 pour les législatives et les municipales en 2008. Cette manière pour le président Yayi Boni de contourner ses proches qu’il veut écarter de la liste a été vite comprise et tout le monde est sur le pied de guerre. Pour l’emmener au plus tôt à la raison avant qu’il ne soit trop tard. Mais, dans l’entourage du premier magistrat, on apprend qu’il n’entend pas démordre. Car, c’est la seule alternative aujourd’hui pour lui pour faire moins de dégâts. Parce qu’il a pris son temps pour trop élargir sa mouvance alors qu’il n’a plus assez de marges de manœuvres pour les récompenser. En effet, il faut juste 83 personnes pour la liste des législatives très prisée. Tout le monde veut conduire les listes dans leurs différentes circonscriptions électorales et personne n’entend jouer au suppléant encore moins être mal positionné. Autant de situations qui embarrassent le chef de l’Etat qui a dû jeter son dévolu sur ses mentors de l’église pour se protéger. Et c’est cette option qui veut faire voler en éclats sa mouvance déjà en panne.

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé-Plateau)

 

Source: LEMATINAL

 



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Tag(s) : #Politique Béninoise
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